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VHS ou SMR : les traits de résistance aux varroas enfin expliqués

Varroa destructor est actuellement considéré comme la plus grande menace pesant sur la survie de l’abeille domestique (Rosenkranz et al. 2010). En effet, en plus d’engendrer des dommages directs aux abeilles par la consommation répétitive de leur corps gras et par la dépression de leur système immunitaire (Ramsey et al. 2019; Yang et Cox-Foster 2007), les varroas affectent également indirectement les abeilles par la transmission de plusieurs agents pathogènes dont, notamment, le virus des ailes déformées (Boecking et Genersch 2008).

Face aux pressions engendrées par le varroa, plusieurs traitements acaricides (i.e. produits synthétiques ou organiques employés pour tuer les acariens) ont été développés.

VSH et SMR : deux mécanismes distincts de résistance au varroa

Varroa destructor est considéré comme la menace majeure pour la survie de l’abeille domestique, en raison de ses effets directs sur le corps gras et le système immunitaire ainsi que de son rôle de vecteur d’agents pathogènes. Les traitements acaricides, bien qu’indispensables, présentent des limites liées aux résidus, aux effets indésirables sur les abeilles et à l’apparition de résistances chez l’acarien. Dans ce contexte, la sélection de lignées d’abeilles naturellement plus résistantes constitue une approche durable et complémentaire.

Deux traits sont fréquemment évoqués à ce sujet : le Suppressed Mite Reproduction (SMR) et le Varroa Sensitive Hygiene (VSH). Le SMR correspond à une proportion élevée de femelles varroas fondatrices incapables de se reproduire avec succès dans le couvain. Il s’agit d’un état observé au niveau de la population d’acariens, et non d’un comportement spécifique des abeilles. Les mécanismes biologiques responsables de cette infertilité accrue restent partiellement inconnus, ce qui limite la compréhension fine et la stabilité supposée de ce trait.

Le VSH, en revanche, est un comportement hygiénique ciblé. Les ouvrières détectent les cellules de couvain infestées, les désoperculent et retirent la pupe parasitée, entraînant l’élimination du varroa. Dans certains cas, la cellule est simplement ouverte puis refermée, ce qui perturbe le cycle reproducteur de l’acarien. Ce comportement permet une réduction active du nombre de varroas vivants dans la colonie et peut, secondairement, conduire à une diminution de leur reproduction.

Les méthodes d’évaluation diffèrent fondamentalement. Le VSH est mesuré en comparant le niveau d’infestation avant et après l’introduction d’un cadre infesté, alors que le SMR repose sur l’analyse microscopique de cellules de couvain individuelles afin de déterminer la proportion de varroas non reproducteurs. Ces indicateurs ne sont pas interchangeables et ne doivent pas être confondus.

En conclusion, le comportement VSH est généralement considéré comme plus fiable et mieux compris que le trait SMR. Il offre une base solide pour la sélection et la gestion des colonies résistantes. Toutefois, ni le VSH ni le SMR ne permettent à eux seuls de contrôler durablement la varroase. Leur utilisation doit impérativement s’inscrire dans une stratégie de lutte intégrée, sans remise en cause des traitements indispensables lorsque la pression parasitaire l’exige.

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Photo: S. Imboden

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Auteur
par Stéphanie Rouleau-Breton
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