1. L’essentiel en bref
- La phrase attribuée à Einstein sur la disparition des abeilles est très probablement apocryphe, mais elle pose une vraie question.
- L’abeille mellifère peut servir de sentinelle de certaines contaminations environnementales, surtout si les observations sont standardisées.
- Les abeilles sauvages renseignent plutôt sur la qualité des habitats, la diversité florale et l’intensité des usages du sol.
- Un problème observé dans une colonie n’est pas automatiquement un signal de pollution : varroa, virus, nutrition, météo, reine et conduite apicole peuvent produire des signes similaires.
- Depuis 2013, la Belgique a développé des programmes de suivi, mais surtout autour de la santé des colonies et des résidus ; la grande vision éco-épidémiologique du rapport reste seulement partiellement réalisée.
2. Ce que montre l’étude
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Ce chapitre résume le rapport belge de 2013 : il distingue les abeilles sauvages comme indicateurs d’écosystèmes et l’abeille mellifère comme sentinelle potentielle des contaminations environnementales. |
Question. Le rapport L’abeille, sentinelle de la santé et de l’environnement, indicateur des écosystèmes part d’une interrogation simple : les abeilles peuvent-elles réellement nous renseigner sur l’état de l’environnement, ou l’expression « abeille sentinelle » n’est-elle qu’un slogan ?
La question est introduite par une image très connue : la phrase souvent attribuée à Einstein selon laquelle l’humanité n’aurait plus que quatre ans à vivre si les abeilles disparaissaient. Le rapport rappelle que cette phrase n’a probablement jamais été prononcée par Einstein, mais que sa diffusion rapide montre quelque chose d’important : dans l’imaginaire collectif, l’abeille est devenue le symbole d’une limite écologique à ne pas franchir (L’abeille, sentinelle de la santé et de l’environnement, 2013). Les travaux de vérification des citations vont dans le même sens : la formule est très probablement apocryphe (Calaprice, 2010 ; O’Toole, 2013).
Méthode. Le document n’est pas une expérimentation unique, mais une synthèse scientifique et institutionnelle réalisée pour le Service public fédéral belge Santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire et environnement. Il s’appuie sur la littérature scientifique, sur un colloque organisé en 2013 et sur des exemples de projets de surveillance environnementale utilisant les abeilles.
Le rapport construit d’abord une distinction conceptuelle essentielle. Une espèce indicatrice renseigne sur la composition ou l’état d’un écosystème. Une espèce sentinelle signale plus spécifiquement une exposition à un danger environnemental, par exemple une contamination chimique, biologique ou particulaire. Cette distinction évite de mélanger deux usages différents du vivant : lire l’état d’un habitat et détecter un risque.
Résultats. Le rapport conclut que les abeilles non-Apis, c’est-à-dire les abeilles sauvages au sens large, ont un fort potentiel comme indicateurs écosystémiques. Leur diversité spécifique, leurs exigences de nidification, leur spécialisation florale et leurs cycles de vie permettent de lire la qualité des milieux. La présence ou l’absence de certaines espèces peut renseigner sur les ressources florales, les habitats disponibles, les pratiques agricoles ou l’état de milieux semi-naturels.
L’abeille mellifère, en revanche, n’est pas un bon indicateur écologique par sa simple présence. Dans nos régions, elle est largement hébergée, nourrie, soignée et multipliée par les apiculteurs. Sa présence dans un paysage reflète donc autant l’activité humaine que la qualité écologique du milieu. En revanche, la colonie d’abeilles mellifères répond bien aux critères d’une espèce sentinelle : elle est exposée à l’air, à l’eau, au nectar, au pollen, aux poussières et aux contaminants présents sur les fleurs ; elle forme des populations nombreuses ; elle revient toujours à un point fixe, la ruche ; et sa biologie est suffisamment connue pour que certains signaux puissent être interprétés.
Le rapport insiste aussi sur les matrices disponibles : abeilles adultes, pollen, miel, cire, propolis. Ces matériaux peuvent retenir des substances différentes selon leur nature chimique. La cire, par exemple, peut conserver des composés lipophiles ; le pollen renseigne sur les ressources florales et certains contaminants associés ; les abeilles adultes peuvent porter ou accumuler des particules et des résidus. La ruche devient ainsi un point de collecte biologique, non pas parfait, mais potentiellement très utile.
Interprétation. La force du rapport est de reformuler scientifiquement l’intuition populaire : les abeilles ne prédisent pas la fin du monde, mais elles peuvent fournir des signaux d’alerte. Pour que ces signaux deviennent utiles, il faut toutefois les sortir de l’anecdote. Une mortalité devant une ruche, une baisse d’activité ou un affaiblissement de colonie ne suffisent pas à prouver une contamination. Ces observations ne prennent de valeur qu’intégrées dans un protocole plus large : localisation, saison, pratiques agricoles, état sanitaire, niveau varroa, météo, analyses de résidus et comparaison entre sites.
Une fausse citation, une vraie intuition. La phrase attribuée à Einstein — selon laquelle l’humanité n’aurait plus que quelques années à vivre si les abeilles disparaissaient — est très probablement apocryphe. Elle n’est pas au cœur scientifique du rapport belge de 2013, qui ne l’évoque que brièvement. Mais elle revient souvent dans les discussions sur les abeilles, parce qu’elle exprime de manière frappante une inquiétude collective : si les abeilles vont mal, c’est peut-être que quelque chose se dérègle dans notre rapport au vivant.
L’histoire de cette formule est instructive. Des idées proches circulaient déjà au début du 20e siècle chez des auteurs naturalistes comme Maurice Maeterlinck, qui insistait sur les liens étroits entre abeilles et plantes à fleurs. Une attribution prudente à Einstein apparaît ensuite dans la littérature apicole au milieu du 20e siècle, avant que la version dramatique des « quelques années à vivre » ne soit largement reprise par les milieux apicoles, environnementaux et médiatiques (Calaprice, 2010 ; O’Toole, 2013).
Comme citation, la formule est donc fragile. Comme intuition, elle reste utile — à condition de la reformuler. Les abeilles ne prédisent pas la fin de l’humanité. En revanche, les abeilles mellifères peuvent contribuer à détecter certaines contaminations environnementales, tandis que les abeilles sauvages renseignent sur la qualité des habitats, la diversité florale et l’état des écosystèmes.
3. Regard critique
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Ce chapitre précise ce que le rapport apporte, mais aussi ce que les suites belges montrent : la surveillance a progressé, sans aller jusqu’au système éco-épidémiologique complet imaginé en 2013. |
Forces. Le rapport a une grande qualité pédagogique : il sépare clairement trois niveaux souvent confondus. Le premier est symbolique : l’abeille comme espèce-phare, capable de mobiliser le public. Le deuxième est écologique : les abeilles sauvages comme indicateurs de la qualité des habitats. Le troisième est éco-épidémiologique : l’abeille mellifère comme outil potentiel de surveillance de contaminations ou de stress environnementaux.
Cette distinction est précieuse pour l’apiculture. Elle évite de demander à l’abeille mellifère ce qu’elle ne peut pas fournir. Une ruche placée par un apiculteur ne prouve pas qu’un milieu est riche en biodiversité. À l’inverse, une colonie bien suivie, intégrée dans un réseau d’observations et d’analyses, peut contribuer à documenter les contaminants auxquels les abeilles sont effectivement exposées.
Le rapport est également fort parce qu’il ne réduit pas la ruche à la production de miel. Il la considère comme un super-organisme exposé à de multiples voies environnementales. Les butineuses échantillonnent le paysage, les ressources entrent dans la colonie, et certains effets peuvent se manifester au niveau des individus ou de la colonie. Cette approche donne une base scientifique à l’idée de « sentinelle », sans la transformer en certitude automatique.
Ce qui s’est passé ensuite en Belgique. Le rapport de 2013 n’est pas resté isolé. La Belgique disposait déjà d’un premier Plan Abeilles fédéral 2012–2014, puis s’est dotée d’un Plan fédéral Abeilles 2017–2019. À partir de 2016, l’AFSCA a lancé le projet HealthyBee afin de surveiller la santé des abeilles, d’obtenir des chiffres objectifs sur la mortalité et d’examiner certains facteurs de risque. Le suivi 2016–2017 a concerné 193 apiculteurs et 865 colonies, avec trois séries de visites ; la mortalité hivernale moyenne observée était de 27,9 % (AFSCA, 2018).
Ce premier cycle HealthyBee a confirmé la nature multifactorielle du problème. L’AFSCA a notamment relevé un lien significatif entre l’infestation par varroa et la mortalité. Des analyses de pain d’abeille ont aussi été réalisées : 81 ruchers ont été échantillonnés et 78 échantillons contenaient au moins un résidu, sans qu’aucun échantillon ne soit classé comme présentant un risque élevé pour les abeilles selon le quotient de risque utilisé (AFSCA, 2018).
Le suivi 2017–2018, conduit avec l’appui épidémiologique de Sciensano, a porté sur 174 ruchers visités trois fois. Il comprenait des observations directes, des interviews, des mesures réalisées par des inspecteurs qualifiés, ainsi que des informations sur varroa et les pratiques de gestion apicole. La mortalité hivernale pondérée a été estimée à 23,8 % pour la Belgique (Sciensano, 2022).
Le projet de Plan fédéral pour les pollinisateurs 2026–2028 indique que cette logique pourrait se poursuivre et s’élargir. Il prévoit notamment de maintenir HealthyBee comme programme officiel, actif et continu de surveillance de la santé des abeilles, avec, à partir de 2026, deux visites d’environ 200 apiculteurs par des vétérinaires officiels de l’AFSCA : une première en automne pour établir l’état sanitaire initial, une seconde en été pour collecter les données de mortalité hivernale et saisonnière. Il prévoit également des analyses multi-résidus sur des miels belges, notamment pour détecter des résidus de pesticides environnementaux et de médicaments vétérinaires, ainsi qu’un travail d’indicateurs sur les pressions agricoles exercées sur les pollinisateurs (SPF Santé publique, 2026).
Limite majeure. Ces suites sont importantes, mais elles ne réalisent qu’une partie de la vision de 2013. Ce qui a été mis en place relève surtout d’une surveillance sanitaire et apicole : mortalité, varroa, maladies, pratiques de gestion, résidus dans certaines matrices. C’est déjà utile. Mais la proposition la plus ambitieuse du rapport — relier systématiquement santé des colonies, biomarqueurs physiologiques, résidus, pratiques agricoles, émissions industrielles, données environnementales et santé humaine — n’apparaît pas comme un dispositif pleinement opérationnel de type « One Health ».
Biais et confusions possibles. Le risque principal serait de transformer la sentinelle en oracle. Une colonie qui décline ne dit pas automatiquement : « l’environnement est contaminé ». Varroa, les virus, Nosema, un manque de pollen, une reine défaillante, une mauvaise conduite du nourrissement, une erreur de traitement, une vague de froid, une canicule ou une transhumance peuvent produire des signaux proches. C’est précisément pour cette raison que le rapport plaide pour une approche collective, multidisciplinaire et standardisée.
Ce qu’on ne peut pas conclure. On ne peut pas conclure qu’une ruche isolée suffit à mesurer la santé d’un paysage. On ne peut pas non plus remplacer le suivi des abeilles sauvages par le suivi des seules abeilles mellifères. Enfin, on ne peut pas utiliser la mortalité des colonies comme preuve directe de contamination sans données parallèles sur les parasites, les virus, la nutrition, la météo, les traitements et l’environnement agricole.
4. Ce que montrent les autres études proches
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Les travaux récents confirment l’intuition du rapport, mais la précisent : abeille mellifère et abeilles sauvages ne donnent pas le même type d’information. |
Appui direct : l’abeille mellifère comme biomoniteur de contaminations. Les revues et études récentes confirment que les abeilles mellifères et les produits de la ruche peuvent servir à suivre certains contaminants environnementaux : métaux lourds, pesticides, hydrocarbures aromatiques polycycliques, particules atmosphériques ou autres résidus chimiques (Bargańska et al., 2016 ; Cunningham et al., 2022 ; Mair et al., 2023). Cette littérature prolonge directement l’idée du rapport de 2013 : les butineuses couvrent un espace large, collectent des ressources variées et ramènent à la ruche des traces du milieu qu’elles fréquentent.
Les études montrent aussi que le choix de la matrice est décisif. Les abeilles adultes et le pollen peuvent donner un signal environnemental sensible pour certains métaux ou pesticides, tandis que la cire conserve mieux des substances lipophiles et que le miel, bien qu’important pour la sécurité alimentaire, n’est pas toujours le meilleur reflet direct de l’exposition environnementale (Calatayud-Vernich et al., 2018 ; Praus et al., 2023). Les travaux sur les particules atmosphériques renforcent également l’intérêt de l’abeille comme collecteur biologique de pollution de l’air, mais demandent des protocoles rigoureux pour distinguer contamination externe, ingestion et effets sur la santé des pollinisateurs (Papa et al., 2024).
Complément direct : les abeilles sauvages comme indicateurs d’habitats. La littérature récente confirme aussi que les abeilles sauvages sont particulièrement utiles pour lire la qualité des habitats. Leur richesse spécifique, leurs traits de vie, leurs besoins en ressources florales et leurs sites de nidification répondent à l’intensité des usages agricoles, à la diversité florale, à la structure du paysage et à l’urbanisation (Ekroos et al., 2020 ; Papanikolaou et al., 2017). Des travaux européens montrent par exemple que la richesse en fleurs, la continuité des floraisons, les bandes fleuries, les habitats semi-naturels et les jardins urbains diversifiés favorisent les communautés d’abeilles sauvages (Ammann et al., 2024 ; Casanelles-Abella et al., 2022).
Ces résultats confirment un point important : l’abeille mellifère ne doit pas être utilisée comme substitut des abeilles sauvages. Une analyse européenne conclut que les abeilles mellifères gérées ne constituent pas un bon « radar » pour détecter le déclin des abeilles sauvages, car les deux groupes diffèrent par leur cycle de vie, leur dépendance aux habitats, leur gestion par l’humain et leurs réponses au stress (Wood et al., 2020). Pour surveiller la biodiversité, il faut donc suivre directement les communautés d’abeilles sauvages.
Contexte théorique utile : la pollinisation est essentielle, mais le slogan des quatre ans est excessif. Les études sur les services de pollinisation confirment que les pollinisateurs contribuent fortement aux cultures de fruits, légumes, noix et graines, ainsi qu’à la reproduction de nombreuses plantes sauvages. Les pollinisateurs sauvages augmentent souvent la fructification des cultures indépendamment de l’abondance des abeilles mellifères, ce qui montre leur complémentarité (Garibaldi et al., 2013). À l’échelle mondiale, la demande agricole en pollinisation a augmenté plus vite que le stock de colonies domestiquées, ce qui renforce l’enjeu de conservation des pollinisateurs (Aizen & Harder, 2009). Mais les scénarios apocalyptiques du type « quatre ans avant la fin de l’humanité » ne sont pas soutenus par les données. Les pertes de pollinisation auraient des effets sérieux sur l’alimentation, la santé humaine et l’économie, mais pas sous la forme d’une extinction humaine rapide et mécanique (Smith et al., 2022).
Limites pour l’interprétation pratique au rucher. Les autres études rappellent aussi que les signaux issus des colonies sont très confondus. Les pertes hivernales et les affaiblissements dépendent fortement de varroa, des virus, de la nutrition, de la météo, de la qualité des reines et des pratiques apicoles (Goulson et al., 2015 ; Jacques et al., 2017 ; Requier, 2019). À grande échelle, les analyses associent souvent pertes de colonies, parasites, pesticides et événements météorologiques extrêmes, ce qui confirme que les causes interagissent plutôt qu’elles ne s’additionnent simplement (Insolia et al., 2022).
La littérature récente ne contredit donc pas le rapport : elle le précise. Oui, les abeilles peuvent servir de sentinelles ou d’indicateurs. Mais les abeilles mellifères, les abeilles sauvages, les matrices apicoles et les observations de terrain ne répondent pas aux mêmes questions. Le bon usage scientifique consiste à combiner ces signaux, non à les confondre.
5. Qu’en retenir au rucher ?
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Pour l’apiculteur, l’enjeu n’est pas de poser seul un diagnostic environnemental, mais de produire des observations fiables qui peuvent contribuer à une lecture collective du territoire. |
- Observer et documenter. Chaque apiculteur peut noter les mortalités inhabituelles, les dates, la météo, les cultures proches, les traitements effectués, le niveau varroa, l’état des réserves, les signes de maladie et les changements de comportement. Ces données simples ne prouvent pas une cause, mais elles évitent que les signaux disparaissent dans l’anecdote.
- Éliminer les causes apicoles avant d’accuser l’environnement. Varroa, virus, faim, reine défaillante, erreur de nourrissement ou traitement mal conduit doivent être vérifiés en premier. Une sentinelle n’est utile que si les grands facteurs de confusion sont documentés.
- Accepter l’idée d’un réseau. Le potentiel politique et scientifique apparaît lorsque de nombreux ruchers, associations, services cantonaux, laboratoires et chercheurs utilisent des protocoles compatibles. À l’échelle suisse, et idéalement transfrontalière, les ruchers pourraient former un réseau de veille complémentaire aux programmes de suivi de la biodiversité et de la qualité environnementale.
- Soutenir aussi les abeilles sauvages. Les ruches ne remplacent pas les abeilles sauvages. Favoriser les floraisons continues, réduire les tontes inutiles, préserver les haies, les talus, le bois mort, les sols nus et les micro-habitats aide à maintenir les indicateurs les plus sensibles de la qualité des milieux.
- Demander des cadres de monitoring. Les apiculteurs peuvent aider localement, mais le tableau d’ensemble demande des protocoles harmonisés, des analyses de matrices apicoles, des données sanitaires, des informations agricoles et une coordination entre régions. C’est là que l’idée d’abeille sentinelle devient réellement utile pour la décision publique.
Lire l’étude originale
L’abeille, sentinelle de la santé et de l’environnement, indicateur des écosystèmes. Rapport réalisé pour le Service public fédéral Santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire et environnement, septembre 2013. Lien de téléchargement officiel : [À VÉRIFIER].
Pour aller plus loin sur ApiSavoir
- L’abeille, sentinelle de la santé et de l’environnement
- Les abeilles sauvages en Suisse : mode de vie, importance, menaces et protection
- Sauvegarder les pollinisateurs
- Les bandes fleuries favorisent les abeilles
- Aide-mémoire : 3.1.2 Intoxication d’abeilles
- Hygiène de la cire : un levier central de la santé des colonies
Bibliographie
L’abeille, sentinelle de la santé et de l’environnement, indicateur des écosystèmes. (2013). Rapport réalisé pour le Service public fédéral Santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire et environnement.
Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. (2018). Santé des abeilles : l’AFSCA communique les résultats du projet HealthyBee 2016–2017. https://favv-afsca.be/fr/publication/sante-des-abeilles-lafsca-communique-les-resultats-du-projet-healthybee-2016-2017
Aizen, M. A., & Harder, L. D. (2009). The global stock of domesticated honey bees is growing slower than agricultural demand for pollination. Current Biology, 19(11), 915–918. https://doi.org/10.1016/j.cub.2009.03.071
Ammann, L., Bosem-Baillod, A., Herzog, F., Frey, D., Entling, M. H., & Albrecht, M. (2024). Spatio-temporal complementarity of floral resources sustains wild bee pollinators in agricultural landscapes. Agriculture, Ecosystems & Environment. https://doi.org/10.1016/j.agee.2023.108754
Bargańska, Ż., Ślebioda, M., & Namieśnik, J. (2016). Honey bees and their products: Bioindicators of environmental contamination. Critical Reviews in Environmental Science and Technology, 46, 235–248. https://doi.org/10.1080/10643389.2015.1078220
Calaprice, A. (2010). The Ultimate Quotable Einstein. Princeton University Press.
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Casanelles-Abella, J., Fontana, S., Fournier, B., Frey, D., & Moretti, M. (2022). Low resource availability drives feeding niche partitioning between wild bees and honeybees in a European city. Ecological Applications, 33. https://doi.org/10.1002/eap.2727
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Ekroos, J., Kleijn, D., Batáry, P., Albrecht, M., Báldi, A., Blüthgen, N., Knop, E., Kovács-Hostyánszki, A., & Smith, H. G. (2020). High land-use intensity in grasslands constrains wild bee species richness in Europe. Biological Conservation. https://doi.org/10.1016/j.biocon.2019.108255
Garibaldi, L. A., Steffan-Dewenter, I., Winfree, R., Aizen, M. A., Bommarco, R., Cunningham, S. A., Kremen, C., Carvalheiro, L. G., Harder, L. D., Afik, O., Bartomeus, I., Benjamin, F., Boreux, V., Cariveau, D., Chacoff, N. P., Dudenhöffer, J. H., Freitas, B. M., Ghazoul, J., Greenleaf, S., Hipólito, J., et al. (2013). Wild pollinators enhance fruit set of crops regardless of honey bee abundance. Science, 339, 1608–1611. https://doi.org/10.1126/science.1230200
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Jacques, A., Laurent, M., Ribière-Chabert, M., Saussac, M., Bougeard, S., Budge, G. E., Hendrikx, P., & Chauzat, M. P. (2017). A pan-European epidemiological study reveals honey bee colony survival depends on beekeeper education and disease control. PLoS ONE, 12, e0172591. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0172591
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