Dérive et réinfestation : pourquoi l’organisation du rucher compte contre varroa

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© Mjucha
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Des ruches trop serrées ne posent pas seulement un problème d’organisation du rucher : elles peuvent aussi favoriser la dérive des abeilles et la circulation du varroa entre colonies. Cette étude de Seeley et Smith montre comment l’espacement, le pillage et la réinfestation peuvent influencer la survie hivernale. Pour l’apiculteur, le message est pratique : mieux organiser le rucher aide à réduire un risque, mais ne remplace jamais un suivi varroa rigoureux.
1. L’essentiel en bref
- Des ruches proches, alignées et très semblables favorisent la dérive des abeilles.
- Cette dérive peut faciliter la circulation du varroa entre colonies.
- L’essaimage réduit parfois temporairement l’infestation, mais cet avantage peut disparaître en rucher dense.
- La fin d’été reste le moment critique : varroa menace directement les abeilles d’hiver.
- Au rucher, l’enjeu est de limiter dérive, pillage et réinfestation, sans remplacer le concept varroa.
2. Ce que montre l’étude
Fig: Carte du site d’étude montrant l’emplacement des 24 colonies étudiées : 12 ruches dans le rucher (indiquées par la rangée de carrés blancs) et 12 ruches dans et autour du champ (indiquées par les carrés noirs entourés de cercles). |
Cette étude teste expérimentalement une question très concrète : la concentration des colonies dans un même rucher facilite-t-elle la circulation du varroa entre colonies ? |
Question. Seeley et Smith cherchent à savoir si le fait de regrouper des colonies en rucher augmente leur vulnérabilité à Varroa destructor. Leur hypothèse est simple : lorsque les ruches sont proches, semblables et orientées de la même manière, les erreurs de retour à la ruche — la dérive — peuvent favoriser le passage d’acariens et de virus d’une colonie à l’autre.
Méthode. Les auteurs ont installé 24 colonies près d’Ithaca, dans l’État de New York. Douze colonies étaient placées en rucher serré, en ligne, avec environ 1 m entre les ruches. Douze autres colonies étaient réparties dans le même environnement, mais espacées de 21 à 73 m, avec une distance moyenne au plus proche voisin d’environ 34 m. Les colonies ont été constituées de manière appariée, avec des niveaux initiaux de varroas comparables, puis laissées sans traitement contre varroa pendant les deux années de l’essai (Seeley & Smith, 2015).
Pour mesurer la dérive des faux-bourdons, les auteurs ont utilisé deux lignées produisant des mâles de couleur différente. Ils ont ensuite observé si les mâles rentraient dans la colonie correspondant à leur origine ou dans une autre ruche. La pression de varroa a été suivie par chute naturelle sur lange graissé et, en 2012, aussi par méthode au sucre glace sur 300 abeilles.
Résultats. Dans le groupe dispersé, les faux-bourdons rentraient presque toujours dans les ruches correspondant à leur origine. Dans le groupe serré, le résultat était très différent : environ un tiers des faux-bourdons observés ne correspondaient pas au type attendu dans la colonie visitée. Autrement dit, la disposition serrée provoquait une forte dérive des mâles.
Lors de la deuxième saison, sept colonies sur onze ont essaimé dans chacun des deux groupes. Après l’essaimage, les colonies ayant essaimé présentaient une pression de varroa beaucoup plus faible que les colonies qui n’avaient pas essaimé. En fin juin, les colonies non essaimeuses présentaient en moyenne 18,5 varroas pour 300 abeilles, contre 2,9 varroas pour 300 abeilles chez les colonies essaimeuses. En fin juillet, l’écart restait net : 24,6 contre 4,0 varroas pour 300 abeilles.
Le résultat décisif apparaît en fin d’été. Dans le groupe dispersé, les colonies qui avaient essaimé puis retrouvé une reine fécondée ont conservé une faible infestation. Dans le groupe serré, les deux colonies comparables ont vu leur infestation remonter fortement. En fin août, elles atteignaient en moyenne 11,5 varroas pour 300 abeilles, contre 1,6 dans les colonies essaimeuses du groupe dispersé.
Interprétation. L’étude suggère que l’essaimage peut réduire temporairement la population de varroas d’une colonie, mais que cet effet peut être annulé dans un rucher dense. Les auteurs avancent deux mécanismes probables : la dérive d’abeilles ou de faux-bourdons porteurs d’acariens, et le pillage de colonies affaiblies. En fin d’été, les colonies fortement infestées présentaient des signes de mauvaise santé, notamment des abeilles aux ailes déformées. Toutes les colonies fortement infestées en fin d’été sont mortes durant l’hiver, alors que les colonies faiblement infestées ont survécu.
3. Regard critique
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Le résultat est parlant, mais il faut éviter d’en faire une règle trop simple : l’étude montre un mécanisme plausible, dans un dispositif expérimental particulier. |
La force principale de l’étude est son dispositif comparatif. Les deux groupes de colonies sont installés dans le même environnement, avec des colonies de départ appariées et un suivi sur deux saisons. La comparaison entre ruches serrées et ruches espacées ne repose donc pas seulement sur une observation de terrain, mais sur une mise en situation expérimentale.
L’étude relie aussi plusieurs niveaux utiles pour l’apiculteur : comportement de dérive, dynamique de varroa, essaimage, état sanitaire en fin d’été et survie hivernale. Elle rappelle que la pression varroa n’est pas seulement une affaire de colonie isolée : elle dépend aussi des échanges entre colonies.
Les limites sont toutefois importantes. Le nombre de colonies reste faible : 24 au départ, puis 22 après la perte de deux colonies affaiblies par le couvain calcifié. En deuxième année, seules deux colonies du groupe serré ont à la fois essaimé, retrouvé une reine et pu être comparées aux cinq colonies comparables du groupe dispersé. Le signal est fort, mais l’effectif reste réduit.
Le contexte diffère aussi nettement d’un rucher suisse ou européen conduit selon les recommandations actuelles. Les colonies n’ont reçu aucun traitement contre varroa pendant deux ans. Ce choix est utile pour observer la dynamique naturelle du parasite, mais il ne correspond pas à une conduite responsable du varroa en Suisse. L’étude ne doit donc pas être lue comme une invitation à laisser les colonies sans traitement.
Autre point de prudence : l’étude ne prouve pas exactement par quel chemin les varroas sont passés d’une colonie à l’autre. La dérive est fortement documentée chez les faux-bourdons dans ce dispositif, mais la dérive des ouvrières n’a pas été mesurée directement. Le pillage est aussi plausible, surtout en période de disette, mais il n’a pas été quantifié colonie par colonie. Les auteurs restent donc prudents sur le mécanisme précis.
Enfin, l’essaimage naturel ne peut pas être transformé en recommandation simple. Oui, dans cette étude, il réduit la pression de varroa à court terme. Mais il entraîne aussi une perte d’essaim, un risque d’échec de remérage, une baisse de production et une conduite moins maîtrisée. En pratique, les ruptures de couvain utilisées contre varroa doivent être réfléchies comme des mesures biotechniques contrôlées, non comme un laisser-faire.
4. Ce que montrent les autres études proches
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Les études proches confirment l’idée générale, mais avec une nuance importante : la densité du rucher compte surtout lorsqu’elle favorise la dérive, le pillage ou l’entrée d’abeilles étrangères. |
Les résultats de Seeley et Smith ne sont pas isolés. Une étude expérimentale plus récente a comparé des ruchers très denses, avec des ruches proches, semblables et alignées, à des ruchers moins denses, disposés en cercle et rendus plus distincts visuellement. Les ruchers moins denses présentaient moins de dérive, des niveaux de varroa plus faibles, une meilleure production de miel et une meilleure survie hivernale (Dynes et al., 2019). C’est l’appui le plus direct à l’idée que l’organisation physique du rucher peut modifier la dynamique du parasite.
Une autre étude a testé l’effet de la distance entre colonies en plaçant des ruches à 0, 10 ou 100 m les unes des autres. Les colonies les plus éloignées présentaient en moyenne moins de varroas que les colonies proches, ce qui soutient l’idée d’une transmission dépendante de la proximité. Cette distance n’est toutefois pas transposable telle quelle dans tous les ruchers de production suisses ou européens (Nolan & Delaplane, 2016).
Le mécanisme de la dérive est également bien documenté. Les travaux classiques sur la disposition des ruches montrent que les rangées homogènes, les entrées orientées de la même manière et le manque de repères visuels augmentent les erreurs de retour, alors que les dispositions irrégulières, les couleurs différentes et les orientations variées les réduisent (Jay, 1965, 1966a, 1966b, 1968 ; Pfeiffer & Crailsheim, 1998). Plus récemment, Forfert et al. ont montré que la distance et la position des ruches structuraient fortement la dérive dans un rucher dense, et que des colonies fortement infestées pouvaient accepter davantage d’abeilles étrangères (Forfert et al., 2015). Ce point est important : une colonie très infestée peut devenir non seulement malade, mais aussi plus impliquée dans les échanges indésirables entre colonies.
La réinfestation en fin de saison est un second mécanisme proche. Frey et Rosenkranz ont mesuré des invasions automnales de varroas nettement plus fortes dans un environnement à forte densité de colonies que dans un environnement moins dense (Frey & Rosenkranz, 2014). D’autres travaux montrent que des colonies affaiblies ou en effondrement peuvent agir comme sources de varroas pour les colonies voisines, notamment via le pillage ou la visite d’abeilles étrangères (Peck & Seeley, 2019 ; Kulhanek et al., 2021). Cela rejoint directement l’interprétation proposée par Seeley et Smith : dans un rucher serré, l’avantage temporaire d’une colonie ayant réduit son infestation peut être effacé par l’arrivée de varroas provenant d’autres colonies.
Les études sur l’essaimage et les ruptures de couvain apportent un complément utile, mais ne doivent pas être surinterprétées. Fries et al. ont montré que l’essaimage naturel pouvait réduire temporairement le niveau de varroa, surtout par départ d’une partie des abeilles porteuses d’acariens et par interruption de la reproduction du parasite pendant une période sans couvain operculé (Fries et al., 2003). Des travaux plus récents sur les ruptures de couvain induites confirment que l’absence temporaire de couvain peut perturber la reproduction du varroa (Gabel et al., 2023). Mais ces résultats ne font pas de l’essaimage naturel une méthode de lutte recommandable en rucher conduit : l’effet peut être partiel, temporaire et rapidement annulé par la réinfestation.
La relation entre varroa de fin d’été, virus et survie hivernale est, elle aussi, bien soutenue. Les travaux de Dainat et ceux de van Dooremalen montrent que la pression de varroa et le virus des ailes déformées réduisent la durée de vie des abeilles d’hiver et augmentent le risque de pertes hivernales (Dainat et al., 2011 ; van Dooremalen et al., 2012). Ce point donne tout son poids pratique à l’étude de Seeley et Smith : ce n’est pas seulement la présence de varroas qui importe, mais le niveau d’infestation au moment où la colonie produit les abeilles destinées à passer l’hiver.
La convergence n’est cependant pas absolue. Une étude suisse récente indique que l’immigration de varroas peut représenter une part importante des acariens présents en fin d’été, mais que cette immigration n’est pas toujours expliquée simplement par la densité locale de colonies dans un rayon donné (Guichard et al., 2024). Autrement dit, il serait trop simple de dire : « plus il y a de ruches, plus il y a forcément de varroas ». La densité crée un risque, mais ce risque dépend aussi du calendrier de traitement, de la présence de colonies affaiblies, du pillage, de la disponibilité en nectar, de la dérive et des pratiques des apiculteurs voisins.
En résumé, les études proches renforcent l’interprétation de Seeley et Smith : les ruchers serrés, homogènes et alignés favorisent la dérive et peuvent faciliter la circulation du varroa. La preuve est la plus forte pour la dérive et la réinfestation à l’échelle du rucher ou du voisinage proche. Elle est plus nuancée à l’échelle du paysage, où les pratiques de conduite et la coordination entre apiculteurs peuvent peser autant, voire davantage, que la seule densité de colonies.
5. Qu’en retenir au rucher ?
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Pour la pratique, l’étude rappelle qu’un rucher n’est pas seulement une addition de colonies indépendantes : la santé d’une ruche peut influencer celle des voisines. |
- Limiter la dérive quand c’est possible. Éviter, si le terrain le permet, les longues rangées de ruches identiques, très proches et toutes orientées dans la même direction. Des couleurs, des repères visuels, des orientations légèrement différentes, des groupes moins réguliers ou un espacement plus généreux peuvent aider.
- Penser le varroa à l’échelle du rucher. Une colonie très infestée, affaiblie ou en voie d’effondrement n’est pas seulement un problème individuel : elle peut devenir une source de réinfestation pour les colonies voisines. Les colonies non-valeur doivent être évaluées rapidement, réunies si cela se justifie, ou éliminées selon les règles sanitaires.
- Surveiller particulièrement la fin d’été. Après la récolte et pendant la préparation des abeilles d’hiver, une hausse tardive de l’infestation doit être prise au sérieux, même dans une colonie qui semblait forte quelques semaines plus tôt. Le suivi par chute naturelle, sucre glace ou lavage reste indispensable selon le contexte.
- Réduire le risque de pillage. En période de disette, réduire les trous de vol si nécessaire, travailler proprement, éviter les manipulations prolongées, ne pas laisser de miel accessible et nourrir sans déclencher de concurrence entre colonies.
- Utiliser la rupture de couvain comme outil maîtrisé, pas l’essaimage naturel. L’essaimage montre le principe biologique, mais il reste trop aléatoire pour conduire le varroa. Les ruptures de couvain planifiées ne remplacent pas le concept varroa : elles doivent être intégrées dans une stratégie de lutte cohérente, avec des traitements autorisés et un contrôle de l’infestation.
Lire l’étude originale
Seeley, T. D., & Smith, M. L. (2015). Crowding honeybee colonies in apiaries can increase their vulnerability to the deadly ectoparasite Varroa destructor. Apidologie, 46, 716–727. DOI : 10.1007/s13592-015-0361-2.
Pour aller plus loin sur ApiSavoir
- Aide-mémoire 1.1 : Concept varroa
- Aide-mémoire : 1.5.1 Mesure de la chute naturelle du varroa
- Aide-mémoire : 1.5.2 Méthode du sucre glace
- Aide-mémoire : 4.8.3 Pillage
- Varroa: La rupture de couvain
- Aide-mémoire : 4.9 Choix de l’emplacement
Bibliographie
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Dynes, T. L., Berry, J. A., Delaplane, K. S., Brosi, B. J., & de Roode, J. C. (2019). Reduced density and visually complex apiaries reduce parasite load and promote honey production and overwintering survival in honey bees. PLoS ONE, 14, e0216286. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0216286
Forfert, N., Natsopoulou, M. E., Frey, E., Rosenkranz, P., Paxton, R. J., & Moritz, R. F. A. (2015). Parasites and pathogens of the honeybee (Apis mellifera) and their influence on inter-colonial transmission. PLoS ONE, 10, e0140337. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0140337
Frey, E., & Rosenkranz, P. (2014). Autumn invasion rates of Varroa destructor into honey bee colonies and the resulting increase in mite populations. Journal of Economic Entomology, 107, 508–515. https://doi.org/10.1603/EC13381
Fries, I., Hansen, H., Imdorf, A., & Rosenkranz, P. (2003). Swarming in honey bees (Apis mellifera) and Varroa destructor population development in Sweden. Apidologie, 34, 389–397. https://doi.org/10.1051/apido:2003032
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