L'abeille européenne, l’avette ou la mouche à miel (Apis mellifera) est une abeille à miel domestique originaire d'Europe. Elle est considérée comme semi-domestique. C'est une des abeilles élevées à grande échelle pour produire du miel.
Une colonie d’abeilles a besoin de tranquillité tout au long de la saison apicole et probablement encore plus pendant les mois d’hiver. Si l’apiculteur, trop curieux, ouvre sa ruche à tort et à travers, la colonie constamment dérangée finit par être stressée et le comportement de ce superorganisme se modifie, augmente sa consommation de carburant, brûle les réserves de son précieux corps gras, inhibe ses défenses immunitaires contre le varroa et les virus véhiculés, freine le développement de la population d’ouvrières et du couvain et finit par s’effondrer dans une spirale infernale (► Cascade infernale : Chronique d’une mort annoncée).
La survie hivernale des colonies est un thème qui divise les apiculteurs par ses contradictions, ses préjugés, ses hypothèses, ses partis pris… L’apiculteur chevronné se fiera à son expérience et suivra de près les variations météo de novembre à mars pour estimer la date de la reprise de la ponte royale et le volume du couvain à chauffer. Mais l’apiculteur débutant est contraint d’écouter les questionnements des Collègues inquiets : faut-il nourrir ou non en hiver ?
En Suisse, l'apiculture fait partie des loisirs. Aujourd'hui, 17'500 apiculteurs prennent soin d'environ 188'00 colonies, en moyenne 11 colonies par personne. En Allemagne, une exploitation avec plus de 30 colonies est considérée comme exploitation de loisir, l'apiculteur professionnel prend soin de plus de 300 colonies.
Ce que les apiculteurs et apicultrices devraient savoir sur l’exposition, les réactions immunitaires et la protection
Chez les apiculteurs et apicultrices, les piqûres d’abeilles constituent une exposition professionnelle fréquente, souvent banalisée, et traditionnellement associée à l’idée d’une tolérance acquise par les récidives d’exposition. Cette représentation largement répandue repose sur des observations empiriques réelles, mais elle ne correspond que partiellement à la réalité clinique et immunologique documentée.
Par Claude Pfefferlé et Serge Imboden
Longtemps considérée comme un modèle d’activité ininterrompue, l’abeille domestique ne cesse pourtant pas de surprendre les chercheurs. Des études récentes ont révélé qu’elle dort, et que ce sommeil joue un rôle essentiel dans la régulation de sa mémoire, de sa physiologie et de la cohésion du groupe. Comprendre comment et pourquoi les abeilles dorment, c’est ouvrir une fenêtre sur la santé de la ruche — et sur l’équilibre même du vivant.
L’isolation des ruches durant l’hiver suscite depuis longtemps un débat au sein de la communauté apicole. Alors que certaines études soulignent ses effets bénéfiques sur la réduction de la consommation énergétique et la survie des colonies (St. Clair et al., 2022 ; Alburaki & Corona, 2021), d’autres mettent en évidence ses limites et ses effets secondaires potentiels, notamment lorsqu’elle perturbe les mécanismes naturels de thermorégulation du superorganisme (Mitchell, 2023 ; Minaud et al., 2024).
Les abeilles sont des animaux étonnants. Le saviez-vous, qu'elles existent depuis plus de 65 mio. d'année (= 260 x plus long que les humains) et qu'elle sont les seuls insectes au monde qui produisent un aliment consommé, sans transformation, par l’homme.
Certains acaricides utilisés en lutte alternative contre Varroa comme par exemple l'acide formique ou les huiles essentielles ne présentent pas toujours une efficacité suffisante. Nous préconisons comme mesures complémentaires le retrait du couvain de mâles ou la formation de jeunes colonies au printemps. Ces interventions visent à freiner le développement des populations de Varroa et à diminuer ainsi la pression d’infestation. Elles ont l’avantage de pouvoir être réalisées durant la pleine saison apicole alors que le recourt à la chimiothérapie présenterait d’importants risques de contamination des récoltes de miel.
En mars, le rucher reprend vie : la reine intensifie progressivement sa ponte, les butineuses sortent dès que la température le permet, et la consommation de nourriture augmente pour accompagner le développement du couvain. C’est une période charnière où l’apiculteur doit observer chaque colonie avec calme, car un manque de ressources ou une maladie non détectée peut compromettre la reprise après l’hiver.
Février est un mois charnière pour la colonie. La durée du jour augmente et la reine reprend progressivement sa ponte. Cette reprise reste fragile : les réserves peuvent devenir critiques, les températures sont instables et toute ouverture prolongée peut refroidir le couvain. L’apiculteur agit surtout par observation, anticipation et préparation, en limitant les interventions.
Janvier correspond généralement au cœur de l’hivernage en Suisse. La colonie vit au ralenti en grappe : elle maintient une température interne suffisante pour protéger la reine, et, si du couvain est présent (cas variable selon altitude/climat), la zone centrale est chauffée davantage. La consommation de miel reste modérée mais continue. Les risques typiques du mois sont la famine « silencieuse » (réserves insuffisantes ou inaccessibles), l’humidité et les dérangements. L’apiculteur agit donc surtout par observation externe, sécurisation ciblée des réserves, hygiène et préparation du matériel, en évitant toute intervention. La parole d'ordre est : « Ne pas déranger ! »
Cet aide-mémoire officiel présente l’utilisation du diffuseur FAM avec Formivar à 70% et met l’accent sur les mesures de protection, le matériel nécessaire, les points à retenir et une procédure structurée. Il rappelle explicitement que l’acide formique (Formivar) est très corrosif et que sa manipulation exige une grande prudence. Pour les détails et l’intégralité des consignes, l’aide-mémoire fait foi.
Le traitement d’été est un élément central de la lutte contre Varroa en Suisse. Le diffuseur Liebig est une méthode répandue d’application de l’acide formique (Formivar) et exige une procédure correcte pour garantir l’efficacité et la tolérance par la colonie. La synthèse ci-dessous se base exclusivement sur l’aide-mémoire officiel (BGD/SSA) et renvoie au mode d’emploi complet.
La sublimation d’acide oxalique (oxalate) est une méthode hivernale recommandée en Suisse pour lutter contre Varroa lorsque les colonies sont exemptes de couvain ou ne contiennent qu’un couvain ouvert. Elle se réalise avec un appareil spécifique et requiert des mesures de protection strictes. La synthèse ci-dessous repose exclusivement sur l’aide-mémoire officiel 1.3.3 (V 2511) du SSA / BGD.
La fonte contrôlée des cadres (par exemple pour récupérer de la cire ou traiter des cadres usagés) permet d’obtenir de la cire propre et facilite l’élimination de substances indésirables. Cette synthèse repose exclusivement sur l’aide-mémoire officiel 4.4.1 (BGD/SSA).
La formation de nucleus (Sammelbrutableger) consiste à regrouper des cadres de couvain provenant de différentes colonies pour créer un noyau fort et viable. Cela peut servir à développer de nouvelles colonies ou à renforcer des colonies affaiblies. La synthèse suivante repose exclusivement sur l’aide-mémoire officiel 1.4.4.1.
L’élimination (mise à mort) de colonies d’abeilles n’est justifiée que dans des cas bien définis (par exemple en cas de maladies contagieuses, sur décision officielle ou lorsque la continuation est déraisonnable). La synthèse ci-dessous s’appuie sur l’aide-mémoire officiel 4.7.2 du Service sanitaire apicole (BGD/SSA) et traite des obligations légales, des méthodes respectueuses du bien-être animal et de l’élimination sûre des matériaux contaminés.
La loque américaine est une maladie bactérienne très contagieuse qui touche exclusivement le couvain des abeilles mellifères. Les spores du pathogène sont extrêmement résistants et peuvent persister dans l’environnement pendant des décennies. Cette synthèse repose sur l’aide-mémoire officiel 2.1 (BGD/SSA) et décrit l’agent causal, les signes cliniques, les modes de transmission et les premières mesures à prendre.
Le nourrissement est un élément essentiel de la conduite des colonies et permet de compenser les périodes de disette tout en assurant le développement et la capacité d’hivernage des colonies. Le moment, la quantité et le type de nourriture doivent être adaptés à la force de la colonie et à la saison. Les informations ci-dessous sont basées sur l’aide-mémoire officiel 4.2 du Service sanitaire apicole (SSA).
L’évaluation et la sélection des colonies constituent un levier essentiel pour améliorer durablement la qualité de l’apiculture. Une observation structurée et une sélection ciblée permettent de favoriser des colonies performantes, saines et adaptées aux conditions locales. Les informations ci-dessous sont basées sur l’aide-mémoire officiel 4.7 du BGD/SSA.