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FAQ – Réponses simples aux questions importantes

Cette rubrique rassemble des questions fréquentes de la pratique apicole, avec des réponses brèves, concrètes et directement utiles au rucher. Pour chaque question, l’idée est d’aller à l’essentiel : quoi faire, quoi éviter, et quoi vérifier si cela ne se passe pas comme prévu. L’objectif est de donner des repères simples, fiables et faciles à appliquer, pour prendre de bonnes décisions au bon moment.

1. Premières visites et observation de la colonie

Faites la première vraie visite de printemps seulement quand la météo permet d’ouvrir sans refroidir le couvain : une journée douce, calme, si possible ensoleillée, autour de 14–15 °C ou plus. Ne vous fiez pas à une date fixe : l’altitude, la météo locale et la force de la colonie comptent plus que le calendrier. En février, on observe surtout de l’extérieur ; en mars ou au début d’avril, une fenêtre météo permet souvent la première visite complète.

Ce qu’il faut faire

  • Avant d’ouvrir, observer le trou de vol et, si possible, les déchets sur le fond varroa : cela donne déjà des indications sur l’activité, la position de la grappe, les réserves et d’éventuels problèmes.
  • Choisir une journée douce, calme et si possible ensoleillée.
  • Préparer le matériel avant d’ouvrir : enfumoir, lève-cadre, cadres de réserve si besoin, registre de colonie.
  • Ouvrir brièvement et travailler de manière ciblée.
  • Vérifier d’abord les réserves de nourriture.
  • Contrôler la présence d’une reine en ponte : œufs frais, jeune couvain ou couvain régulier.
  • Observer la force de la colonie : nombre de cadres occupés, cohésion du nid à couvain, activité générale.
  • Adapter l’espace seulement si nécessaire : ne pas agrandir trop vite une colonie faible.
  • Surveiller les signes anormaux : odeur suspecte, couvain lacunaire, mortalité inhabituelle, traces de maladie.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si le temps reste froid ou instable, ne forcez pas la visite complète. Continuez à observer au trou de vol, vérifiez le poids de la ruche, assurez les réserves si nécessaire et attendez une vraie fenêtre météo. En cas d’odeur suspecte, de couvain très anormal ou de doute sur une maladie à déclaration obligatoire, refermez la ruche et contactez l’inspecteur des ruchers avant d’intervenir davantage.

À éviter

  • Ouvrir par curiosité dès les premiers vols de février.
  • Faire une visite complète par temps froid, humide ou venteux.
  • Chercher longuement la reine si des œufs frais ou du jeune couvain confirment sa présence.
  • Agrandir trop tôt une colonie faible.
  • Stimuler fortement au sirop si les réserves sont suffisantes et que la météo reste incertaine.

À retenir

La première visite de printemps ne se décide pas à une date fixe : elle se fait quand la colonie redémarre et que la météo permet d’ouvrir sans refroidir le couvain.

Voir aussi

2. Développement de printemps, hausse et miellée

Prépare la hausse dès que le pissenlit et les arbres fruitiers commencent à fleurir. Pose-la ensuite quand la colonie est forte, que la miellée démarre réellement et que les abeilles commencent à manquer de place. Pour une conduite simple, la hausse se pose avec une grille à reine, avant que le corps de ruche ne se bloque avec du nectar.

Ce qu’il faut faire

  • Dès la floraison du pissenlit et des arbres fruitiers, préparer le matériel : hausse, cadres de hausse et grille à reine.
  • Observer la colonie, pas seulement le calendrier : une colonie faible ne valorise pas bien une hausse posée trop tôt.
  • Vérifier que le corps de ruche est bien occupé par les abeilles et que le couvain se développe normalement.
  • Observer les signes de manque de place : abeilles nombreuses en haut du corps, nectar qui rentre régulièrement, constructions irrégulières sur les têtes de cadres ou sous le couvre-cadres.
  • Poser la grille à reine entre le corps de ruche et la hausse.
  • Poser une hausse prête à l’emploi, idéalement avec des cadres déjà bâtis ou correctement équipés.
  • Recontrôler quelques jours plus tard : si les abeilles montent et commencent à stocker, le moment était bon.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si la hausse reste vide, la colonie n’était probablement pas encore assez forte ou la miellée n’a pas vraiment démarré. N’ajoute pas d’autres hausses : attends que les apports deviennent réguliers. À l’inverse, si les abeilles bâtissent sur les têtes de cadres ou sous le couvre-cadres, ou si le corps se remplit vite de nectar, c’est souvent un signe qu’il faut donner de la place rapidement.

À éviter

  • Poser la hausse à une date fixe sans regarder la colonie.
  • Confondre signal de préparation et signal de pose : le pissenlit et les arbres fruitiers annoncent qu’il faut être prêt, pas que toutes les colonies doivent recevoir une hausse le même jour.
  • Poser une hausse trop tôt sur une colonie encore faible.
  • Attendre que le corps de ruche soit saturé de nectar.
  • Ignorer les constructions irrégulières en haut du corps : elles indiquent souvent que la colonie cherche de la place.
  • Oublier la grille à reine, avec le risque de retrouver du couvain dans les cadres de hausse.

À retenir

Pissenlit et arbres fruitiers : préparer. Colonie forte, miellée réelle et signes de manque de place : poser la hausse avec une grille à reine.

Voir aussi

On pose une hausse quand la colonie est forte, que la miellée commence et que les abeilles occupent bien la chambre à couvain. La règle simple est de poser en même temps la grille à reine et la hausse : la grille à reine se place entre la chambre à couvain et la hausse. Elle évite que la reine monte pondre dans les cadres de hausse, afin que la hausse reste destinée au miel de récolte.

Ce qu’il faut faire

  • Vérifier que la colonie est assez forte : beaucoup d’abeilles, couvain bien développé et activité de butinage visible.
  • Choisir une journée douce, avec de bonnes conditions de vol, et travailler rapidement pour ne pas refroidir le couvain.
  • Préparer une hausse propre avec des cadres de hausse adaptés, bâtis si possible, ou avec des cires gaufrées si la colonie construit bien.
  • Ouvrir la ruche, retirer le couvre-cadres, puis poser la grille à reine directement sur la chambre à couvain.
  • Placer la hausse au-dessus de la grille à reine, remettre le couvre-cadres et refermer la ruche.
  • Contrôler quelques jours plus tard que les abeilles montent dans la hausse et commencent à occuper les cadres.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si les abeilles ne montent pas dans la hausse, c’est souvent que la hausse a été posée trop tôt, que la colonie est trop faible, que la météo est défavorable ou que la miellée n’a pas vraiment commencé. Si du couvain apparaît dans une hausse, il faut d’abord vérifier la présence et le bon placement de la grille à reine, puis corriger la conduite avant la récolte.

À éviter

  • Poser une hausse sans grille à reine lorsque l’on veut garder les cadres de hausse réservés au miel de récolte.
  • Placer la grille à reine au mauvais endroit : elle doit séparer la chambre à couvain et la hausse.
  • Poser une hausse sur une colonie faible : elle risque de ne pas l’occuper et de se refroidir.
  • Attendre trop longtemps sur une colonie forte : le manque de place peut favoriser la fièvre d’essaimage.
  • Mettre des cadres ayant contenu du couvain dans la hausse destinée au miel de récolte.
  • Nourrir au sirop lorsque des hausses destinées à la récolte sont en place.
  • Traiter contre le varroa avec des hausses de miel destinées à la consommation sur la ruche, sauf indication officielle compatible avec le produit utilisé.

À retenir

Dans une conduite simple, hausse et grille à reine vont ensemble : la grille à reine se place entre la chambre à couvain et la hausse pour garder la récolte séparée du couvain.

Voir aussi

Non, la grille à reine n’est pas obligatoire en tant que matériel imposé par la loi, mais elle est fortement recommandée. La règle simple est de l’utiliser dès qu’une hausse est posée pour produire du miel destiné à la récolte. Elle aide à garder la hausse réservée au miel et à éviter que la reine y ponde.

Ce qu’il faut faire

  • Poser la grille à reine entre la chambre à couvain et la hausse.
  • La mettre en place au même moment que la hausse.
  • Vérifier qu’elle est propre, bien posée et qu’il n’y a pas de passage possible sur les côtés.
  • Réserver les cadres de hausse à la production de miel.
  • À la récolte, ne prélever que des cadres de hausse contenant du miel et sans couvain.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si la hausse contient déjà du couvain, ne pas extraire ces cadres. Il faut d’abord empêcher la reine de remonter dans la hausse avec une grille à reine, puis attendre que le couvain naisse avant d’envisager la récolte des cadres concernés. En pratique, les cadres ayant contenu du couvain ne devraient pas entrer dans la filière du miel extrait ou égoutté.

Le point juridique important n’est donc pas l’obligation d’avoir une grille à reine, mais l’obligation de produire un miel conforme. En Suisse, le miel remis ou vendu relève du droit des denrées alimentaires, notamment de la LDAI et des ordonnances qui précisent les exigences applicables au miel, à l’hygiène et à l’autocontrôle.

À éviter

  • Poser une hausse sans grille à reine dans une conduite simple.
  • Récolter ou extraire des cadres contenant du couvain.
  • Mélanger des cadres de corps ayant contenu du couvain avec les cadres de hausse destinés au miel.
  • Oublier que certaines conduites sans grille existent, mais demandent plus d’expérience.

À retenir

La loi n’impose pas directement la grille à reine, mais elle impose un miel conforme : dans une conduite simple, la grille à reine est la solution la plus sûre pour garder la hausse réservée au miel.

Voir aussi

Si les abeilles ne montent pas dans la hausse, ne force pas la colonie. Vérifie d’abord trois choses : la colonie est-elle assez forte, la miellée est-elle réellement en cours, et la hausse est-elle attractive ? Dans la majorité des cas, une hausse reste vide parce qu’elle a été posée un peu trop tôt ou parce que les abeilles n’ont pas encore besoin de cet espace.

Ce qu’il faut faire

  • Observer le corps de ruche : les abeilles doivent bien occuper le haut des cadres.
  • Vérifier que du nectar rentre vraiment, pas seulement que des fleurs sont présentes.
  • Regarder si le corps commence à se remplir de nectar : si ce n’est pas le cas, les abeilles n’ont peut-être pas encore besoin de la hausse.
  • Vérifier la hausse : cadres propres, bien placés, cire en bon état, sans odeur étrangère, sans moisissure ni trace de stockage douteux.
  • Si possible, placer un ou deux cadres de hausse déjà bâtis au centre de la hausse : ils sont souvent mieux acceptés que des cadres avec seulement des cires gaufrées.
  • Garder la grille à reine en place et vérifier qu’elle est correctement posée.
  • Recontrôler quelques jours plus tard, surtout si la météo devient favorable et que les apports augmentent.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si la hausse contient surtout des cires gaufrées, il faut une vraie miellée, de la chaleur et une colonie forte pour que les abeilles construisent. Des cadres de hausse déjà bâtis au centre peuvent aider. Si la hausse reste vide malgré cela, n’ajoute pas de volume : attends que la colonie se renforce ou que la miellée démarre vraiment.

À éviter

  • Ajouter une deuxième hausse alors que la première est vide.
  • Conclure trop vite que la colonie a un problème.
  • Poser une hausse trop tôt sur une colonie encore faible.
  • Attendre une construction rapide sur cires gaufrées sans vraie miellée.
  • Pulvériser du sirop dans une hausse destinée à la récolte de miel : cela brouille la séparation entre nourrissement et miel récolté.
  • Pulvériser du miel sur les cadres : cela peut favoriser le pillage et pose des questions d’hygiène si l’origine du miel n’est pas parfaitement maîtrisée.
  • Mettre du couvain dans des cadres de hausse destinés à la récolte de miel.

À retenir

Une hausse vide n’est pas forcément un problème : colonie forte, vraie miellée et cadres de hausse attractifs sont les trois conditions principales pour que les abeilles montent.

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3. Essaimage, multiplication et élevage de reines

On ne peut pas empêcher l’essaimage à 100 %, car c’est le mode naturel de reproduction d’une colonie. La règle simple est d’anticiper : au printemps, surveiller les colonies fortes, leur donner de la place avant que le nid à couvain se bloque, et alléger les colonies les plus puissantes si nécessaire. L’essaimage peut se préparer plus d’une semaine avant le départ : environ 9 jours après la ponte dans une cellule royale, l’essaim peut sortir si la météo le permet.

Ce qu’il faut faire

  • Surveiller surtout les colonies fortes au printemps et au début de l’été.
  • Donner de la place à temps : poser la hausse au bon moment, éviter que le nectar bloque le nid à couvain, et maintenir de la place pour la ponte.
  • Lors des visites, chercher les signes de fièvre d’essaimage : colonie très dense, cellules royales, ponte ralentie, manque de place.
  • Pendant la période à risque, contrôler les colonies les plus fortes environ une fois par semaine si la météo le permet.
  • Après une longue période de mauvais temps, visiter les colonies fortes dès le retour d’une météo favorable : les abeilles peuvent avoir préparé l’essaimage pendant les jours où elles ne volaient pas.
  • Si une colonie devient trop forte, former une jeune colonie ou un essaim artificiel plutôt que d’attendre le départ d’un essaim naturel.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si des cellules royales sont déjà bien développées, il faut considérer que la colonie est probablement engagée dans la fièvre d’essaimage. Dans ce cas, il ne suffit pas de casser les cellules royales : il faut réduire la pression dans la colonie, par exemple en faisant une division ou un essaim artificiel, avec un suivi sérieux de la nouvelle colonie. Le point important est de ne pas confondre suppression des signes et résolution de la cause.

À éviter

  • Attendre de voir un essaim pendu à une branche pour agir.
  • Croire que l’essaimage commence le jour où l’essaim sort : il a souvent été préparé plusieurs jours avant.
  • Détruire les cellules royales sans corriger le manque de place ou l’excès de population.
  • Poser la hausse trop tard, quand le nid à couvain est déjà bloqué.
  • Diviser une colonie faible ou mal suivie uniquement pour éviter l’essaimage.

À retenir

Le meilleur anti-essaimage est l’anticipation : de la place au bon moment, des visites ciblées, et une division précoce des colonies trop fortes.

Voir aussi

Préparez le starter fermé la veille du greffage, ou au moins quelques heures avant. Il doit contenir beaucoup de jeunes nourrices, mais ni reine ni couvain. Son rôle est d’amorcer les cellules d’élevage pendant environ 24 heures ; ensuite, le cadre d’élevage doit passer dans une colonie finisseuse.

Ce qu’il faut faire

  • Choisir une colonie forte, saine et calme, avec une bonne reine en ponte.
  • Préparer une ruchette 6 cadres bien ventilée.
  • Placer contre une paroi un cadre de nourriture avec miel et pollen, avec ses abeilles, mais sans couvain et sans la reine.
  • Laisser juste à côté un espace libre pour recevoir le cadre d’élevage.
  • Ajouter un vieux cadre bâti vide bien humidifié, ou un cadre abreuvoir, pour fournir de l’eau aux nourrices.
  • Secouer dans la ruchette les jeunes nourrices de 3 à 4 cadres de couvain ouvert, en vérifiant soigneusement que la reine ne se trouve pas dans les abeilles secouées.
  • Resserrer avec une partition.
  • Fixer un film plastique transparent sur le dessus du starter, à la place du couvre-cadres, sans bloquer la ventilation.
  • Fermer le starter et le placer au frais et à l’obscurité pendant au moins quelques heures, afin que les abeilles se sentent orphelines.
  • Le jour du greffage, couper au cutter une longue fente dans le film plastique, à l’emplacement libre prévu pour le cadre d’élevage.
  • Introduire rapidement le cadre d’élevage avec les très jeunes larves greffées, puis plaquer le film autour du cadre pour limiter la sortie des abeilles.
  • Laisser le starter fermé amorcer les cellules d’élevage pendant environ 24 heures, puis transférer le cadre dans une colonie finisseuse.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si les abeilles s’agitent fortement, sortent en masse, chauffent ou refusent les larves, le starter est souvent mal équilibré : trop peu de jeunes nourrices, manque d’eau, manque de nourriture, ventilation insuffisante, présence accidentelle de la reine ou présence de couvain. Dans ce cas, il vaut mieux corriger la préparation et recommencer une petite série plutôt que forcer l’élevage.

À éviter

  • Introduire du couvain dans le starter fermé : les abeilles pourraient élever leurs propres larves au lieu des larves greffées.
  • Prélever accidentellement la reine avec les abeilles secouées.
  • Utiliser des larves trop âgées : les meilleures larves sont très jeunes, idéalement de moins de 24 heures.
  • Ouvrir tout le dessus du starter au moment d’introduire le cadre d’élevage : beaucoup d’abeilles risquent de sortir.
  • Utiliser un film plastique qui bloque la ventilation.
  • Laisser le starter fermé trop longtemps, surtout par temps chaud.

À retenir

Un bon starter fermé est une ruchette provisoire, très riche en jeunes nourrices, sans reine et sans couvain, utilisée seulement pour lancer l’élevage royal pendant environ 24 heures.

Voir aussi

4. Récolte du miel

Le meilleur moment n’est pas une date fixe. On commence la récolte quand le miel des hausses est mûr, par temps sec, et quand les cadres ne coulent plus au test de la secousse. La règle simple est de récolter surtout les cadres de hausse bien operculés, idéalement au moins aux deux tiers, et de contrôler la teneur en eau au réfractomètre si possible. Il ne faut toutefois pas attendre inutilement : il vaut mieux garder assez de temps pour former de bonnes abeilles d’hiver que courir après les derniers grammes de miel.

Ce qu’il faut faire

  • Observer les hausses, pas seulement le calendrier.
  • Choisir une journée sèche, si possible après une période sans pluie.
  • Vérifier que les cadres de hausse sont majoritairement operculés.
  • Faire le test de la secousse sur les zones non operculées : si du nectar coule, ne pas récolter ce cadre.
  • Si vous disposez d’un réfractomètre, mesurer la teneur en eau sur plusieurs cadres de la même hausse.
  • Planifier la dernière récolte de manière à ne pas retarder les étapes importantes de fin de saison : contrôle varroa, traitement si nécessaire, nourrissement et préparation à l’hivernage.
  • Retirer les hausses et les couvrir rapidement pour éviter la reprise d’humidité et le pillage.
  • Extraire le miel le jour même ou le lendemain, dans une miellerie propre et sèche.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si certains cadres sont mûrs et d’autres non, ne récoltez pas toute la hausse par automatisme. Prélevez seulement les cadres prêts, ou laissez la hausse quelques jours de plus. Mais en fin de saison, n’attendez pas trop longtemps : une récolte tardive peut réduire le temps disponible pour protéger les abeilles d’hiver contre le varroa et pour compléter correctement les réserves. Pour les miels qui cristallisent vite, comme le colza ou certains miels de printemps, il faut aussi surveiller de près : attendre trop longtemps peut rendre l’extraction difficile.

À éviter

  • Récolter simplement parce que « c’est la période ».
  • Récolter juste après plusieurs jours de pluie ou par forte humidité.
  • Se fier uniquement à l’operculation sans contrôle si la miellée a été très abondante.
  • Mélanger des cadres mûrs avec des cadres encore trop humides.
  • Extraire des cadres ayant déjà contenu du couvain.
  • Repousser la dernière récolte au point de retarder le traitement varroa ou le nourrissement de fin de saison.
  • Attendre les derniers grammes de miel si cela compromet la préparation des abeilles d’hiver.

À retenir

La bonne récolte commence quand le miel est mûr, mais elle ne doit pas retarder la préparation des abeilles d’hiver.

Voir aussi

5. Santé des colonies et traitements

La lutte contre le varroa ne se résume pas à un seul traitement. La règle simple est de suivre un concept annuel : réduire la pression au printemps si possible, contrôler l’infestation, traiter rapidement après la récolte, faire un deuxième traitement estival, puis terminer par le traitement hivernal en absence de couvain operculé. L’objectif principal est de protéger les abeilles d’hiver : si les traitements d’été sont trop tardifs ou insuffisants, le traitement hivernal ne peut pas réparer les dégâts déjà subis par la colonie.

Repères dans l’année

Moment Action principale But
Avril / mai Découpe du couvain de mâles, si cette pratique fait partie de la conduite du rucher. Réduire mécaniquement une partie des varroas au printemps.
Mai / juin Contrôle de la chute naturelle du varroa. Détecter une infestation trop forte avant l’été.
Après la dernière récolte, avant fin juillet Retirer les hausses, donner 2 à 3 litres de sirop de nourrissement, puis faire le premier traitement estival. Réduire rapidement la pression varroa avant l’élevage des abeilles d’hiver.
Début septembre, au plus tard vers mi-septembre Faire le deuxième traitement estival. Protéger les abeilles d’hiver pendant leur formation.
Fin novembre / décembre Faire le traitement hivernal en absence de couvain operculé. Démarrer la nouvelle saison avec une pression varroa basse.
Toute la saison Réagir si un seuil critique est dépassé. Ne pas attendre le traitement prévu si la colonie est en danger.

Ce qu’il faut faire

  • Considérer la lutte contre le varroa comme un suivi annuel, pas comme une intervention isolée.
  • Au printemps, utiliser la découpe du couvain de mâles si elle est maîtrisée et intégrée à la conduite du rucher.
  • Contrôler régulièrement l’infestation, notamment par la chute naturelle du varroa.
  • Après la dernière récolte, retirer les hausses et ne pas retarder le premier traitement estival.
  • Donner un petit nourrissement de transition après le retrait des hausses, puis traiter rapidement.
  • Prévoir le deuxième traitement estival assez tôt, idéalement au début septembre et au plus tard vers la mi-septembre.
  • Faire le traitement hivernal seulement lorsque la colonie est sans couvain operculé.
  • Utiliser uniquement des méthodes et préparations autorisées, en respectant la notice officielle.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si un seuil critique est dépassé, il ne faut pas attendre mécaniquement la prochaine étape du calendrier. La conduite dépend du moment de l’année : en début de saison, une mesure d’urgence peut être nécessaire ; en fin d’automne, un traitement complémentaire à l’acide oxalique peut être indiqué même si du couvain est encore présent.

Si une récolte tardive retarde le premier traitement estival, il faut revoir la priorité. Quelques kilos de miel en plus ne justifient pas de compromettre la santé des abeilles d’hiver. Le bon moment pour protéger les abeilles d’hiver se joue surtout en été, pas seulement au traitement hivernal.

À éviter

  • Penser qu’un seul traitement suffit pour toute l’année.
  • Découvrir le varroa seulement en automne.
  • Retarder le premier traitement estival pour prolonger la récolte.
  • Oublier que la découpe du couvain de mâles est une aide, pas un remplacement des traitements nécessaires.
  • Compter sur le traitement hivernal pour corriger une mauvaise gestion estivale.
  • Traiter avec des hausses destinées à la récolte encore en place.
  • Utiliser un produit non autorisé ou s’écarter de la notice officielle.

À retenir

Le concept varroa suit une logique annuelle : réduire, contrôler, traiter tôt en été, confirmer en fin d’été, terminer en hiver. Le moment clé reste l’été, car c’est là que se joue la santé des futures abeilles d’hiver.

Voir aussi

Il n’existe pas un seul chiffre valable toute l’année. La règle simple est de mesurer la chute naturelle du varroa pendant 2 jours, puis de comparer la moyenne par jour avec les repères de la saison. Si le résultat est proche d’une valeur limite, on refait un comptage de 2 jours plutôt que de conclure trop vite. En présence de fourmis, il ne faut pas laisser le fond varroa trop longtemps en place : elles peuvent emporter des varroas morts et faire sous-estimer l’infestation.

Repères pratiques

Moment de l’année Repère de chute naturelle Ce que cela signifie
Fin mai Plus de 3 varroas par jour Signal d’alerte : agir rapidement, éventuellement par un traitement d’urgence selon la situation.
Fin juin / début juillet Plus de 10 varroas par jour Ne pas attendre : traitement estival immédiat ou traitement d’urgence selon la situation.
Juillet Ne pas attendre un seuil élevé Après la récolte, retirer les hausses, donner un petit nourrissement de transition et commencer le premier traitement estival avant la fin juillet.
Début à mi-septembre Traitement selon le calendrier Le deuxième traitement estival doit être fait assez tôt pour protéger les abeilles d’hiver.
Octobre Plus de 5 varroas par jour Signal critique : traiter rapidement avec une méthode autorisée et adaptée.
Après le traitement hivernal Plus de 500 varroas en deux semaines Réévaluer la situation et demander conseil avant de répéter un traitement.

Ce qu’il faut faire

  • Placer un fond varroa propre, si possible protégé par une grille.
  • Compter la chute naturelle pendant 2 jours.
  • Diviser le nombre total de varroas par le nombre de jours pour obtenir une moyenne par jour.
  • Comparer cette moyenne avec les repères de la saison.
  • Si le résultat est proche d’une valeur limite, refaire un deuxième comptage de 2 jours.
  • En présence de fourmis, relever le fond après 24 à 48 heures ou utiliser une méthode qui empêche les fourmis d’emporter les varroas.
  • En cas de dépassement clair d’une valeur limite, agir sans attendre : contrôle, traitement autorisé, traitement d’urgence si nécessaire, ou conseil auprès du Service sanitaire apicole.
  • Noter les résultats dans la carte de ruche pour suivre l’évolution de la colonie.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si des fourmis sont présentes sur le fond varroa, le comptage peut sous-estimer l’infestation, car des varroas morts peuvent être emportés. Dans ce cas, il ne faut pas laisser le fond plusieurs jours sans contrôle. Mieux vaut compter après 24 à 48 heures et répéter la mesure si le résultat est proche d’un seuil d’intervention.

Si le seuil est dépassé en mai, fin juin ou début juillet, il ne faut pas attendre le traitement normal suivant. La colonie peut déjà être trop fortement infestée. Il faut alors agir rapidement, éventuellement par un traitement d’urgence, et demander conseil avant d’improviser.

Si le seuil est dépassé en octobre, la colonie risque d’entrer dans l’hiver avec une pression varroa trop élevée. Dans ce cas, le traitement hivernal normal ne doit pas être attendu sans réflexion.

À éviter

  • Utiliser le même seuil toute l’année.
  • Décider sur un seul jour de comptage lorsque le résultat est proche d’une valeur limite.
  • Laisser le fond varroa trop longtemps en place si des fourmis peuvent emporter les varroas.
  • Interpréter un résultat faible comme sûr si la mesure a été perturbée.
  • Se rassurer parce que la colonie semble forte : une colonie forte peut cacher une forte infestation.
  • Attendre le prochain traitement prévu au calendrier alors qu’une situation nécessite peut-être un traitement d’urgence.
  • Confondre chute naturelle et chute due au traitement.

À retenir

La bonne question n’est pas seulement « combien de varroas ? », mais « combien de varroas à quel moment de l’année ? ». En pratique, trois repères suffisent comme alerte : plus de 3 varroas par jour fin mai, plus de 10 varroas par jour fin juin / début juillet, et plus de 5 varroas par jour en octobre. Une mesure de 2 jours est souvent un bon compromis pratique, surtout si des fourmis risquent de fausser le comptage.

Voir aussi

Commencez le premier traitement estival contre le varroa après la dernière récolte de miel, une fois les hausses destinées à la récolte retirées. La règle simple est la suivante : avant la fin juillet, retirer les hausses, donner 2 à 3 litres de sirop de nourrissement, puis commencer le premier traitement contre le varroa. Il ne vaut pas la peine d’attendre pour récolter encore 1 ou 2 kg de miel si cela retarde le traitement : la santé des futures abeilles d’hiver passe avant la fin de la miellée.

Ce qu’il faut faire

  • Planifier la dernière récolte de façon à ne pas repousser le traitement au-delà de la fin juillet.
  • Retirer toutes les hausses destinées à la récolte avant de traiter.
  • Donner rapidement 2 à 3 litres de sirop de nourrissement pour éviter une rupture alimentaire après le retrait des hausses.
  • Commencer ensuite le premier traitement estival contre le varroa, avec une méthode autorisée et adaptée aux conditions météo.
  • Lire et respecter strictement la notice officielle du produit utilisé : dosage, durée, température, sécurité et conditions d’emploi.
  • Noter la date du traitement dans la carte de ruche.
  • Prévoir déjà la suite de la saison : contrôle de l’infestation, deuxième traitement estival si nécessaire, puis préparation de l’hivernage.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si la miellée se prolonge ou si quelques cadres ne sont pas encore tout à fait mûrs, il ne faut pas repousser indéfiniment le traitement pour gagner encore 1 ou 2 kg de miel. Ce délai se paie souvent au prix de la santé des futures abeilles d’hiver. À partir de la fin juillet, la protection des abeilles d’hiver devient prioritaire.

Si l’infestation est déjà élevée, il faut agir sans attendre : retirer les hausses, nourrir brièvement si nécessaire, puis traiter avec une méthode autorisée. En cas de doute sur la méthode, la température ou le niveau d’infestation, demander conseil au Service sanitaire apicole ou à une personne expérimentée avant d’improviser.

À éviter

  • Attendre août ou septembre pour commencer le premier traitement estival.
  • Traiter alors que des hausses destinées à la récolte sont encore sur la ruche.
  • Repousser le traitement pour récolter encore 1 ou 2 kg de miel.
  • Oublier le petit nourrissement de transition après le retrait des hausses.
  • Utiliser un produit non autorisé ou s’écarter de la notice officielle.
  • Traiter sans tenir compte de la température, surtout avec les traitements sensibles à la chaleur.

À retenir

Avant la fin juillet : hausses retirées, 2 à 3 litres de sirop de nourrissement, puis premier traitement estival contre le varroa. Le but est de protéger les abeilles d’hiver, pas de prolonger la récolte de quelques kilos.

Voir aussi

Commencez le deuxième traitement estival contre le varroa assez tôt, idéalement au début septembre et au plus tard vers la mi-septembre. La règle simple est la suivante : laisser un intervalle suffisant après le premier traitement, compléter les réserves entre les deux traitements, puis commencer le deuxième traitement sans le repousser. Ce deuxième traitement protège encore les abeilles d’hiver : il ne doit pas être sacrifié parce que le nourrissement a pris du retard.

Ce qu’il faut faire

  • Après le premier traitement estival, vérifier que la colonie dispose toujours de nourriture accessible.
  • Compléter les réserves avec du sirop de nourrissement entre le premier et le deuxième traitement.
  • Organiser le nourrissement de façon à ne pas repousser le deuxième traitement.
  • Respecter un intervalle suffisant entre la fin du premier traitement et le début du deuxième.
  • Prévoir le deuxième traitement pour qu’il commence idéalement au début septembre, et au plus tard vers la mi-septembre.
  • Choisir une méthode autorisée et adaptée aux conditions météo.
  • Lire et respecter strictement la notice officielle du produit utilisé : dosage, durée, température, sécurité et conditions d’emploi.
  • Noter la date du traitement dans la carte de ruche.
  • Après le traitement, contrôler que les réserves d’hiver sont suffisantes et compléter si nécessaire tant que les conditions le permettent.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si le premier traitement a commencé trop tard, il ne faut pas repousser automatiquement le deuxième traitement à la fin septembre ou en octobre. Il faut alors vérifier rapidement la force de la colonie, les réserves et le niveau d’infestation, puis choisir une conduite sûre avec l’aide d’une personne expérimentée ou du Service sanitaire apicole.

Si les réserves sont encore insuffisantes au moment prévu pour le deuxième traitement, il faut corriger la situation sans retarder inutilement la lutte contre le varroa. Une colonie ne doit pas manquer de nourriture, mais un traitement trop tardif expose les abeilles d’hiver à une pression varroa trop élevée.

À éviter

  • Commencer le deuxième traitement seulement fin septembre ou en octobre.
  • Penser que le premier traitement estival suffit toujours.
  • Oublier le nourrissement entre les deux traitements.
  • Repousser le traitement parce que les réserves n’ont pas été complétées à temps.
  • Enchaîner deux traitements sans respecter un intervalle suffisant.
  • Traiter sans tenir compte de la température et de la météo.
  • Utiliser un produit non autorisé ou s’écarter de la notice officielle.

À retenir

Le deuxième traitement estival se prépare dès la fin du premier : nourrir entre les deux, ne pas laisser la colonie manquer de nourriture, puis traiter assez tôt, idéalement au début septembre et au plus tard vers la mi-septembre. L’objectif reste la protection des abeilles d’hiver.

Voir aussi

Commencez le traitement hivernal contre le varroa quand la colonie n’a plus de couvain operculé, en général entre fin novembre et fin décembre selon la région, l’altitude et la météo. La règle simple est la suivante : attendre une vraie période sans couvain operculé, puis traiter à l’acide oxalique avec un produit autorisé et selon la notice officielle. Le point décisif n’est pas la date exacte, mais l’absence de couvain operculé : l’acide oxalique n’agit pas sur les varroas protégés dans les cellules operculées.

Ce qu’il faut faire

  • Prévoir le traitement hivernal après les premiers froids durables, quand la ponte s’est arrêtée ou presque.
  • Vérifier, si nécessaire, que la colonie ne contient plus de couvain operculé.
  • Choisir un traitement à l’acide oxalique autorisé en Suisse.
  • Lire et respecter strictement la notice officielle du produit utilisé : dosage, mode d’application, température, sécurité et conditions d’emploi.
  • Porter une protection adaptée : gants résistants à l’acide, lunettes et vêtements à manches longues.
  • Placer un fond varroa protégé par une grille pour contrôler la chute de varroas après le traitement.
  • Noter la date du traitement dans la carte de ruche.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si vous trouvez encore du couvain operculé au moment prévu, ne traitez pas comme si la colonie était sans couvain. La conduite la plus sûre est de reporter le traitement à une période sans couvain operculé, ou de demander conseil avant d’intervenir. Traiter trop tôt réduit fortement l’efficacité du traitement.

Si la chute de varroas reste très élevée après le traitement hivernal, la situation doit être réévaluée. Ne répétez pas simplement un traitement par dégouttement : cette méthode ne doit pas être répétée sur la même colonie. En cas de doute, demander conseil au Service sanitaire apicole ou à une personne expérimentée.

À éviter

  • Traiter trop tôt, alors qu’il reste du couvain operculé.
  • Se fier uniquement au calendrier sans tenir compte de la météo et du couvain.
  • Faire un traitement « pour être tranquille » sans respecter la notice officielle.
  • Répéter un traitement par dégouttement sur la même colonie.
  • Négliger les protections personnelles lors de l’emploi d’acide oxalique.
  • Croire que le traitement hivernal compense un mauvais traitement d’été : les abeilles d’hiver doivent déjà avoir été protégées en été.

À retenir

Le traitement hivernal se fait en absence de couvain operculé, généralement fin novembre ou en décembre. Il sert à faire démarrer la nouvelle saison avec une pression varroa aussi basse que possible, mais il ne remplace pas les traitements estivaux.

Voir aussi

Non. En Suisse, il ne faut pas utiliser de produits contenant de l’amitraz contre le varroa. La règle simple est d’utiliser uniquement les médicaments ou préparations autorisés en Suisse, selon leur notice officielle.

Ce qu’il faut faire

  • Ne pas utiliser d’amitraz, même si le produit est vendu ou autorisé dans un pays voisin.
  • Vérifier avant chaque traitement la liste actuelle des médicaments vétérinaires autorisés.
  • Utiliser seulement une préparation autorisée en Suisse et respecter exactement la notice officielle : dosage, période, durée, retrait éventuel des hausses et restrictions pour le miel.
  • Noter le traitement réalisé dans le registre de la colonie.
  • En cas de doute, demander conseil au conseiller apicole, au Service sanitaire apicole ou au service vétérinaire cantonal.

Swissmedic publie des listes actualisées régulièrement (liste des médicaments vétérinaires autorisés).

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si de l’amitraz a déjà été utilisé, ne pas mettre le miel concerné sur le marché avant clarification. Isoler les cadres, la cire et les lots potentiellement concernés, puis demander rapidement conseil au service cantonal compétent ou au Service sanitaire apicole. Le problème principal est le risque de traitement non autorisé et de résidus dans les produits de la ruche.

À éviter

  • Utiliser de l’Apivar ou un autre produit à base d’amitraz acheté à l’étranger.
  • Penser qu’un produit autorisé en France, en Allemagne ou ailleurs est automatiquement autorisé en Suisse.
  • Fabriquer soi-même des lanières ou doser un produit non prévu pour les abeilles.
  • Traiter pendant une miellée ou avec des hausses destinées à la récolte sans respecter une notice officielle suisse.
  • Se fier à une habitude locale plutôt qu’à la liste actuelle des préparations autorisées.

À retenir

En Suisse : pas d’amitraz contre le varroa. On utilise uniquement des préparations autorisées en Suisse, selon la notice officielle.

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Un traitement d’urgence contre le varroa est une mesure exceptionnelle. La règle simple est la suivante : si un seuil critique est clairement dépassé ou si la colonie montre des signes d’infestation grave, ne pas attendre le prochain traitement prévu au calendrier. Il faut d’abord vérifier la mesure, retirer les hausses destinées à la récolte s’il y en a encore, puis demander conseil avant d’improviser. Le traitement d’urgence dépend fortement du moment de l’année.

Ce qu’il faut faire

  • Vérifier que le comptage est fiable : fond varroa propre, mesure courte, pas de fourmis qui emportent les varroas.
  • Comparer la chute naturelle avec les repères de saison.
  • Agir rapidement si les seuils critiques sont clairement dépassés, par exemple plus de 3 varroas par jour fin mai, plus de 10 varroas par jour fin juin / début juillet, ou plus de 5 varroas par jour en octobre.
  • Retirer les hausses destinées à la récolte avant tout traitement médicamenteux.
  • Évaluer si la colonie est encore assez forte pour être sauvée : taille de la colonie, état du couvain, réserves, abeilles abîmées ou aux ailes déformées.
  • Choisir uniquement une méthode autorisée et adaptée à la saison, au type de ruche et à l’état du couvain.
  • En cas de doute, demander conseil au Service sanitaire apicole ou à une personne expérimentée avant de réaliser une mesure d’urgence.
  • Noter la décision et le traitement dans la carte de ruche.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Au printemps ou au début de l’été, la vraie mesure d’urgence peut consister en un assainissement rapide de la colonie. Dans les aide-mémoire du Service sanitaire apicole, cette mesure repose sur un relogement de la colonie sur de nouveaux cadres et une application d’acide oxalique. Ce n’est pas un traitement estival normal : c’est une intervention exceptionnelle pour une colonie trop fortement infestée.

En fin d’automne, la situation est différente : il n’est généralement plus possible de reloger la colonie sur de nouveaux cadres. Si le seuil critique est dépassé, le Service sanitaire apicole recommande alors un traitement complémentaire immédiat à l’acide oxalique, même si du couvain est encore présent. Ce traitement vise seulement à casser le pic d’infestation ; le vrai traitement hivernal devra encore être effectué ensuite en absence de couvain operculé.

Si la colonie est déjà très faible, très infestée ou fortement atteinte par les virus, un traitement tardif ne la sauvera pas toujours. Dans ce cas, il faut demander conseil rapidement, car la question n’est plus seulement le choix du produit, mais aussi la capacité réelle de la colonie à passer l’hiver.

À éviter

  • Confondre traitement d’urgence et traitement estival normal.
  • Attendre le prochain traitement prévu alors qu’un seuil critique est clairement dépassé.
  • Traiter sans avoir retiré les hausses destinées à la récolte.
  • Improviser une méthode ou utiliser un produit non autorisé.
  • Appliquer la même solution en juin, en octobre et en hiver sans tenir compte de la saison.
  • Penser qu’un traitement tardif réparera les dégâts déjà subis par les abeilles d’hiver.
  • Multiplier les traitements sans diagnostic ni stratégie claire.

À retenir

Un traitement d’urgence se décide quand la pression du varroa est trop élevée pour attendre le calendrier normal. Le bon réflexe est : mesurer, comparer au seuil de saison, retirer les hausses si nécessaire, demander conseil, puis appliquer une méthode autorisée. En fin d’automne, une application immédiate d’acide oxalique peut être nécessaire même si du couvain est encore présent, mais elle ne remplace pas le traitement hivernal en absence de couvain operculé.

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6. Nourrissement et hivernage

Une colonie prête pour l’hiver doit être suffisamment lourde et avoir des réserves de nourriture accessibles autour de la grappe d’hivernage. Pour une colonie de production, on vise en général environ 15 à 20 kg de réserves, soit, selon le format de ruche, environ 4 à 5 cadres de nourriture bien remplis si l’on compte près de 4 kg par cadre plein. Plus l’hiver est long et froid — par exemple en altitude ou dans une région fraîche — plus on se rapproche de 20 kg.

Ce qu’il faut faire

  • Commencer le nourrissement dès le retrait des hausses, après la dernière récolte. Donner rapidement 2 à 3 kg de sirop avant le premier traitement, pour éviter toute période de disette.
  • Terminer le nourrissement principal au plus tard au début du deuxième traitement estival, afin que les réserves soient constituées à temps.
  • Vérifier les réserves après la récolte et le nourrissement d’automne, idéalement avant la fin septembre.
  • Soulever doucement l’arrière de la ruche ou utiliser une balance pour repérer les colonies nettement plus légères que les autres.
  • Lors d’une dernière visite par temps doux, vérifier que la colonie possède environ 4 à 5 cadres (15 à 20 kg) de nourriture bien remplis, en plus des couronnes de nourriture proches du nid à couvain.
  • En altitude, dans les régions froides ou lorsque l’hiver dure longtemps, viser plutôt le haut de la fourchette.
  • Noter les apports de sirop de nourrissement et l’estimation des réserves dans le registre de la colonie.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si la dernière vérification, vers la fin septembre, montre que la colonie n’a pas assez de réserves, il faut corriger rapidement la situation. Tant que les températures le permettent, on peut compléter avec du sirop de nourrissement ou ajouter un cadre de nourriture bien rempli, sain et issu de son propre rucher placé au contact de la grappe ou de la zone occupée par les abeilles. En hiver ou en fin d’hiver, il ne faut généralement plus donner de sirop froid dans un nourrisseur éloigné de la grappe : la solution la plus sûre est alors un nourrissement d’urgence au candi, placé directement au-dessus des cadres, au plus près de la grappe d’hivernage. Une colonie ne devrait jamais manquer de nourriture : la disette crée du stress, affaiblit la grappe d’hivernage et peut déclencher une spirale d’affaiblissement.

À éviter

  • Se fier uniquement à l’activité au trou de vol : une colonie peut voler et manquer quand même de nourriture.
  • Attendre décembre ou janvier pour découvrir que les réserves sont insuffisantes.
  • Ouvrir longuement la ruche en période froide pour « vérifier ».
  • Donner du sirop froid en hiver, loin de la grappe.
  • Laisser une colonie « un peu juste » en se disant qu’elle tiendra probablement jusqu’au printemps.

À retenir

Le repère simple est le suivant : une colonie d’hivernage doit être lourde et disposer d’environ 4 à 5 cadres de nourriture bien remplis, soit environ 15 à 20 kg de réserves selon le format de ruche, la région et la durée de l’hiver.

Voir aussi

7. Matériel, cadres, cire et bonnes pratiques

La règle simple : renouvelez régulièrement les cadres de couvain, idéalement environ un tiers par année. Pour une ruche à 10 cadres, cela correspond à au moins 3 à 4 cadres par an ; pour une ruche à 12 cadres, à au moins 4 à 5 cadres par an. Ce n’est pas seulement une question d’aspect : dans les vieux cadres, les cellules se rétrécissent et la cire peut accumuler des résidus. Le meilleur moment est le printemps ou le début d’été, quand la colonie est forte et construit facilement.

Ce qu’il faut faire

  • Renouveler en priorité les cadres ayant contenu du couvain, surtout s’ils sont très foncés.
  • Prévoir un renouvellement progressif, par exemple environ un tiers des cadres de couvain chaque saison.
  • Introduire des cadres de cire neufs ou des cires gaufrées quand la colonie est assez forte pour bâtir.
  • Déplacer les vieux cadres vers le bord du nid à couvain, puis les retirer lorsqu’ils ne contiennent plus de couvain.
  • Retirer rapidement les cadres déformés, cassés, moisis ou difficiles à contrôler.
  • Noter l’âge ou l’année des cadres dans le registre de la colonie ou avec un marquage simple.
  • Gérer séparément les cadres de hausse : les garder seulement s’ils sont propres, secs, solides et n’ont pas contenu de couvain.

Si cela ne se passe pas comme prévu

Si la colonie est faible ou ne bâtit pas, ne pas forcer le renouvellement : retirer uniquement les cadres réellement inutilisables et attendre un moment plus favorable. En cas de couvain anormal, d'odeur suspecte ou de doute sur l'état sanitaire, ne pas déplacer le cadre vers une autre colonie et demander un avis compétent.

À éviter

  • Laisser des cadres de couvain noirs en place pendant des années sous prétexte qu'ils sont encore solides.
  • Remplacer trop de cadres à la fois dans une colonie faible.
  • Introduire des cires gaufrées trop tôt, trop tard ou par mauvais temps, lorsque les abeilles ne bâtissent pas.
  • Placer dans la hausse des cadres ayant déjà contenu du couvain.
  • Déplacer un cadre suspect d'une colonie à une autre.
  • Stocker des cadres humides, sales ou attaqués par la fausse teigne.

À retenir

Renouveler les cadres de couvain progressivement, surtout au printemps et au début de l'été : les cadres anciens, noirs ou endommagés doivent être retirés en priorité.

Voir aussi

 

Auteur
Serge Imboden; Claude Pfefferlé et Gianluca Gatti
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