Le remplacement des vieux cadres fait partie des recommandations classiques en apiculture. Pourtant, dans la pratique, cette mesure est souvent repoussée, principalement pour des raisons économiques ou par sous-estimation de ses effets biologiques. Or, plusieurs études expérimentales montrent que l’âge des rayons influence directement la morphologie des abeilles, la dynamique démographique des colonies, la productivité en miel ainsi que l’accumulation de contaminants dans la ruche (Berry & Delaplane, 2001 ; Abd Al-Fattah et al., 2021 ; Taha et al., 2021 ; Meng et al., 2025).
Les abeilles sont des animaux étonnants. Le saviez-vous, qu'elles existent depuis plus de 65 mio. d'année (= 260 x plus long que les humains) et qu'elle sont les seuls insectes au monde qui produisent un aliment consommé, sans transformation, par l’homme.
L’isolation des ruches durant l’hiver suscite depuis longtemps un débat au sein de la communauté apicole. Alors que certaines études soulignent ses effets bénéfiques sur la réduction de la consommation énergétique et la survie des colonies (St. Clair et al., 2022 ; Alburaki & Corona, 2021), d’autres mettent en évidence ses limites et ses effets secondaires potentiels, notamment lorsqu’elle perturbe les mécanismes naturels de thermorégulation du superorganisme (Mitchell, 2023 ; Minaud et al., 2024).
Cet article de synthèse analyse les pertes de colonies d’abeilles mellifères sous un angle immunologique, en se concentrant sur la manière dont divers facteurs de stress environnementaux et écologiques affectent l’immunocompétence. Il synthétise l’état actuel des connaissances sur les mécanismes immunitaires innés et sociaux d’Apis mellifera et examine comment les agents pathogènes, les parasites, les pesticides et le stress nutritionnel interagissent. Une attention particulière est portée aux effets synergiques entre facteurs de stress et à leurs implications pour le syndrome d’effondrement des colonies (colony collapse disorder). La revue aborde également des stratégies nutritionnelles, à base de produits naturels et technologiques proposées pour soutenir la santé des abeilles, tout en soulignant la nécessité d’approches de gestion intégrées et fondées sur des preuves.
Les effets de la malnutrition des abeilles sont connus. Il y a une interaction entre les abeilles et la colonie, et les problèmes individuels se répercutent sur la population d’adultes et l’élevage, qui se verront qualitativement et quantitativement réduit. Antonio Gómez Pajuelo est reconnu comme l’un des experts de la nutrition de l’abeille dans le monde. Il à réalisé un sondage avec 166 apiculteurs.trices.
Dans la ruche, nous l'avons vu, l'eau sert à de multiples fins : indispensable aux individus, matures comme immatures, elle permet aussi aux abeilles de climatiser le nid pendant les fortes chaleurs. Comme elle n’est pratiquement pas emmagasinée dans la ruche, elle doit être apportée de l’extérieur au fur et à mesure des besoins, tâche qui incombe aux porteuses d’eau, ces butineuses particulières qui travaillent même en conditions précaires.
Une colonie d’abeilles a besoin de tranquillité tout au long de la saison apicole et probablement encore plus pendant les mois d’hiver. Si l’apiculteur, trop curieux, ouvre sa ruche à tort et à travers, la colonie constamment dérangée finit par être stressée et le comportement de ce superorganisme se modifie, augmente sa consommation de carburant, brûle les réserves de son précieux corps gras, inhibe ses défenses immunitaires contre le varroa et les virus véhiculés, freine le développement de la population d’ouvrières et du couvain et finit par s’effondrer dans une spirale infernale (► Cascade infernale : Chronique d’une mort annoncée).
La cire d’abeille constitue un compartiment biologiquement pertinent au sein de la colonie. Elle peut agir comme réservoir de pathogènes et de contaminants chimiques et influencer le développement du couvain ainsi que certains paramètres de performance coloniale. La gestion structurée du circuit cireux, incluant le renouvellement régulier des rayons de couvain, apparaît ainsi comme un levier fondé sur des données scientifiques pour réduire l’accumulation cumulative des risques.
Cette revue scientifique analyse 191 études de terrain publiées depuis 1995 afin d’identifier les pratiques apicoles et mesures de biosécurité ayant démontré un effet mesurable sur la santé et la productivité des colonies. Au total, 744 « practice records » ont été extraits et structurés selon le thème, la région et la saison d’application. L’objectif est de proposer un cadre analytique permettant d’orienter les décisions apicoles sur la base d’essais comparatifs réalisés en conditions réelles. Le caractère de revue méthodiquement structurée est central dans cette synthèse, qui met en évidence à la fois les pratiques dominantes et les lacunes de recherche.
Par Claude Pfefferlé et Serge Imboden
Longtemps considérée comme un modèle d’activité ininterrompue, l’abeille domestique ne cesse pourtant pas de surprendre les chercheurs. Des études récentes ont révélé qu’elle dort, et que ce sommeil joue un rôle essentiel dans la régulation de sa mémoire, de sa physiologie et de la cohésion du groupe. Comprendre comment et pourquoi les abeilles dorment, c’est ouvrir une fenêtre sur la santé de la ruche — et sur l’équilibre même du vivant.
Principes, méthode et points de contrôle essentiels
Visiter une ruche n’est ni un geste anodin, ni une routine automatique. Chaque ouverture perturbe l’équilibre interne de la colonie : température du couvain, humidité, organisation spatiale et communication chimique. Les observations de terrain montrent qu’après une visite, une colonie peut mettre 24 à 48 heures à rétablir pleinement son équilibre fonctionnel.
L’apiculteur moderne ne visite donc pas par curiosité, mais pour répondre à un objectif précis. Une bonne visite repose sur une logique simple : observer → diagnostiquer → décider → refermer, en cherchant à obtenir le maximum d’informations avec le minimum d’intrusion.
Ce que les apiculteurs et apicultrices devraient savoir sur l’exposition, les réactions immunitaires et la protection
Chez les apiculteurs et apicultrices, les piqûres d’abeilles constituent une exposition professionnelle fréquente, souvent banalisée, et traditionnellement associée à l’idée d’une tolérance acquise par les récidives d’exposition. Cette représentation largement répandue repose sur des observations empiriques réelles, mais elle ne correspond que partiellement à la réalité clinique et immunologique documentée.

Création de nuclei
Pourquoi multiplier ses colonies ? Cela peut être pour augmenter le cheptel, pour renouveler les colonies, pour la vigueur des jeunes reines, pour la sélection de vos colonies préférées, etc. Dans la nature, l’abeille a trois méthodes pour se reproduire : l'essaimage (reproduction naturelle des abeilles), le remérage (renouvellement d'une reine déficiente ou âgée), la cellule de sauveté (perte de la reine). L’apiculteur-trice a lui aussi différentes méthodes à sa disposition pour multiplier artificiellement son cheptel, ce sont des procédés plus ou moins complexes et cela va de la simple division, à l’élevage de reines par le picking. L’objectif pour l’abeille comme pour l’apiculteur est de faire naître une reine afin que celle-ci engendre une nouvelle colonie.
La nature assure la multiplication des colonies par l’essaimage, mais l’apiculteur souhaite des colonies qui se développent bien et deviennent fortes sans essaimer. Une colonie qui désire essaimer (fièvre d’essaimage) ne construit plus et récolte peu de nectar. Les essaims sont souvent perdus, surtout pour l’apiculteur éloigné de son rucher. De plus, une colonie souche qui a essaimé demande une attention et des soins spéciaux. Que peut faire l'apiculteur ?
Trop souvent le tiroir ne sert qu’à repérer la présence plus ou moins abondante de chutes naturelles de varroas morts. Pourtant le tiroir est le miroir de la vie de la colonie juste au-dessus… Si l’apiculteur se donne la peine de l’examiner régulièrement, les éléments, déchets, débris et autres résidus observés livrent de précieuses informations sur la dynamique et la santé des colonies. L’examen du tiroir doit toujours être corrélé avec le calendrier apicole : l'interprétation d'un tiroir examiné en été sera très différent du même tiroir ouvert à Noël.
L’affaiblissement d’une colonie d’abeilles résulte rarement d’un facteur isolé : il s’agit le plus souvent d’un processus progressif où plusieurs contraintes interagissent et réduisent la résilience du superorganisme. Cette synthèse présente un modèle conceptuel organisé en trois spirales principales pouvant s’autoamplifier : une spirale infectieuse, une spirale de refroidissement et une spirale de famine. Tant que la population reste suffisante et en bonne santé, la colonie peut compenser des perturbations temporaires, mais lorsque la résilience diminue, les mécanismes de régulation deviennent fragiles et la dynamique d’affaiblissement s’accélère. L’intérêt pratique est d’aider l’apiculteur à reconnaître plus tôt des signaux faibles et à intervenir avant que plusieurs spirales ne s’installent simultanément.
D’une manière idéale, un miel de qualité contient une teneur en eau ne dépassant pas 17,5 %. L’apiculteur peut ainsi vendre un miel de haute qualité, qui ne fermente pas chez le client.
Cet article propose une synthèse structurée des connaissances scientifiques actuelles relatives aux facteurs influençant la qualité du miel. Il s’appuie exclusivement sur une revue de la littérature récente, en examinant la composition du miel, ses critères de qualité, l’impact des pratiques apicoles et environnementales, ainsi que les liens entre gestion des colonies, transformation du miel et propriétés biologiques.
La planification de la saison apicole permet de nous préparer de manière optimale aux futures activités avec nos abeilles. Grâce au concept d’exploitation d'apiservice, c’est chose aisée pour tous les apiculteurs et apicultrices. C'est un outil indispensable pour une bonne conduite du rucher. Le concept d'exploitation peut être personnalisé et vous permet de visualiser très facilement le déroulement des activités apicoles et de planifier le travail idoine.
Le concept varroa constitue le cadre de référence pour une lutte durable et efficace contre Varroa destructor tout au long de l’année. Il repose sur une combinaison coordonnée de surveillance, de mesures biotechniques et de traitements adaptés. Les informations ci-dessous sont basées sur le concept officiel du Service sanitaire apicole suisse.
Le traitement estival contre le varroa constitue un élément essentiel du concept de lutte contre le varroa. Il vise à réduire efficacement l’infestation après la récolte du miel afin de protéger l’élevage des abeilles d’hiver. L’aide-mémoire donne une vue d’ensemble des méthodes autorisées et de leurs conditions d’application. Les informations suivantes sont basées sur l’aide-mémoire officiel 1.2 du Service sanitaire apicole suisse.