Varroa: La rupture de couvain
Les luttes biotechniques sont de plus en plus souvent mises en avant dans le cadre de la lutte contre la varroase. Parmi celles-ci on parle souvent de techniques qui provoquent des ruptures importantes dans le développement du couvain. Ces techniques ne sont pourtant pas souvent utilisées par les apiculteurs si ce n’est à titre expérimental. Cet article va analyser l’intérêt de cette rupture de ponte et les différentes techniques qui en découlent.
La rupture de couvain – un outil efficace contre le varroa
La rupture de couvain est une méthode biotechnique de lutte contre Varroa destructor qui consiste à interrompre temporairement la ponte de la reine. Cette interruption permet d’obtenir une colonie sans couvain, situation dans laquelle tous les varroas se trouvent sur les abeilles adultes et deviennent accessibles aux traitements.
En saison, jusqu’à 90 % des varroas se reproduisent dans le couvain operculé. Or, l’acide oxalique, largement utilisé en apiculture, n’agit que sur les varroas phorétiques. La rupture de couvain rend donc ce traitement pleinement efficace et réduit en outre la capacité reproductive des varroas, une absence prolongée de couvain augmentant fortement la proportion de femelles infertiles.
Cette stratégie s’inspire d’un mécanisme naturel observé lors de l’essaimage. Après le départ de l’essaim, il s’écoule généralement deux à trois semaines avant que la nouvelle reine ne commence à pondre, créant une véritable rupture de couvain. Ce phénomène est reconnu comme un facteur important de tolérance naturelle à la varroase.
Pour obtenir une colonie sans couvain operculé, la reine doit être isolée environ 22 jours en l’absence de couvain de mâles, et 24 jours lorsque du couvain de mâles est présent. En pratique, une durée de 24 à 28 jours est souvent retenue. L’intervention doit avoir lieu suffisamment tôt, en général à la mi-juillet, afin que la colonie puisse encore élever plusieurs générations d’abeilles avant l’hivernage.
Le traitement est réalisé en absence de couvain, le plus souvent à l’acide oxalique par dégouttement, sublimation ou pulvérisation. Deux applications rapprochées sont recommandées pour éviter que les varroas ne retournent trop rapidement dans le couvain après la reprise de la ponte.
Différentes techniques permettent de provoquer cette rupture : retrait du couvain operculé, isolement de la reine sous le corps de ruche, encagement classique ou utilisation de cagettes spécifiques comme la cagette Scalvini. Cette dernière permet une ponte continue tout en empêchant le développement du couvain. Les retours de terrain montrent une bonne efficacité globale et des pertes de reines limitées.
Conclusion : la rupture de couvain est une méthode robuste et peu génératrice de résidus. Intégrée dans une stratégie de lutte combinée, elle améliore nettement l’efficacité des traitements contre le varroa.
Voir aussi :
- Blocage de ponte: lutte contre le varroa
- Lutte contre le varroa: l'interruption estivale de couvain
- Aide-mémoire : 1.6.1 Arrêt de ponte
- La lutte intégrée contre varroa au fil des saisons
- Aide-mémoire : 1.3.2. Traitement par dégouttement
Source: Actu API 1-2017 71; http://www.cari.be


