Les paquets d’abeilles
Les paquets d’abeilles, tous semblables, mais tous différents par leur composition et leur utilisation.
La confection des paquets d’abeilles n’est pas une pratique habituelle en apiculture, car cette pratique demande un savoir-faire qui est rarement enseigné en rucherécole. Sur le net, beaucoup de vidéos ne donnent pas toutes les informations qui entourent cette technique, ce qui fait que lors de la mise en pratique par les apiculteurs, les résultats sont très souvent infructueux.
Les paquets d’abeilles frappés : composition, technique et usages stratégiques
La confection de paquets d’abeilles constitue une pratique technique exigeante, peu courante en apiculture de loisir, mais particulièrement utile pour la création d’essaims artificiels, la maîtrise de l’essaimage et l’introduction de reines. Le principe fondamental repose sur l’âge des abeilles composant le paquet. Selon l’objectif poursuivi, la sélection des individus doit être adaptée.
Pour accompagner une reine vierge en nucleus, seules des abeilles d’intérieur jeunes sont appropriées. Pour développer rapidement une colonie autour d’une reine en ponte, des abeilles d’intérieur légèrement plus âgées, prêtes à devenir butineuses, sont préférables. Les butineuses ne doivent jamais être incluses : elles supportent mal l’encagement, surchauffent en présence de lumière et désertent facilement la nouvelle colonie.
La méthode des « paquets frappés » consiste à provoquer la montée des abeilles d’intérieur par enfumage intensif et vibrations du corps de ruche (pages 2 à 4). Les jeunes abeilles, stressées, se gorgent de nectar et montent dans une hausse munie de cadres étirés, séparée du corps par une grille à reine métallique empêchant le passage de la reine. Le prélèvement est réalisé de préférence l’après-midi, lorsque du nectar est présent dans le corps. Les cadres sont ensuite secoués dans une caisse spécialement conçue, en laissant les butineuses s’envoler.
Les quantités prélevées doivent être strictement respectées : 50 à 100 g par cadre de couvain. Un prélèvement insuffisant n’influencera pas l’essaimage, tandis qu’un prélèvement excessif affaiblira la colonie et réduira sa production de miel. Le mélange d’abeilles issues d’au moins trois colonies améliore l’acceptation de reines d’origine différente.
La caisse à paquet doit permettre l’aération, l’accrochage des abeilles et la dissipation de la chaleur (page 3). Deux cadres de corps sont recommandés pour 4 kg d’abeilles maximum. Un léger brouillard d’eau froide permet de refroidir la grappe sans la détremper. Une ventilation efficace est indispensable durant le transport et le stockage.
Les paquets peuvent être utilisés pour peupler des nucs une heure après leur constitution. Ils se conservent 24 à 48 heures sans nourrissement, davantage si un apport alimentaire et un stabilisateur (reine vierge ou phéromone) sont ajoutés. Plus la conservation est longue, plus l’acceptation des reines vierges devient délicate.
En conclusion, la technique des paquets frappés offre une méthode précise et modulable pour la gestion des colonies et la création d’essaims. Sa réussite dépend du respect de l’âge des abeilles, des quantités prélevées et des conditions de ventilation et de refroidissement. Bien maîtrisée, elle constitue un outil efficace de conduite apicole.


