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Fourmis au rucher: simple nuisance, biais de diagnostic ou vrai problème?

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En Suisse, la présence de fourmis dans ou sur les ruches est fréquente, mais elle ne correspond généralement pas à l’image d’un ravageur majeur des colonies fortes. Cela ne signifie pas qu’elles soient sans importance: elles peuvent profiter de ressources accessibles, gêner des colonies déjà affaiblies, fausser l’interprétation de la chute naturelle du varroa et participer à l’écologie des agents pathogènes autour du rucher.

1. Des fourmis dans la ruche : faut-il s'inquiéter ?


Objectif
Comprendre pourquoi la présence de fourmis dans ou sur une ruche suscite souvent une inquiétude spontanée, et pourquoi l'état actuel des connaissances invite à une lecture plus nuancée.

La présence de fourmis dans ou sur une ruche suscite souvent une inquiétude spontanée. Elle évoque facilement l'image d'un ravageur, d'un prédateur ou d'un parasite des abeilles. Pourtant, l'état actuel des connaissances invite à une lecture plus nuancée. En Suisse, comme plus largement en Europe tempérée, les données disponibles ne soutiennent pas l'idée que les fourmis constituent un ravageur majeur bien documenté des colonies fortes d'Apis mellifera. La littérature évaluée par les pairs décrit surtout des fourmis présentes sur les ruches, exploitant certaines ressources ou associées à l'écologie des agents pathogènes, mais elle ne fournit pas de preuve solide d'un impact direct quantifié sur la productivité, la survie ou l'affaiblissement de colonies fortes (Dainat et al., 2011 ; Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).

Cette distinction est essentielle. Dire que les fourmis ne sont pas, en Suisse, un problème majeur bien démontré ne revient pas à dire qu'elles sont toujours sans importance. Les observations de terrain et plusieurs travaux empiriques montrent qu'elles peuvent fréquenter les ruches, utiliser certains éléments périphériques comme sites de passage ou d'installation, exploiter des ressources accessibles et interagir avec des agents pathogènes des abeilles (Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025). En revanche, les études européennes disponibles ne montrent pas, à ce jour, de manière rigoureuse et quantifiée, que les fourmis provoquent régulièrement des pertes de couvain, une baisse de productivité, un affaiblissement mesurable ou une mortalité accrue de colonies fortes en conditions tempérées (Tiritelli et al., 2025).

Dans le contexte suisse, les éléments les mieux étayés concernent surtout des effets indirects ou contextuels. Le plus solide sur le plan pratique est probablement le biais qu'elles peuvent introduire dans l'interprétation de la chute naturelle du varroa : en retirant des acariens tombés sur le plateau, elles peuvent conduire à une sous-estimation du niveau d'infestation observé (Dainat et al., 2011). Par ailleurs, plusieurs travaux montrent que des fourmis associées aux ruches peuvent porter des virus d'abeilles, et parfois en permettre la réplication. Cela les inscrit clairement dans l'écologie sanitaire du rucher, même si leur rôle exact dans une transmission de retour vers les abeilles n'est pas encore démontré de manière causale dans des conditions comparables à celles de la Suisse (Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).

Le cas des fourmis du genre Lasius illustre bien cette nuance. En Suisse, Lasius platythorax a été collectée directement sur des ruches, et des travaux expérimentaux ont montré que des Lasius pouvaient acquérir certains virus d'abeilles par voie alimentaire ; pour le virus de la paralysie aiguë de l'abeille (Acute bee paralysis virus, ABPV), une réplication a même été mise en évidence chez ces fourmis (Schläppi et al., 2020). Autrement dit, les fourmis présentes au rucher ne sont pas de simples figurantes sans intérêt biologique. Mais l'importance pratique de ces espèces comme pilleuses de ressources ou comme facteur direct d'affaiblissement des colonies reste encore mal quantifiée en Europe tempérée (Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).

Il faut aussi éviter l'erreur inverse, qui consisterait à conclure que les fourmis ne peuvent jamais représenter un problème réel. Dans d'autres régions du monde, en particulier dans des systèmes dominés par des espèces invasives comme Linepithema humile ou Nylanderia fulva, des interactions beaucoup plus marquées ont été observées : exploitation intense des ressources sucrées, stress accru des colonies, hausse des charges virales chez les abeilles et, dans certains cas, abandon de la ruche (Dobelmann et al., 2023 ; Payne et al., 2020). Mais ces situations reposent sur d'autres espèces, d'autres densités et d'autres contextes écologiques ; elles ne peuvent donc pas être transposées automatiquement aux ruchers suisses.

La bonne question n'est donc pas simplement : « Y a-t-il des fourmis dans la ruche ? » Elle est plutôt : que viennent-elles y chercher, que sait-on vraiment de leurs effets en Suisse, et dans quels cas leur présence devient-elle pratiquement ou biologiquement pertinente ? C'est à cette question que cet article tente de répondre. Son objectif n'est ni de banaliser la présence des fourmis, ni de la dramatiser, mais de distinguer ce qui est bien établi, ce qui reste plausible sans être démontré, et ce qui relève encore d'une véritable lacune de recherche (Dainat et al., 2011 ; Dobelmann et al., 2023 ; Payne et al., 2020 ; Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).


2. Pourquoi les fourmis viennent-elles au rucher ?


Objectif
Comprendre ce qui attire les fourmis au rucher : ressources accessibles et micro-habitats favorables, plutôt qu'une attaque dirigée contre les abeilles.

Lorsqu'on observe des fourmis dans ou sur une ruche, il est tentant d'y voir d'emblée une attaque dirigée contre les abeilles. La littérature disponible conduit pourtant à une lecture plus simple et plus plausible : les fourmis semblent avant tout attirées par des ressources accessibles et par des micro-habitats favorables. Dans les études européennes disponibles, elles sont surtout décrites sur les couvre-cadres, à proximité des entrées, dans des éléments périphériques de la ruche ou dans des zones où elles peuvent profiter à la fois d'une source de nourriture et d'un environnement relativement stable (Tiritelli et al., 2025).

Le premier facteur d'attraction paraît être la nourriture. Les observations de rucher montrent que les fourmis peuvent exploiter différentes ressources disponibles autour des colonies : substances sucrées, miel, nectar, sirop, pollen, abeilles mortes et, dans certains cas, couvain ou autres matières organiques présentes dans l'environnement de la ruche (Payne et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025). Les auteurs rappellent que de nombreuses espèces de fourmis fréquentant les ruches ont un régime alimentaire généraliste, volontiers tourné vers les substances sucrées et d'autres ressources faciles à exploiter. Les ruches offrent donc, du point de vue d'une fourmi, un environnement potentiellement riche en nourriture, même si l'importance quantitative réelle de cette exploitation n'a pas encore été mesurée en Europe tempérée (Tiritelli et al., 2025).

Le second facteur d'attraction concerne le micro-habitat. Les fourmis ne viennent pas seulement chercher une ressource ponctuelle : elles peuvent aussi tirer parti des conditions offertes par certains éléments de la ruche. Tiritelli et al. (2025) proposent ainsi que les ruches puissent fournir des conditions microclimatiques relativement stables, ainsi qu'une forme de protection indirecte contre certains prédateurs ou perturbations extérieures. Cette hypothèse est cohérente avec des observations répétées de fourmis installées sur les couvre-cadres, dans des interstices ou dans d'autres parties périphériques de la ruche. Elle est aussi compatible avec des travaux plus généraux sur l'écologie des fourmis, qui montrent que le choix des sites de nidification et l'architecture des nids répondent fortement aux contraintes thermiques et microclimatiques (Sankovitz & Purcell, 2021). Il faut toutefois souligner que, dans le cas des ruches d'abeilles, ces mécanismes restent surtout déduits d'observations et de l'écologie générale des fourmis, plutôt que démontrés par des expériences ciblées au rucher.

Les observations faites hors d'Europe vont dans le même sens et permettent de mieux visualiser les mécanismes possibles. Dans les ruchers étudiés au Texas, Payne et al. (2020) ont observé des fourmis en train de piller des ressources sucrées directement dans les ruches ou dans les nourrisseurs, de prélever du pollen, de consommer des abeilles mortes, d'attaquer du couvain et de s'installer entre le toit et le couvre-cadre, dans le bois de la ruche ou sous des objets posés sur celle-ci. Ces données proviennent d'un autre contexte écologique, avec d'autres espèces de fourmis et parfois des espèces invasives, si bien qu'elles ne doivent pas être transposées directement à la Suisse. Elles restent néanmoins utiles pour comprendre pourquoi une ruche peut représenter, pour une fourmi, à la fois une source de nourriture et un site d'installation opportuniste (Payne et al., 2020).

À ce stade, la conclusion la plus solide est donc la suivante : les fourmis semblent venir au rucher moins pour « attaquer les abeilles » que pour exploiter une combinaison de ressources et de conditions favorables. Les substances sucrées jouent probablement un rôle central, ce qui est cohérent avec l'écologie alimentaire de nombreuses fourmis, largement orientée vers les glucides liquides et autres ressources énergétiques facilement accessibles (Lanan, 2014). En parallèle, certains éléments périphériques de la ruche peuvent offrir des conditions physiques attractives pour des fourmis à la recherche d'un site relativement protégé et thermiquement favorable (Sankovitz & Purcell, 2021 ; Tiritelli et al., 2025). Mais il faut être clair sur le niveau de preuve : dans le contexte apicole européen, ces facteurs sont aujourd'hui fortement suggérés, non expérimentalement démontrés à l'échelle de la ruche.

Cette précision est importante pour la suite de l'article. Si les fourmis sont attirées d'abord par des ressources accessibles et par des micro-habitats favorables, alors leur présence au rucher doit être interprétée en priorité comme un phénomène opportuniste. Cela explique aussi pourquoi certaines mesures de bon sens apicole --- propreté du nourrissement, limitation des coulures de sirop, réduction des abris inutiles, attention portée aux éléments périphériques de la ruche --- paraissent biologiquement pertinentes, même si elles ont encore été peu testées de manière expérimentale directement sur des ruches d'abeilles (Dainat et al., 2011 ; Thornley et al., 2024 ; Tiritelli et al., 2025).


3. Ce que l'on sait vraiment en Suisse


Objectif
Présenter ce que les données suisses et européennes montrent réellement : biais de diagnostic du varroa, rôle dans l'écologie des virus, mais absence de preuve d'un affaiblissement direct quantifié des colonies fortes.

Lorsqu'on se limite strictement au contexte suisse, le tableau qui se dessine est à la fois intéressant et relativement sobre. Les fourmis au rucher y sont bien documentées, mais les données les plus solides ne soutiennent pas l'image d'un ravageur majeur des colonies fortes d'Apis mellifera. Les travaux suisses et, plus largement, la littérature européenne évaluée par les pairs montrent surtout quatre choses : les fourmis sont fréquentes au rucher, certaines sont étroitement associées aux ruches, elles peuvent fausser le comptage de la chute naturelle du varroa, et elles participent à l'écologie des virus d'abeilles. En revanche, il n'existe pas, à ce jour, de base empirique robuste montrant qu'elles provoquent régulièrement en Suisse un affaiblissement direct, quantifié, de colonies fortes et saines (Dainat et al., 2011 ; Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).

Un premier constat concerne la fréquence de leur présence. En Suisse romande, l'enquête exploratoire de Huber suggère que les fourmis sont courantes dans ou sur les ruches, en particulier dans des zones périphériques comme le couvre-cadre, le toit et le tiroir. Cette source est utile pour décrire la réalité de terrain et rappeler que la présence de fourmis n'est nullement exceptionnelle au rucher. Il faut toutefois garder à l'esprit qu'il s'agit d'un travail descriptif non standardisé, dont l'auteur lui-même souligne les limites méthodologiques. Autrement dit, Huber renseigne bien la pratique apicole suisse, mais ne constitue pas à lui seul une démonstration scientifique d'impact biologique ou économique sur les colonies (Huber, 2024).

Le point le mieux démontré expérimentalement en Suisse concerne le diagnostic du varroa. Dainat et al. (2011) ont montré que des fourmis présentes sur les supports de ruches peuvent retirer des varroas tombés sur les plateaux de fond, ce qui conduit à des comptages artificiellement plus faibles. Dans leur essai, les colonies protégées par des barrières physiques contre les fourmis présentaient des comptages de varroas mieux concordants avec les estimations de l'infestation phorétique. En pratique, cela signifie que la présence de fourmis peut biaiser l'interprétation de la chute naturelle, non parce qu'elle modifie directement l'infestation réelle, mais parce qu'elle modifie ce que l'apiculteur observe sur le plateau (Dainat et al., 2011).

Le deuxième domaine solidement documenté en Suisse touche à la question des agents pathogènes, et plus particulièrement au genre Lasius. Schläppi et al. (2020) ont montré, dans un rucher suisse, que des fourmis associées aux ruches --- identifiées sur le terrain comme Lasius platythorax et testées expérimentalement avec Lasius niger --- pouvaient acquérir des virus d'abeilles par voie alimentaire. Dans leur système expérimental, le virus des ailes déformées (Deformed wing virus, DWV) et l'ABPV étaient détectés chez les fourmis, mais seul l'ABPV montrait des signes de réplication, accompagnés de symptômes cliniques chez les fourmis. De plus, tous les échantillons de Lasius platythorax prélevés sur le rucher portaient l'ABPV ainsi que le DWV-A et le DWV-B, avec détection du brin négatif de l'ABPV. En Suisse, Lasius apparaît donc comme le meilleur exemple documenté de fourmis étroitement associées aux ruches et biologiquement pertinentes du point de vue virologique. En revanche, cette étude ne mesurait ni perte de couvain, ni baisse de production, ni survie des colonies, ni autre indicateur direct de dommage à l'échelle de la colonie d'abeilles (Schläppi et al., 2020). Il faut souligner ici une limite importante : les données suisses les mieux documentées concernent des espèces du genre Lasius ; d'autres genres sont présents aux ruchers suisses (notamment Formica, Myrmica, Tetramorium), mais leur importance pratique dans ce contexte est beaucoup moins étudiée. Les constats sur Lasius ne peuvent donc pas être automatiquement généralisés à l'ensemble des fourmis présentes au rucher.

C'est ici que la prudence d'interprétation est essentielle. Ce que montrent bien les données suisses, c'est que les fourmis ne sont ni de simples détails anecdotiques ni, à l'inverse, un ravageur majeur solidement démontré. Elles sont surtout un phénomène opportuniste et contextuel : elles fréquentent les ruches, peuvent tirer parti de certaines ressources ou de certains micro-habitats, faussent parfois un diagnostic apicole important, et s'inscrivent dans le paysage sanitaire du rucher. Ce que les données suisses ne montrent pas, en revanche, c'est qu'elles affaiblissent de façon régulière et quantifiable des colonies fortes. La littérature européenne va globalement dans le même sens : elle documente surtout la présence des fourmis sur les ruches, leur interface avec les agents pathogènes et leur intérêt pour certaines ressources, mais pas un effet direct quantifié sur la performance ou la survie des colonies (Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).

La formulation la plus juste, à ce stade, est donc probablement la suivante : en Suisse, les fourmis au rucher sont bien réelles et parfois biologiquement pertinentes, mais leur importance pratique comme facteur direct d'affaiblissement des colonies reste mal quantifiée. Cela justifie une vigilance apicole raisonnable --- en particulier pour le suivi du varroa et la lecture des questions sanitaires --- sans pour autant soutenir une vision dramatisée des fourmis comme ravageur majeur des colonies fortes (Dainat et al., 2011 ; Huber, 2024 ; Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).


4. Pathogènes : une question importante, mais encore incomplètement résolue


Objectif
Distinguer avec précision les quatre niveaux d'interaction fourmis-pathogènes : portage, réplication virale, rôle de réservoir, et transmission vers les abeilles — en indiquant ce qui est démontré et ce qui reste incertain.

La question des agents pathogènes est probablement l'aspect le plus biologiquement intéressant des interactions entre fourmis et ruches. Elle impose toutefois une grande précision de langage. En effet, plusieurs études montrent aujourd'hui que des fourmis associées aux ruches peuvent porter des virus d'abeilles, et parfois même en permettre la réplication. Mais cela ne signifie pas encore que leur rôle comme vecteurs vers les abeilles soit clairement démontré dans les conditions qui nous intéressent ici. Pour interpréter correctement la littérature, il faut donc distinguer quatre niveaux : le portage d'agents pathogènes, la réplication virale chez la fourmi, un rôle possible de réservoir, et enfin une transmission de retour vers les abeilles avec effet mesuré chez celles-ci (Dobelmann et al., 2023 ; Payne et al., 2020 ; Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).

Le premier niveau, aujourd'hui bien établi, est celui du portage. Dans plusieurs systèmes, des fourmis associées aux ruches portent fréquemment des virus connus chez l'abeille domestique. En Italie, Tiritelli et al. (2025) ont mis en évidence chez des fourmis nichant dans ou sur des ruches plusieurs pathogènes d'abeilles, notamment le DWV, le virus des cellules royales noires (Black queen cell virus, BQCV) et le virus de la paralysie chronique (Chronic bee paralysis virus, CBPV), avec des fréquences de détection élevées chez les adultes et, pour certains, aussi dans le couvain des fourmis. Aux États-Unis, Payne et al. (2020) ont trouvé au moins un virus d'abeilles dans 89 % des échantillons de fourmis collectés dans ou à proximité des ruchers, contre 15 % seulement dans des sites sans ruches. En Suisse, Schläppi et al. (2020) ont montré que des fourmis du genre Lasius prélevées sur un rucher portaient elles aussi plusieurs virus associés aux abeilles. À ce stade, on peut donc affirmer sans grande hésitation que les fourmis associées aux ruches font bien partie de l'environnement dans lequel circulent des agents pathogènes des abeilles.

Le deuxième niveau est biologiquement plus fort : il concerne la réplication du virus chez la fourmi. Ici, les fourmis ne sont plus seulement des organismes souillés par contact avec des ressources infectées ; elles deviennent, pour certains virus au moins, de véritables hôtes biologiques. C'est précisément ce qu'illustre l'étude suisse de Schläppi et al. (2020). Dans leur expérimentation, Lasius niger acquérait le DWV et l'ABPV après ingestion de matériel infecté, mais seul l'ABPV montrait des signes de réplication, accompagnés de symptômes cliniques chez les fourmis. Sur le terrain, tous les échantillons de Lasius platythorax prélevés au rucher portaient l'ABPV ainsi que le DWV-A et le DWV-B, et l'ABPV y présentait également des indices de réplication. En Italie, Tiritelli et al. (2025) vont plus loin encore en rapportant, pour plusieurs virus, des signaux de réplication dans les fourmis adultes et dans leur couvain. Ces résultats conduisent à une conclusion importante : selon les espèces de fourmis et selon les virus considérés, les fourmis ne sont pas toujours de simples porteuses passives ; elles peuvent aussi agir comme hôtes biologiques.

Le troisième niveau est celui du réservoir. Ici, la question n'est plus seulement de savoir si un virus peut se retrouver ou se répliquer dans une fourmi, mais s'il peut s'y maintenir dans le temps et faire des colonies de fourmis un compartiment biologique durable de la circulation virale. Les résultats disponibles vont dans ce sens pour certains systèmes, même si leur portée pratique reste encore difficile à quantifier au rucher. Les travaux de Schläppi et al. (2020) soutiennent déjà cette idée pour l'ABPV chez Lasius, tandis que Tiritelli et al. (2025) interprètent la forte prévalence et la réplication de plusieurs pathogènes dans des fourmis nichant sur les ruches comme compatibles avec un rôle de réservoir et de vecteur potentiel. Cette hypothèse reste plausible mais non encore démontrée au sens épidémiologique strict. Ces résultats rendent difficile de considérer les fourmis comme de simples visiteurs fortuits, même si l'importance épidémiologique précise de leur rôle reste encore à établir.

Le quatrième niveau --- et le plus délicat --- concerne une transmission de retour vers les abeilles, avec un effet mesurable du côté des colonies. C'est ici que la prudence doit être maximale. À ce jour, la littérature ne démontre pas encore, de manière directe et causale, qu'une fourmi infectée transmet ensuite un virus à des abeilles dans une expérience contrôlée où l'on suivrait l'infection et ses conséquences chez les abeilles. Le système le plus convaincant à ce jour est celui de la fourmi d'Argentine (Linepithema humile) en Nouvelle-Zélande : Dobelmann et al. (2023) ont montré que la présence de cette espèce invasive autour des ruches était associée à des charges virales plus élevées en DWV et en BQCV chez les abeilles, ainsi qu'à des signes de stress de la colonie. Ce résultat est très important, mais il ne permet pas encore de trancher complètement entre plusieurs mécanismes possibles. La transmission de retour est donc plausible, parfois suggérée, mais pas encore démontrée de manière pleinement causale dans des conditions comparables à celles du rucher suisse (Dobelmann et al., 2023).

La formulation la plus juste est plus nuancée : les fourmis associées aux ruches portent fréquemment plusieurs virus d'abeilles ; dans plusieurs systèmes, elles peuvent aussi héberger et parfois répliquer certains de ces virus ; en revanche, leur rôle exact dans la transmission de retour vers les abeilles, et surtout son importance pratique pour les colonies en Suisse, reste encore incertain (Dobelmann et al., 2023 ; Payne et al., 2020 ; Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025). Au vu des travaux disponibles, les fourmis ne sont pas seulement des visiteurs banals du rucher ; elles peuvent participer à la circulation et, selon les systèmes, à la maintenance de certains virus dans l'environnement immédiat des colonies. Ce point justifie une vigilance scientifique et pratique, mais non une dramatisation simpliste (Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).


5. Pourquoi d'autres régions du monde connaissent des problèmes plus graves


Objectif
Expliquer pourquoi certaines situations hors de Suisse sont plus préoccupantes, et montrer que ces cas — liés à des espèces invasives dans d'autres contextes écologiques — ne sont pas directement transposables au rucher suisse.

Si la situation apparaît relativement peu dramatique en Suisse, cela ne signifie pas que les fourmis soient partout anodines pour les abeilles. La littérature internationale montre au contraire que, dans certains contextes, elles peuvent devenir un problème réel pour les colonies d'Apis mellifera. Mais ce point doit être formulé avec précision : les cas les mieux documentés concernent surtout des espèces invasives ou particulièrement dominantes, dans des systèmes où les densités de fourmis sont élevées et où la pression sur les ruches peut devenir constante (Dobelmann et al., 2023 ; Payne et al., 2020).

Le cas le mieux documenté dans un climat tempéré est celui de la fourmi d'Argentine (Linepithema humile) en Nouvelle-Zélande. Dans cette étude, des ruches ont été placées dans des sites avec ou sans présence de fourmis d'Argentine. Les colonies exposées présentaient des charges virales plus élevées en DWV et en BQCV, ainsi que des signes de stress accru. En revanche, l'étude n'a pas montré d'augmentation significative de la mortalité des colonies sur la durée observée. Ce résultat est important, car il montre qu'un effet biologiquement sérieux peut exister sans provoquer immédiatement un effondrement visible de la colonie (Dobelmann et al., 2023).

Un autre type de situation problématique est illustré par les observations menées dans des ruchers du sud des États-Unis. Payne et al. (2020) y ont décrit des fourmis appartenant à quatorze genres différents, avec comme interaction la plus fréquente le pillage de ressources sucrées à l'intérieur des ruches ou dans les nourrisseurs. Les auteurs rapportent aussi du prélèvement de pollen, de la consommation d'abeilles mortes, des attaques sur le couvain et l'occupation de certaines parties de la ruche. Dans deux ruchers, des colonies ont même abandonné leur ruche à la suite d'un pillage massif attribué à des fourmis très abondantes, notamment Nylanderia fulva et Linepithema humile. Ces données montrent néanmoins qu'à très forte densité, certaines fourmis peuvent dépasser le simple statut de visiteuses opportunistes (Payne et al., 2020).

Des enquêtes menées dans d'autres contextes apicoles suggèrent également une association entre présence de fourmis et pertes plus élevées, mais ces données restent difficiles à interpréter et peu transposables au contexte suisse (De Freitas et al., 2023).

Ces études permettent d'établir un point important : oui, il existe des systèmes où les fourmis constituent un vrai problème pour les colonies d'abeilles. Mais ces situations concernent souvent des espèces invasives ou très agressives dans des contextes climatiques et écologiques différents de ceux des ruchers suisses. Le contraste international ne remet donc pas en cause une lecture apaisée du cas suisse ; il permet au contraire de mieux la justifier. Il montre que le niveau de risque dépend fortement des espèces concernées et du contexte écologique (Dobelmann et al., 2023 ; Payne et al., 2020).


6. Que faire en pratique ?


Objectif
Présenter les mesures pratiques proportionnées et non chimiques recommandées au rucher suisse : observation, réduction des ressources attractives, barrières physiques, vigilance lors du suivi du varroa.

Face aux fourmis, la réponse la plus appropriée au rucher n'est généralement ni la panique ni la lutte chimique, mais une gestion proportionnée et réfléchie. Il faut toutefois être clair sur le niveau de preuve disponible. Les mesures pratiques recommandées aujourd'hui reposent sur un mélange d'expérience apicole, de plausibilité biologique et, dans un nombre encore très limité de cas, de données expérimentales directes. À ce jour, la littérature évaluée par les pairs offre très peu d'essais spécifiquement consacrés à la gestion non chimique des fourmis sur des ruches d'Apis mellifera. L'exception la mieux documentée concerne l'exclusion physique des fourmis pour améliorer la fiabilité du comptage de la chute naturelle du varroa (Dainat et al., 2011). Pour le reste, les recommandations relèvent surtout du bon sens apicole et d'une logique écologique cohérente, mais encore peu testée directement au rucher (Thornley et al., 2024).

Encadré – Fourmis au rucher : que faire en pratique ?

Observer avant d’agir. La présence de quelques fourmis sur ou dans une ruche ne signifie pas automatiquement qu’un problème grave est en cours. Il faut d’abord vérifier si elles exploitent réellement une ressource accessible, si elles s’installent durablement, ou si elles gênent un suivi sanitaire.

Réduire ce qui les attire et soigner le nourrissement. Éviter les coulures de sirop, les restes de nourrissement, le candi accessible à l’extérieur et les éléments souillés. Un nourrissement propre et bien maîtrisé réduit fortement l’attractivité du rucher.

Limiter l’accès par des moyens mécaniques. Des barrières physiques au niveau des supports de ruche peuvent réduire l’accès des fourmis. C’est la mesure la mieux documentée, en particulier pour éviter qu’elles ne biaisent le comptage de la chute naturelle du varroa.

Interpréter avec prudence la chute naturelle du varroa. Si des fourmis fréquentent le plateau de fond, elles peuvent emporter des varroas tombés et conduire à une sous-estimation du niveau réel d’infestation.

Chercher la cause du problème, pas seulement les fourmis. Corriger les facteurs rendant la ruche ou le rucher attractifs est souvent plus utile que de se focaliser uniquement sur les fourmis.

Éviter absolument les insecticides au rucher. La lutte chimique contre les fourmis à proximité des abeilles est à proscrire. Elle peut représenter un risque bien plus sérieux pour les colonies que les fourmis elles-mêmes.

La première règle est donc d'observer avant d'agir. Une note saisonnière s'impose d'emblée : la présence des fourmis est surtout pertinente durant les périodes chaudes et lors des nourrissements ; elle tend à devenir marginale en hiver, lorsque les fourmis sont inactives. Quelques fourmis sous un toit, sur un couvre-cadre ou sur un tiroir en été ne signifient pas automatiquement qu'un problème grave est en cours. L'intervention devient plus pertinente lorsqu'on observe une fréquentation importante et répétée, un accès manifeste à une source de nourriture, une installation durable dans certaines parties de la ruche, ou encore une gêne dans un contexte déjà fragile (Service sanitaire apicole, 2024).

La deuxième mesure consiste à réduire l'attractivité du rucher. C'est probablement la recommandation la plus intuitive, et aussi l'une des plus plausibles biologiquement. En pratique, cela signifie nourrir proprement, éviter les coulures de sirop, ne pas laisser de candi ou de restes de nourriture accessibles à l'extérieur, retirer les résidus attirants, nettoyer les éléments souillés et éviter de transformer certaines parties de la ruche en refuge stable (Service sanitaire apicole, 2024 ; Tiritelli et al., 2025).

La troisième piste est de limiter physiquement l'accès des fourmis. C'est ici que l'on dispose du meilleur ancrage expérimental. En Suisse, Dainat et al. (2011) ont montré qu'un système de supports de ruches dont les pieds reposaient dans des récipients remplis d'eau réduisait fortement l'accès des fourmis aux plateaux de fond. Il faut bien le formuler : cette étude démontre l'intérêt de barrières physiques pour prévenir un biais de diagnostic, non pour prouver que ces barrières protègent directement les colonies contre une perte de production ou un affaiblissement mesurable. Elle n'en fournit pas moins un principe pratique solide : lorsqu'un accès des fourmis pose problème, les barrières physiques au niveau des supports de ruche sont une option rationnelle et documentée (Dainat et al., 2011).

Un exemple tiré d'un contexte très différent illustre un mécanisme analogue, sans pouvoir être transposé directement à la Suisse. Thornley et al. (2024) ont travaillé dans le cadre spécifique de ruches utilisées comme barrières anti-éléphants en Afrique sub-saharienne, avec des colonies d'Apis mellifera scutellata et des espèces de fourmis locales dominantes. Ils ont montré que des modifications du placement et de la conception des nourrisseurs réduisaient fortement l'accès des fourmis à la ressource. Cet exemple rappelle surtout que l'architecture d'un dispositif peut modifier l'accès des fourmis à une ressource, sans constituer pour autant une preuve directement transposable au rucher suisse. Il suggère néanmoins la pertinence pratique de mesures similaires : soigner l'implantation des ruches, éviter les ponts végétaux ou matériels facilitant l'accès, et porter une attention particulière à la propreté et à la disposition des nourrisseurs (Thornley et al., 2024).

Une vigilance particulière s'impose lors du suivi du varroa. C'est probablement le point pratique le plus important et le mieux étayé scientifiquement. Si des fourmis fréquentent le plateau de fond, les comptages de chute naturelle peuvent être artificiellement abaissés. Dans ce cas, il convient d'interpréter les résultats avec prudence et, si nécessaire, de protéger le dispositif de comptage contre l'accès des fourmis. L'enjeu est ici un risque concret de sous-estimation de la pression parasitaire, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la décision de traitement (Dainat et al., 2011 ; Service sanitaire apicole, 2024).

Il faut aussi rappeler que la présence des fourmis peut parfois être moins un problème autonome qu'un indicateur de contexte. Une ruche déjà affaiblie est vraisemblablement moins capable d'absorber une pression supplémentaire, même opportuniste ; cette idée reste toutefois biologiquement plausible plutôt que directement démontrée pour les fourmis. Dans ce cas, la stratégie la plus utile n'est pas forcément de se concentrer d'abord sur les fourmis elles-mêmes, mais de corriger les conditions qui rendent la ruche ou le rucher attractifs (Service sanitaire apicole, 2024).

Enfin, le message pratique le plus clair est sans doute le suivant : il ne faut pas utiliser d'insecticides ou d'appâts toxiques contre les fourmis au rucher. Cette recommandation relève à la fois du bon sens apicole et de la sécurité sanitaire. Les sources suisses signalent même des cas graves d'intoxication de colonies liés à l'usage de biocides contre les fourmis à proximité des abeilles (Service sanitaire apicole, 2024 ; Tschuy, 2020). Le rapport bénéfice-risque est ici défavorable : une lutte chimique mal placée peut créer pour les abeilles un danger nettement plus sérieux que celui que l'on prétend éviter.

À retenir : au rucher suisse, les fourmis relèvent le plus souvent d'un problème opportuniste et contextuel. La réponse la plus appropriée est généralement une gestion propre, mécanique et proportionnée, non une lutte chimique.


7. Conclusion : nuisance limitée, vigilance ciblée


Objectif
Synthétiser les conclusions de l'article : ni ravageur majeur, ni non-sujet — une position intermédiaire fidèle à la littérature disponible, fondée sur une vigilance proportionnée et non chimique.

Au rucher suisse, les fourmis ne constituent pas, à l'état actuel des connaissances, un ravageur majeur bien documenté des colonies fortes d'Apis mellifera. Les données disponibles montrent surtout qu'elles peuvent fausser le comptage de la chute naturelle du varroa et s'inscrire dans l'écologie des agents pathogènes autour du rucher. Leur capacité à porter et parfois à répliquer des virus d'abeilles est bien documentée, mais leur rôle exact dans une transmission de retour vers les abeilles reste encore incomplètement résolu (Dainat et al., 2011 ; Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).

L'absence de preuve solide d'un dommage direct quantifié n'est pas une preuve d'innocuité absolue. Elle signifie surtout que, dans le contexte européen, la question a été peu étudiée sous l'angle de la performance des colonies. Cette lacune justifie une prudence dans les deux sens : il ne serait pas justifié de dramatiser les fourmis comme un ennemi majeur, mais il serait également imprudent de les considérer comme totalement sans intérêt biologique ou pratique (Payne et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).

Oui, certaines études menées ailleurs dans le monde montrent que des espèces invasives à forte densité, comme Linepithema humile ou Nylanderia fulva, peuvent devenir un vrai problème pour les colonies. Mais ces situations ne peuvent pas être transposées automatiquement à la Suisse. Le fait qu'il existe ailleurs des systèmes problématiques ne contredit pas une lecture apaisée du cas suisse ; il la rend au contraire plus rigoureuse, en montrant que le niveau de risque dépend fortement du contexte (Dobelmann et al., 2023 ; Payne et al., 2020).

Au rucher suisse, les fourmis ne sont généralement ni un ravageur majeur des colonies fortes, ni un non-sujet. Elles relèvent surtout d'un phénomène opportuniste, d'un facteur de nuisance possible, d'un biais diagnostique potentiel et d'un élément de l'écologie des agents pathogènes autour des ruches. C'est précisément cette position intermédiaire --- ni alarmiste, ni désinvolte --- qui paraît aujourd'hui la plus fidèle à la littérature disponible (Dainat et al., 2011 ; Schläppi et al., 2020 ; Tiritelli et al., 2025).


Voir aussi :


Bibliographie

Dainat, B., Kuhn, R., Cherix, D., & Neumann, P. (2011). A scientific note on the ant pitfall for quantitative diagnosis of Varroa destructor. Apidologie, 42(6), 740–742. https://doi.org/10.1007/s13592-011-0071-3

De Freitas, C. D., Oki, Y., Resende, F., Zamudio, F., De Freitas, G., De Rezende, K., De Souza, F., De Jong, D., Quesada, M., Carvalho, A., Pires, C., & Fernandes, G. (2023). Impacts of pests and diseases on the decline of managed bees in Brazil: A beekeeper perspective. Journal of Apicultural Research, 62(5), 969–982. https://doi.org/10.1080/00218839.2022.2099188

Dobelmann, J., Felden, A., & Lester, P. J. (2023). An invasive ant increases deformed wing virus loads in honey bees. Biology Letters, 19(1), Article 20220416. https://doi.org/10.1098/rsbl.2022.0416

Huber, M. (2024). Étude sur les fourmis dans les ruches en Suisse romande. Revue suisse d'apiculture, 145(1–2), 83–88. https://www.e-periodica.ch/digbib/view?lang=fr&pid=api-005%3A2024%3A145%3A%3A88

Lanan, M. (2014). Spatiotemporal resource distribution and foraging strategies of ants (Hymenoptera: Formicidae). Myrmecological News, 20, 53–70.

Payne, A. N., Shepherd, T. F., & Rangel, J. (2020). The detection of honey bee (Apis mellifera)-associated viruses in ants. Scientific Reports, 10, Article 2923. https://doi.org/10.1038/s41598-020-59712-x

Sankovitz, M., & Purcell, J. (2021). Ant nest architecture is shaped by local adaptation and plastic response to temperature. Scientific Reports, 11, Article 21363. https://doi.org/10.1038/s41598-021-02491-w

Schläppi, D., Chejanovsky, N., Yañez, O., & Neumann, P. (2020). Foodborne transmission and clinical symptoms of honey bee viruses in ants Lasius spp. Viruses, 12(3), Article 321. https://doi.org/10.3390/v12030321

Service sanitaire apicole. (2024). 3.4. Faune au rucher (V 2410). https://abeilles.ch/wp-content/uploads/sites/7/2023/05/3.4_faune_au_rucher.pdf

Thornley, R., Cook, R., Spencer, M., Parr, C. L., & Henley, M. D. (2024). Interspecific competition between ants and African honeybees (Apis mellifera scutellata) may undermine the effectiveness of elephant beehive-deterrents in Africa. Conservation Science and Practice, 6(1), e13041. https://doi.org/10.1111/csp2.13041

Tiritelli, R., Giannetti, D., Schifani, E., Grasso, D. A., & Cilia, G. (2025). Neighbors sharing pathogens: The intricate relationship between Apis mellifera and ants (Hymenoptera: Formicidae) nesting in hives. Insect Science, 32(3), 943–956. https://doi.org/10.1111/1744-7917.13433

Tschuy, M. (2020). Des abeilles et des fourmis : Que faire quand les fourmis envahissent le rucher ? Revue suisse d'apiculture, 141(1–2), 30–31. https://doi.org/10.5169/seals-1068268


Abréviations

ABPV : Acute bee paralysis virus (virus de la paralysie aiguë de l'abeille)
BQCV : Black queen cell virus (virus des cellules royales noires)
CBPV : Chronic bee paralysis virus (virus de la paralysie chronique)
DWV : Deformed wing virus (virus des ailes déformées)
DWV-A : Variante A du Deformed wing virus
DWV-B : Variante B du Deformed wing virus
SSA : Service sanitaire apicole

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