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Meilleures pratiques en apiculture

L’article soutient que la santé et la productivité des abeilles mellifères dépendent fortement de la gestion des colonies et de la biosécurité, mais que les « meilleures pratiques » ne disposent pas d’une cartographie claire des données probantes issues du terrain. Il compile un jeu de données structuré d’études de terrain évaluées par les pairs (depuis 1995) portant sur des interventions en ruche testées dans des conditions apicoles réelles, en enregistrant séparément chaque combinaison pratique–résultat. La synthèse met en évidence les thématiques dominantes (notamment Varroa et les maladies du couvain), ainsi que les influences régionales et saisonnières sur l’applicabilité. Les auteurs présentent le jeu de données comme un pont entre la recherche et la pratique, tout en soulignant l’hétérogénéité et les biais de sélection qui limitent la généralisation à l’échelle mondiale.


1. Introduction

L’introduction situe les abeilles mellifères gérées comme des animaux d’élevage dont la santé et la productivité dépendent des pratiques de gestion et des mesures de biosécurité, tout en soulignant leur écologie particulière : les colonies sont hébergées et sélectionnées par l’humain, mais butinent librement. Les auteurs relient la santé des colonies aux résultats économiques pour les apiculteurs ainsi qu’aux services agricoles et écosystémiques plus larges, et mettent en évidence la diversité des produits de la ruche et des activités apicoles influencées par la performance des colonies.

Comme motivation de la synthèse, l’article mentionne les pertes de colonies largement rapportées et résume les principaux facteurs identifiés dans les enquêtes et projets de recherche, Varroa destructor étant présenté comme la menace majeure pour Apis mellifera dans de nombreuses conditions. Varroa est décrit comme un parasite issu d’un changement d’hôte à partir d’Apis cerana, exploitant l’absence d’un équilibre stable hôte–parasite et contribuant à l’effondrement des colonies en l’absence de traitement, notamment par des mécanismes impliquant une immunité altérée, la transmission virale et des effets sur le développement.

L’introduction présente également les maladies bactériennes du couvain comme des facteurs importants de pertes, en particulier la loque américaine (AFB) causée par Paenibacillus larvae et la loque européenne (EFB) causée par Melissococcus plutonius, avec mention de pathogènes secondaires pouvant accompagner l’EFB. D’autres menaces sont décrites, notamment d’autres acariens parasites tels que Tropilaelaps spp. (caractérisés par une reproduction rapide et la nécessité d’outils de surveillance), ainsi que des ravageurs invasifs comme le petit coléoptère des ruches (Aethina tumida), dont les dégâts alimentaires peuvent entraîner un déclin des colonies.

Dans ce contexte de menaces multiples et de diffusion mondiale de l’apiculture sous des climats variés, les auteurs soutiennent que la prévention, la détection précoce, le traitement et la lutte antiparasitaire sont essentiels, mais que les synthèses complètes traduisant la recherche appliquée en recommandations validées sur le terrain restent limitées. L’objectif déclaré est donc d’identifier les pratiques apicoles et les mesures de biosécurité ayant démontré des effets sur la santé et la productivité des colonies en analysant des études de terrain évaluées par les pairs, menées dans des conditions réalistes et avec groupes témoins, et de présenter les résultats structurés par type de pratique, région et saison. La distinction entre « bonnes pratiques apicoles » (actions de gestion régulières) et « mesures de biosécurité » (prévention de l’introduction et de la propagation des agents pathogènes) est centrale dans la problématique, et le travail est présenté comme un cadre flexible destiné à être élargi à mesure que de nouvelles études deviennent disponibles.


2. Matériels et méthodes

La méthodologie est définie par des critères d’inclusion visant à garantir la pertinence pratique et la comparabilité : la colonie d’abeilles mellifères doit constituer l’unité d’étude, le travail doit être réalisé en conditions de terrain, et des groupes expérimentaux et témoins doivent être présents. La recherche couvre les publications à partir de 1995 et se limite aux études de terrain évaluées par les pairs et publiées en anglais. Les publications fondées sur des revues, des enquêtes, des expériences de laboratoire ou des études en cage utilisant des abeilles individuelles ou de petits groupes comme unité ont été exclues, bien que les revues exclues puissent fournir une orientation contextuelle lors du tri.

Les publications ont été récupérées via Google Scholar et examinées manuellement. Sur 341 articles examinés, 191 ont été inclus, représentant des travaux de terrain impliquant au total 12,400 ruches dans les études retenues. L’extraction des données est opérationnalisée au moyen d’une compilation sous forme de tableur (Matériel supplémentaire S1), que les auteurs identifient comme le produit principal : chaque ligne correspond à un « enregistrement de pratique », défini comme une application documentée d’une pratique spécifique et l’effet observé. Cette structure permet à une publication de contribuer à plusieurs enregistrements de pratique, soit parce que plusieurs pratiques ont été évaluées, soit parce qu’une pratique a été évaluée pour plusieurs résultats, chacun étant enregistré séparément.

Pour soutenir une description harmonisée malgré l’hétérogénéité des plans d’étude, les enregistrements de pratique ont été standardisés à un niveau simplifié, tandis que les détails techniques (par exemple, le mode d’application ou la concentration de la substance) ont été consignés dans des colonnes distinctes lorsque disponibles, avec l’idée que les spécificités procédurales complètes seraient récupérées dans les articles originaux si nécessaire. Les pratiques ont été classées en huit domaines thématiques : gestion générale du rucher, infestation par le petit coléoptère des ruches, loque américaine, couvain plâtré, loque européenne, grande fausse teigne, infestation par Tropilaelaps spp. et infestation par Varroa. Des analyses supplémentaires ont été réalisées pour les thèmes AFB et varroose, en se concentrant sur la saisonnalité de l’application des pratiques ; pour la varroose, les auteurs ont également examiné des profils d’efficacité avec une attention particulière aux traitements à l’acide oxalique, considérés comme le type de pratique le plus fréquemment étudié.

Pour les mesures de biosécurité, les impacts rapportés ont été en outre classés en niveaux d’efficacité selon des seuils décrits par les auteurs, et lorsque l’efficacité numérique n’était pas disponible, la classification propre à l’étude a été utilisée. Les auteurs indiquent explicitement qu’ils n’ont pas recalculé de tailles d’effet ni de significativité statistique et n’ont pas conduit d’analyses statistiques supplémentaires sauf indication contraire ; les fréquences présentées reflètent donc la fréquence avec laquelle des pratiques ont été associées à des résultats dans la littérature plutôt que des estimations quantifiées de l’ampleur des effets. La classification géographique utilise une hiérarchie simplifiée (continent, pays, et pour l’Europe une subdivision en six régions), et le calendrier d’application saisonnier est enregistré par mois, les mois de l’hémisphère Sud étant décalés de six mois afin d’aligner les calendriers entre hémisphères. Des métadonnées supplémentaires incluent l’année de publication et de l’expérimentation, le nombre de colonies et les références, GraphPad Prism étant utilisé pour la visualisation.


3. Résultats

Les résultats consolident 744 enregistrements de pratiques issus de 191 études de terrain. Les enregistrements de pratique sont divisés entre bonnes pratiques apicoles et mesures de biosécurité, ces dernières constituant la majorité des enregistrements. Tous thèmes confondus, la littérature est fortement dominée par les interventions ciblant la varroose, suivies de la gestion générale du rucher et de la loque américaine, avec des contributions plus faibles pour Tropilaelaps spp. et le petit coléoptère des ruches ; la loque européenne, la grande fausse teigne et le couvain plâtré n’apparaissent que rarement dans la littérature de terrain éligible telle que capturée par les critères des auteurs.

L’article rapporte une concentration géographique marquée : la plupart des enregistrements de pratiques proviennent d’Europe et d’Amérique du Nord, avec des contributions supplémentaires de l’Asie et comparativement moins d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Océanie. Les États-Unis apparaissent comme le principal contributeur à l’échelle d’un pays, et au sein de l’Europe plusieurs pays contribuent de manière notable aux éléments de preuve appliquée identifiés. Cette distribution géographique est illustrée par une figure de carte du monde représentant la densité des pratiques identifiées par région.

L’analyse de la saisonnalité, fondée sur les enregistrements de pratiques disposant de données mensuelles, montre un pic global des applications entre juillet et octobre après alignement des données de l’hémisphère Sud sur un calendrier unifié. Le schéma est rapporté comme étant largement façonné par la forte proportion d’études centrées sur Varroa ; l’hémisphère Nord représente la part dominante des enregistrements dans le jeu de données, tandis que l’hémisphère Sud présente un pic plus faible mais distinct plus tard dans l’année.

 


3.1. Répartition géographique et temporelle

La cartographie géographique souligne que les données probantes sur les pratiques appliquées ne sont pas réparties uniformément dans le monde. L’Europe et l’Amérique du Nord représentent ensemble la majorité des enregistrements, l’Asie apportant une proportion substantielle mais plus faible et les autres continents contribuant comparativement peu. La dispersion rapportée couvre 42 pays, mais l’intensité des données probantes varie fortement selon les pays et les régions, ce qui implique que ce qui est « bien étudié » dans le jeu de données reflète l’intersection entre capacités de recherche de terrain, systèmes apicoles et dynamiques de publication.

La répartition temporelle est présentée au moyen de comptages mensuels d’application, après décalage de six mois des mois de l’hémisphère Sud afin de permettre une comparabilité entre hémisphères. Le schéma unifié culmine de la fin de l’été au début de l’automne (juillet à octobre) et décroît en hiver ; les auteurs l’interprètent comme cohérent avec l’accent saisonnier mis sur les traitements contre Varroa après la récolte du miel. L’analyse saisonnière est descriptive : elle montre quand les pratiques ont été appliquées dans les études de terrain examinées plutôt que de mesurer directement une saisonnalité biologique, mais elle sert d’indicateur pratique des périodes durant lesquelles les interventions ont été le plus souvent testées en conditions de terrain.


3.2. Thèmes de pratiques et fréquences

 

À travers les huit thèmes, la varroose constitue la plus grande partie de la cartographie des preuves, indiquant que la littérature de terrain appliquée a priorisé le contrôle de Varroa destructor par rapport à d’autres menaces et sujets de gestion. La gestion générale du rucher est le deuxième thème le plus fréquent, reflétant le rôle des décisions au niveau des colonies et du rucher dans les résultats de survie et de productivité. La loque américaine apparaît comme le troisième thème majeur, tandis que les interventions visant Tropilaelaps spp. et le petit coléoptère des ruches constituent des ensembles plus petits mais non négligeables d’enregistrements de pratiques. Les thèmes restants sont rares, ce que l’article présente comme une observation sur les données probantes appliquées éligibles plutôt que comme une affirmation d’absence d’importance biologique.

 

Au sein des thèmes, des sous-thèmes indiquent quels types d’interventions dominent. Pour Varroa, les acaricides « doux » représentent la majorité des enregistrements, l’acide oxalique, l’acide formique et le thymol constituant des parts substantielles, tandis que les acaricides de synthèse (« durs ») restent fortement représentés. Pour la gestion générale du rucher, la conduite des colonies est le sous-thème le plus fréquent, suivie de l’alimentation et de l’abreuvement, puis de la gestion des reines et de l’hygiène. Pour la loque américaine, les antibiotiques et les méthodes biotechnologiques sont prépondérants. Dans les enregistrements centrés sur Tropilaelaps, les acaricides doux dominent, et dans ceux concernant le petit coléoptère des ruches, les pièges dans la ruche constituent l’approche la plus fréquente, suivie des modifications des entrées de ruche. Ces distributions sont présentées comme des fréquences d’enregistrements de pratiques : elles reflètent l’attention de la recherche et les résultats documentés plutôt qu’un classement direct de l’efficacité dans tous les contextes.


3.3. Gestion générale du rucher

Au sein de la gestion générale du rucher, la conduite des colonies est rapportée comme le sous-thème le plus abondant. Des enregistrements de pratiques associés à une réduction des pertes annuelles ou hivernales incluent le démarrage de nouvelles colonies (y compris divisions et nucleus), certains types de ruches et approches d’isolation, ainsi que le contrôle de l’essaimage, aux côtés de pratiques telles que la gestion des cires et l’usage de reines domestiques. Pour les résultats relatifs à la production de miel dans ce thème, l’article rapporte un nombre plus faible d’enregistrements de pratiques, répartis entre plusieurs stratégies de conduite plutôt que concentrés sur une pratique dominante unique.

Pour les résultats liés aux infestations (Varroa, virus, Nosema), les auteurs résument des enregistrements de pratiques indiquant des influences positives associées aux modalités de démarrage de nouvelles colonies, aux pratiques d’hygiène des cires, à l’essaimage, au type d’exploitation, aux conditions de butinage naturel, et, dans une moindre mesure, au renouvellement annuel des reines et à la supplémentation en pollen. Les études sur la gestion des reines dans le jeu de données portent fortement sur le renouvellement annuel des reines et sur des comparaisons entre reines domestiques et importées en relation avec les pertes, la productivité et des indicateurs sanitaires, là encore représentés sous forme d’enregistrements de pratiques plutôt que d’estimations d’effet agrégées.

La recherche sur l’alimentation et l’abreuvement est contextualisée par le paysage des ruchers et par des distinctions entre ressources naturelles et contextes agricoles ou urbains. L’alimentation complémentaire est décrite comme incluant des apports protéiques et énergétiques, plusieurs catégories étant représentées dans le jeu de données : pollen naturel, substituts protéiques, produits à base d’acides aminés, et apports énergétiques via sirop de sucre ou sirop de maïs à haute teneur en fructose. L’article souligne aussi que certaines pratiques ont été associées à des pertes annuelles ou hivernales plus élevées dans les enregistrements identifiés, notamment les exploitations sans traitements chimiques, les reines importées, le transport sur longue distance et la supplémentation protéique, et que des rendements en miel plus faibles ont été rapportés pour les exploitations sans traitements chimiques et pour les essaims secoués dans les enregistrements du thème « gestion ». Ces associations sont présentées comme des résultats rapportés dans les études de terrain examinées, et non comme des estimations causales généralisées au-delà de ces contextes.


3.4. Varroose

La varroose est traitée comme le thème central du jeu de données, avec des enregistrements de pratiques issus d’un large sous-ensemble des articles inclus. Les interventions les plus intensivement étudiées sont les acaricides « doux », l’acide oxalique, l’acide formique et le thymol étant signalés comme les substances les plus fréquemment représentées. Les acaricides de synthèse (« durs ») sont également largement étudiés dans la littérature de terrain éligible, avec des enregistrements portant sur des substances telles que le tau-fluvalinate, l’amitraz, le coumaphos et la fluméthrine. En outre, plusieurs méthodes biotechnologiques apparaissent, notamment le retrait du couvain de mâles, l’hyperthermie, l’encagement de la reine, le poudrage au sucre, le remérage, les cires à petites cellules, l’essaimage et le retrait total du couvain, reflétant la diversité des approches testées sur le terrain captées par la catégorisation des auteurs.

Pour les résultats positifs de réduction de Varroa, l’acide oxalique est le plus fréquemment mentionné parmi les enregistrements de pratiques rapportant un bénéfice, suivi d’autres acaricides doux et de plusieurs acaricides de synthèse également rapportés comme efficaces dans les études examinées. Des approches biotechnologiques telles que le retrait du couvain de mâles, l’encagement de la reine, l’hyperthermie et les cadres-pièges sont rapportées comme des mesures supplémentaires associées positivement dans les enregistrements identifiés. L’article note aussi que certaines pratiques sont associées à des résultats de productivité et de survie dans le jeu de données, notamment des combinaisons telles que l’encagement de la reine plus l’acide oxalique et l’intégration d’un suivi régulier des acariens dans les décisions de traitement, illustrant la manière dont le jeu de données capture des stratégies intégrées sous forme d’enregistrements distincts lorsqu’elles sont évaluées pour des résultats spécifiques.

La section Résultats met explicitement en balance l’efficacité et les effets indésirables en rapportant des enregistrements de pratiques décrivant des effets négatifs sur les colonies associés à certains traitements contre Varroa, en particulier pour l’acide formique et l’acide oxalique, ainsi que, dans un nombre plus limité d’enregistrements, pour certaines approches non chimiques ou certains produits. Des observations relatives aux résidus dans les produits de la ruche sont rapportées pour certaines substances, et des enregistrements isolés signalent une baisse des rendements en miel associée à des interventions spécifiques. Plutôt que de résoudre quantitativement ces compromis, l’article les présente comme faisant partie de la cartographie descriptive des preuves que les apiculteurs et conseillers doivent prendre en compte lors du choix de stratégies en conditions de terrain.

L’analyse de la saisonnalité pour la varroose montre que les acaricides doux sont principalement utilisés de la fin de l’été au début de l’automne, ce qui concorde avec des périodes typiques de pression élevée de Varroa après la récolte du miel dans de nombreux systèmes, tandis que les stratégies biotechnologiques et de gestion apparaissent plus uniformément réparties sur l’année, avec une hausse en fin d’été. Pour l’acide oxalique, des distributions mensuelles des résultats sont présentées afin d’illustrer comment les catégories d’efficacité rapportées varient au cours de l’année, un succès élevé étant le plus souvent associé aux périodes sans couvain et des résultats plus variables étant rapportés lorsque les traitements sont appliqués plus tôt dans la saison. Ces schémas sont des synthèses descriptives des résultats rapportés par les études et ne constituent explicitement pas des estimations d’effet recalculées.

 


3.5. Loque américaine

Au sein du thème AFB, le jeu de données est dominé par des études évaluant des antibiotiques, la tylosine et l’oxytétracycline étant identifiées comme les composés les plus fréquemment évalués parmi les études de terrain éligibles, tandis que d’autres antibiotiques n’apparaissent que dans un petit nombre d’enregistrements. L’article caractérise les antibiotiques comme ayant des impacts positifs sur l’évolution clinique de la maladie dans les enregistrements rapportés, tout en soulignant les préoccupations relatives aux résidus dans le miel associés à l’usage d’antibiotiques, telles que documentées dans le jeu de données.

Les approches biotechnologiques sont également représentées, en particulier la méthode de l’essaim secoué (shook swarm), discutée en relation avec la réduction des spores et les résultats de rétablissement des colonies à travers les enregistrements de pratiques. Les résultats présentent un mélange d’associations positives et négatives pour différentes pratiques liées à l’AFB, incluant des enregistrements portant sur les charges de spores et sur le rétablissement, ce qui renforce l’idée que le jeu de données capture plusieurs dimensions de résultats plutôt qu’un seul critère d’efficacité.

La répartition saisonnière des enregistrements de pratiques liés à l’AFB est rapportée comme culminant au printemps et au début de l’été, la méthode de l’essaim secoué apparaissant exclusivement dans une fenêtre allant de la fin de l’hiver au début de l’été dans l’alignement calendaire du jeu de données. L’interprétation met l’accent sur le moment d’application en lien avec les périodes d’élevage intensif du couvain, là encore comme un schéma observé d’application des pratiques dans la littérature plutôt que comme une règle biologique définitive pour tous les contextes.


4. Discussion

La discussion présente le jeu de données comme un cadre comparatif pour évaluer l’efficacité, la saisonnalité et la pertinence géographique de pratiques testées sur le terrain, explicitement destiné aux acteurs faisant le lien entre recherche et pratique ainsi qu’aux publics de politique publique. En même temps, elle souligne que l’identification de « meilleures pratiques » valides globalement est difficile, car les conditions environnementales et climatiques, les différences réglementaires, les traditions apicoles régionales et des philosophies variables façonnent à la fois la mise en œuvre et les résultats. Ces facteurs contraignent la comparabilité entre études et limitent la transférabilité directe des pratiques entre contextes.

Les auteurs reconnaissent ouvertement des limites méthodologiques de la synthèse, notamment le tri manuel et l’hétérogénéité des études incluses, qui peuvent introduire des biais de sélection. Pour améliorer la reproductibilité et réduire les biais, ils recommandent l’adoption de méthodologies normalisées de revues systématiques, positionnant ainsi ce travail comme un cadre d’organisation plutôt que comme une synthèse de preuves pleinement systématique et définitive, avec des estimations d’effet regroupées.

Dans l’interprétation des thèmes, la discussion insiste sur le fait que les bonnes pratiques apicoles sont essentielles au maintien de colonies saines et rentables et peuvent prévenir ou réduire les impacts des maladies, tout en notant que les preuves restent incohérentes dans certains domaines. Elle met en avant des résultats liés à la gestion concernant la densité des ruchers, des modifications de ruches alignées sur le contexte climatique et les compromis entre l’essaimage (souvent coûteux économiquement) et l’interruption de ponte/couvain susceptible de réduire Varroa, la division étant présentée comme une alternative pouvant fournir une interruption du couvain sans les mêmes conséquences économiques dans certains systèmes de conduite. La gestion des reines est traitée comme un déterminant clé de la performance des colonies, avec une attention portée au calendrier de remplacement des reines, aux problèmes d’acceptation pendant les périodes d’orphelinage et à la valeur de reines plus jeunes issues d’élevage local, telle que reflétée dans la littérature discutée par les auteurs.

Pour Varroa, la discussion interprète la dominance du thème comme cohérente avec des tendances historiques plus larges de la recherche sur l’abeille mellifère et décrit le jeu de données comme couvrant des approches chimiques, biotechnologiques et de lutte intégrée. Elle soutient qu’aucune solution universelle n’émerge, mais que plusieurs stratégies efficaces existent, et elle met en avant l’importance du timing et de potentielles synergies entre l’interruption du couvain et les traitements à l’acide oxalique telles que décrites dans la littérature citée. Les acaricides de synthèse sont reconnus comme jouant encore un rôle central, tandis que les problèmes de résistance et l’accumulation de résidus sont présentés comme des contraintes à considérer, en particulier pour certains composés.

Pour l’AFB, la discussion souligne que l’usage d’antibiotiques reste courant dans certaines régions malgré l’interdiction ailleurs et que des préoccupations relatives aux résidus et à la résistance ont motivé l’évaluation de différents antibiotiques. Elle oppose des approches centrées sur les antibiotiques à des alternatives telles que l’abattage sanitaire (stamping-out) et la méthode de l’essaim secoué, et note que des programmes de surveillance et d’élimination à long terme peuvent réussir, comme décrit dans des travaux cités, tout en mentionnant des approches plus récentes en développement, dont la vaccination orale des reines, dans le cadre du paysage de recherche plus large discuté dans l’article. Pour Tropilaelaps et le petit coléoptère des ruches, la discussion souligne une couverture limitée et la nécessité consécutive de recherches de terrain supplémentaires afin d’établir des stratégies de lutte efficaces et de mieux évaluer des méthodes alternatives, en particulier dans les régions où ces menaces émergent ou ne sont pas encore établies.


5. Conclusions

Les conclusions synthétisent les enregistrements de pratiques examinés en un message général selon lequel une apiculture efficace repose sur une gestion intégrée et multidimensionnelle plutôt que sur une intervention unique. L’article met l’accent sur l’interaction entre une surveillance régulière et des traitements opportuns contre Varroa, une gestion des reines et des colonies alignée sur l’adaptation locale, un soutien nutritionnel ajusté aux ressources de butinage saisonnières, ainsi que des protocoles d’hygiène et de biosécurité. Ces composantes sont présentées comme se renforçant au sein d’un système holistique qui doit être contextualisé par la saison, la géographie, l’état de la colonie et l’environnement réglementaire.

Les auteurs caractérisent leur travail comme une vue d’ensemble structurée reliant 744 enregistrements de pratiques dérivés du terrain, issus de 191 études sélectionnées de manière systématique, à des impacts positifs ou négatifs rapportés sur la santé ou la productivité. Ils reconnaissent des lacunes persistantes dues aux limites des bases de données, aux critères d’inclusion et à la sous-représentation de certains thèmes, mais présentent le cadre comme un outil pratique pour synthétiser la recherche apicole appliquée et prioriser des pratiques démontrées en conditions réelles. Les perspectives futures sont formulées comme une extension des thèmes, l’intégration de résultats à long terme et spécifiques aux régions, et l’affinement des recommandations via une collaboration internationale, avec l’objectif déclaré de soutenir la santé des abeilles mellifères, une apiculture durable et des services de pollinisation essentiels grâce à une prise de décision fondée sur des preuves.

 

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Références utilisées (extrait)

Seules les références explicitement mentionnées dans le PDF sont listées ci-dessous (extrait, non exhaustif).

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Auteur
Kristina Gratzer, Veronika Musalkova and Robert Brodschneider
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