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Pesticides, abeilles et santé humaine

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Les pesticides ne restent pas toujours là où ils sont appliqués : leurs résidus peuvent circuler par l’air, les poussières, l’eau, le pollen, le pain d’abeille et la cire. Cet article met en perspective deux analyses récentes sur l’exposition, la réglementation et la santé des abeilles, avec un regard particulier sur ce que montrent les données suisses.

1. L’essentiel en bref

  • Les pesticides circulent bien au-delà des parcelles traitées : habitations, poussières, eaux, pollen, pain d’abeille et cire peuvent en porter la trace.
  • Les études françaises PestiLoge et PestRiv documentent surtout les expositions ; elles ne démontrent pas directement un risque sanitaire ou une perte de colonies.
  • Le débat sur l’acétamipride montre qu’une molécule très médiatisée peut masquer d’autres risques : pyréthrinoïdes, fongicides, mélanges et conditions d’application.
  • Les projets réglementaires européens discutés dans l’article posent une question centrale : quel niveau d’effet sur les abeilles une société juge-t-elle « acceptable » ?
  • Les données suisses sur le pain d’abeille, la cire et les eaux de surface confirment que cette problématique concerne aussi les ruchers de Suisse et d’Europe tempérée.

2. Ce que montre l’étude

Les deux articles ne résument pas une seule étude expérimentale, mais une synthèse critique de données récentes sur l’exposition aux pesticides et l’évolution du cadre réglementaire.

Question. Les deux volets de l'article posent une question large : que révèlent les données récentes sur l’exposition involontaire aux pesticides, et que changent les débats réglementaires français et européens pour les abeilles, les pollinisateurs et la santé humaine ?

Méthode. Le premier volet s’appuie notamment sur deux enquêtes françaises récentes. PestiLoge a recherché des pesticides dans l’air et les poussières de logements. PestRiv a comparé l’exposition de personnes vivant près de vignobles à celle de personnes vivant loin des cultures. Le second volet examine surtout les projets d’évolution du cadre européen d’évaluation des pesticides, en particulier les « principes uniformes » et le paquet réglementaire dit Omnibus X.

Résultats. PestiLoge montre que les habitations peuvent contenir un mélange de substances d’origines diverses : pesticides agricoles, biocides domestiques, antiparasitaires vétérinaires, répulsifs antimoustiques et substances anciennes persistantes. La proximité agricole est associée, dans cette étude, à davantage de glyphosate dans les poussières. PestRiv montre que les riverains de vignobles sont plus exposés que les non-riverains, que cette exposition varie avec les périodes de traitement, les quantités appliquées et la distance aux vignes. Ces résultats documentent l’exposition ; ils ne mesurent pas directement les effets sanitaires.

Le premier volet utilise ensuite la controverse française autour de la loi Duplomb pour montrer comment un débat public peut se concentrer sur une molécule emblématique. Le projet initial voulait supprimer l’interdiction française des néonicotinoïdes ; le texte finalement adopté maintenait l’interdiction générale, mais ouvrait la voie à des dérogations sous conditions, notamment en l’absence d’alternatives efficaces. Le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition, de sorte que, dans le cadre décrit par l’article, l’usage des néonicotinoïdes et substances à mode d’action similaire reste interdit en France.

L’article insiste sur l’acétamipride, non pour en faire une molécule anodine, mais pour replacer le risque dans son contexte. Les DL50 citées sont parlantes : l’étofenprox et la deltaméthrine, deux pyréthrinoïdes mentionnés dans l’article, présentent des DL50 d’environ 0,038 et 0,0015 microgramme par abeille, contre 8,09 microgrammes par abeille pour l’acétamipride. Le message n’est donc pas que l’acétamipride serait sans intérêt toxicologique, mais que l’exposition réelle, le moment d’application, la floraison, l’eau collectée, la dérive et les autres molécules doivent entrer dans l’analyse. Le second volet déplace la discussion vers l’échelle européenne. Il rappelle que l’abeille mellifère est évaluée comme composante de l’environnement, et non comme cheptel producteur de denrées alimentaires. Cette distinction est décisive : dans l’interprétation réglementaire discutée par l’article, certains effets nocifs peuvent être jugés acceptables pour l’environnement. L’article critique en particulier le seuil de réduction de 10 % de la taille d’une colonie d’abeilles, quelles que soient la saison, la force initiale de la colonie et la catégorie d’individus touchés.

Les projets de révision des principes uniformes prévoient de mieux documenter certains effets sublétaux, les effets sur les larves, le comportement, la survie et le développement des colonies. Mais l’article souligne aussi des reculs possibles, par exemple la disparition de l’évaluation du risque lié à la consommation d’eau contaminée par les abeilles, alors que ces voies d’exposition peuvent être pertinentes au rucher.

Le paquet Omnibus X est présenté par la Commission européenne comme une simplification administrative. L’article y voit plutôt un risque de dérégulation : autorisations potentiellement illimitées pour certaines substances actives, réévaluation moins systématique à la lumière des connaissances nouvelles, facilités pour les substances dites de biocontrôle et possibilités d’autorisations provisoires ou tacites. La catégorie « biocontrôle » est jugée particulièrement problématique lorsqu’elle inclut non seulement des microorganismes ou substances naturelles simples, mais aussi des organismes issus de nouvelles techniques génétiques, des ARN interférents ou des molécules d’origine naturelle modifiées chimiquement.

L’article replace enfin ces évolutions dans un contexte politique et économique plus large : poids croissant du lobbying européen, concentration industrielle du secteur phytosanitaire et tension entre objectifs environnementaux du Pacte Vert et volonté de simplification réglementaire. Selon l’article, les quatre principaux groupes du secteur phytosanitaire représenteraient plus de la moitié du marché mondial, ce qui donne un poids considérable à leurs intérêts dans les débats réglementaires.

Interprétation. L’ensemble des deux textes plaide pour une lecture plus réaliste du risque pesticide : il ne suffit pas de raisonner molécule par molécule, ni de s’en tenir aux tests de toxicité aiguë en laboratoire. Les expositions réelles sont multiples, saisonnières, liées aux paysages, aux pratiques agricoles, aux usages domestiques et aux matrices dans lesquelles les substances s’accumulent, comme la cire, le pollen ou le pain d’abeille.

Repères de lecture

Exposition, toxicité, risque : quelques mots pour lire l’article

Exposition. Une colonie, une abeille ou un riverain est exposé lorsqu’il entre en contact avec une substance : par l’air, les poussières, l’eau, le pollen, le nectar, le pain d’abeille ou la cire. Une exposition documentée ne signifie pas encore qu’un effet nocif soit démontré.

Toxicité. La toxicité décrit la capacité d’une substance à provoquer un effet biologique. Elle dépend de la dose, de la voie d’entrée, de la durée, du stade de vie concerné et parfois d’autres stress présents en même temps.

Risque. Le risque combine la dangerosité d’une substance et l’exposition réelle. Une molécule très toxique mais rarement rencontrée ne pose pas le même problème qu’une molécule moins toxique mais présente longtemps, à répétition ou en mélange.

DL50. La DL50 est la dose qui tue 50 % des individus testés dans un essai donné. Elle est utile pour comparer des toxicités aiguës, mais elle ne dit pas tout : elle ne mesure pas forcément les effets sur l’orientation, le butinage, la longévité, la reproduction ou la dynamique de la colonie.

Effet sublétal. Un effet sublétal ne tue pas immédiatement l’abeille, mais peut modifier son comportement, son développement, son système nerveux, sa physiologie, sa capacité de butinage ou la performance de la colonie.

Dérive. La dérive désigne le transport d’un produit phytosanitaire hors de la zone traitée, par exemple vers une haie, un jardin, une prairie, un point d’eau ou un rucher voisin.

Matrice apicole. Une matrice apicole est un support prélevé dans ou autour de la ruche pour rechercher des résidus : abeilles, pollen, pain d’abeille, cire, miel, larves ou débris de fond de ruche. Chaque matrice renseigne sur une partie différente de l’exposition.

3. Regard critique

La force de cette synthèse est de relier santé humaine, réglementation et abeilles ; sa limite principale est qu’elle mobilise beaucoup de données d’exposition, mais moins de preuves directes d’effets au niveau des colonies.

La principale force de ces deux articles est de dépasser l’opposition simpliste entre « molécule autorisée » et « molécule interdite ». Ils montrent que l’enjeu réel se situe dans l’exposition : dérive, poussières, air intérieur, eau, résidus dans le pollen, cire recyclée, mélanges de substances et calendrier d’application. Pour l’apiculture, cette approche est plus utile qu’une lecture centrée sur un seul produit.

Une autre force est de rappeler que les abeilles ne sont pas seulement exposées dans les grandes cultures attractives. Elles peuvent être en contact avec des résidus via des plantes adventices, des bordures, l’eau collectée, les poussières, les cires, ou des cultures qui ne sont pas toujours considérées comme des ressources majeures. Cette idée est particulièrement importante pour les ruchers placés dans des paysages agricoles mosaïqués.

La première limite est que les deux études françaises mises en avant documentent surtout des expositions. PestRiv ne conclut pas sur le risque sanitaire des riverains ; PestiLoge ne permet pas non plus d’attribuer un effet clinique à une substance donnée. Pour les abeilles, la présence de résidus dans l’environnement ou dans une matrice apicole ne suffit pas, à elle seule, à démontrer une intoxication ou un affaiblissement de colonie.

La deuxième limite concerne la transposition. Les débats sur la loi Duplomb relèvent du contexte français. Le cadre européen influence la Suisse, mais ne s’y applique pas automatiquement de la même manière. En Suisse, les autorisations, restrictions d’usage et conditions d’application doivent être vérifiées dans le registre officiel des produits phytosanitaires au moment de la publication ou de l’usage pratique. Le statut d’une substance peut évoluer rapidement.

La troisième limite est celle des mélanges. Les articles soulignent à juste titre que les colonies rencontrent des cocktails de substances. Mais l’évaluation toxicologique des mélanges reste difficile : les effets peuvent être additifs, synergiques, antagonistes ou simplement inconnus. Le fait qu’un mélange soit détecté ne dit pas encore à quelle dose il agit, ni sur quel stade de l’abeille, ni avec quel effet sur la colonie entière.

Enfin, le cas alsacien cité dans le premier volet est intéressant, mais il reste surtout un témoignage professionnel. Il peut nourrir la réflexion sur l’évolution des pratiques viticoles, mais ne doit pas être présenté comme preuve scientifique d’une baisse généralisée de la mortalité apicole près des vignes.

4. Ce que montrent les autres études proches

Les études proches confirment surtout la réalité des expositions multiples. Les données suisses sont particulièrement utiles pour relier le débat français et européen aux ruchers de nos régions.

Des données suisses sur le pain d’abeille. Schaad et al. ont analysé du pain d’abeille prélevé dans cinq colonies d’un rucher suisse situé en zone agricole. Trente pesticides ont été identifiés, dont vingt-six quantifiés. Parmi les substances retrouvées figuraient notamment l’acétamipride, le thiaclopride, plusieurs fongicides, dont le boscalid, le cyprodinil, le difénoconazole et la trifloxystrobine, ainsi que des herbicides comme le prosulfocarbe et la terbuthylazine. Cette étude ne prouve pas un dommage direct sur les colonies, mais elle confirme que les abeilles peuvent ramener au rucher un mélange de substances agricoles au fil de la saison.

Le pollen peut aussi alimenter la contamination de la cire. Kast, Müller et Fracheboud ont suivi l’entrée temporelle de pesticides par le pollen et leur devenir dans la cire, également dans un environnement agricole suisse. Leur étude montre que plusieurs substances présentes dans le pollen sont ensuite quantifiables dans la cire. Des composés lipophiles peuvent persister lors de la purification et du recyclage. Pour l’apiculteur, ce résultat est important : la cire n’est pas un simple support neutre, mais peut devenir un compartiment d’accumulation.

Le pain d’abeille complète la surveillance des eaux. Stalder et al. proposent d’utiliser le pain d’abeille comme biomarqueur terrestre de l’exposition aux pesticides. Dans deux ruchers suisses, ils détectent une partie des substances recherchées dans le pain d’abeille, avec des profils qui ne recoupent pas toujours ceux observés dans l’eau. Certaines molécules sont mieux captées par les abeilles que par les programmes classiques de surveillance des eaux, notamment lorsque leur comportement environnemental limite leur présence dans les échantillons d’eau.

La cire commerciale suisse contient aussi des résidus. Marti, Kilchenmann et Kast ont analysé des cires gaufrées commerciales suisses. Plusieurs résidus ont été retrouvés, en particulier d’anciens acaricides apicoles comme le coumaphos et le tau-fluvalinate, mais aussi d’autres substances comme le DEET ou le pipéronyl butoxide. Cela rappelle que l’exposition des colonies ne vient pas seulement du paysage agricole : elle peut aussi passer par le matériel apicole, les anciens traitements et le cycle de recyclage de la cire.

Les fongicides ne sont pas toujours bien captés par les tests classiques. Fisher et al. ont testé en colonies de terrain un fongicide largement utilisé, Pristine®, associant boscalid et pyraclostrobine. L’étude rapporte une réduction dose-dépendante de la durée de vie des ouvrières et de la taille de population des colonies, avec des effets observés à des concentrations pertinentes pour certaines situations agricoles. Cette étude ne doit pas être transposée mécaniquement au vignoble suisse, car le contexte porte sur des conditions agricoles spécifiques. Elle soutient néanmoins l’idée que des essais de laboratoire fondés surtout sur la toxicité aiguë peuvent sous-estimer certains effets au niveau de la colonie.

Les mélanges fongicides-insecticides restent une zone sensible. La revue de Schuhmann et al. montre que certains fongicides peuvent augmenter la toxicité de néonicotinoïdes ou de pyréthrinoïdes pour les abeilles, en particulier lorsque les molécules interfèrent avec les systèmes de détoxification. Cette littérature ne permet pas de conclure que tout fongicide est dangereux dans toutes les situations, mais elle justifie de ne plus les considérer comme automatiquement anodins pour les pollinisateurs.

L’acétamipride illustre la limite des seules DL50. Des travaux récents montrent des effets sublétaux de l’acétamipride sur des paramètres neurologiques, physiologiques ou comportementaux chez l’abeille. Mackei et al. rapportent des perturbations du redox dans le cerveau après exposition sublétale ; Shi et al. décrivent des effets sur la durée de vie et le comportement de butinage. Ces résultats restent à interpréter avec prudence pour le rucher : ils ne démontrent pas, à eux seuls, un effondrement de colonie en conditions suisses. Ils montrent surtout que la toxicité aiguë ne résume pas tout le risque.

Les bourdons confirment l’importance d’une évaluation plus large. Nicholson et al. ont suivi 316 colonies de Bombus terrestris sur 106 sites agricoles dans huit pays européens. Les pesticides retrouvés dans le pollen collecté par les bourdons étaient associés à une performance réduite des colonies, surtout dans des paysages simplifiés et intensifs. Cette étude ne porte pas sur l’abeille mellifère, mais elle renforce l’idée que l’évaluation des risques doit aussi considérer les pollinisateurs non-Apis, les paysages et le suivi après autorisation.

Les paysages viticoles et arboricoles alpins donnent des signaux convergents. Dans le Tyrol du Sud, Cech et al. ont étudié la contamination de zones non agricoles proches de vergers et de vignobles. Les mesures de réduction de la dérive semblent avoir diminué certains niveaux de contamination, sans éliminer les risques potentiels pour l’environnement et la santé humaine. Ce contexte n’est pas suisse, mais il est géographiquement et agronomiquement proche de certaines régions alpines à cultures pérennes.

Les eaux suisses racontent une histoire comparable. Moschet et al. ont montré qu’un criblage large des pesticides dans des rivières suisses détecte beaucoup plus de substances que les suivis limités à quelques molécules. Spycher et al. soulignent plus récemment que les stratégies européennes de surveillance des pesticides dans les eaux restent hétérogènes, tandis que la Suisse a développé un lien plus formalisé entre monitoring chimique et régulation. Cela ne remplace pas la surveillance apicole, mais confirme l’importance d’une approche environnementale large.

5. Qu’en retenir au rucher ?

Pour le rucher suisse ou européen tempéré, le message pratique est d’observer, documenter, renouveler la cire et dialoguer avec les exploitants voisins, sans tirer de conclusion trop rapide à partir d’un seul résidu.
  • Un rucher proche de vignes, vergers, cultures maraîchères ou grandes cultures mérite une attention particulière pendant les périodes de traitement. Cela ne signifie pas qu’il faille éviter systématiquement ces emplacements, mais qu’il faut intégrer le risque pesticide dans le choix du site, l’observation des colonies et le dialogue avec les exploitants.
  • La présence de résidus dans le pollen, le pain d’abeille ou la cire doit être interprétée avec prudence. Elle signale une exposition, pas nécessairement une intoxication. En cas de mortalité inhabituelle, il faut confronter les résidus à d’autres signes : mortalité aiguë devant les ruches, comportement anormal, période de traitement, météo, culture voisine et état sanitaire des colonies.
  • La gestion de la cire reste un levier concret. Les études suisses confirment que certaines substances peuvent s’accumuler dans la cire et survivre au recyclage. Le renouvellement régulier des cadres, la séparation des cires douteuses et la prudence avec les cires très anciennes ou fortement contaminées semblent cohérents avec ces résultats.
  • Les fongicides ne doivent pas être ignorés. Même lorsqu’ils ne sont pas conçus pour tuer les insectes, certains peuvent contribuer à des effets sublétaux ou à des interactions avec des insecticides. Cette prudence est surtout importante près de cultures pérennes intensivement traitées.
  • Pour les substances très discutées, comme l’acétamipride, l’apiculteur suisse doit vérifier la situation actuelle dans les registres officiels avant de conclure.
  • En cas de suspicion d’intoxication, il faut documenter rapidement la situation : date, lieu, photos, météo, cultures voisines, produits éventuellement observés, symptômes et évolution des colonies. Le lien pratique est direct avec la feuille de protocole suisse d’intoxication d’abeilles, qui aide à consigner les observations et les prélèvements.

Lire l’étude originale

Kievits J., 2026, « Pesticides, abeilles et santé humaine : des cadres réglementaires en mutation. Partie I, la situation nationale », La Santé de l’Abeille, n° 331, janvier-février 2026, p. 63-74.

Kievits J., 2026, « Pesticides, abeilles et santé humaine : des cadres réglementaires en mutation. Partie II, la situation européenne », La Santé de l’Abeille, n° 333, mai-juin 2026, p. 52-65.

 

Pour aller plus loin sur ApiSavoir

 

Bibliographie

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Nicholson C. C., Knapp J. L., Kiljanek T., Albrecht M., Chauzat M., Costa C., De la Rúa P., Klein A.-M., Mänd M., Potts S. G., Schweiger O., Bottero I., Cini E., de Miranda J. D., Di Prisco G., Dominik C., Hodge S., Kaunath V., Knauer A., Laurent M., Martínez-López V., Mędrzycki P., Pereira-Peixoto M., Raimets R., Schwarz J. M., Senapathi D., Tamburini G., Brown M. J. F., Stout J. C. & Rundlöf M., 2023, « Pesticide use negatively affects bumble bees across European landscapes », Nature, 628, p. 355-358.

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Auteur
Janine KIEVITS
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