Tout sur le faux-bourdon

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Le faux-bourdon est le mâle de l’abeille domestique. Sa caste dépend du type d’œuf, de l’alimentation larvaire et du type de cellule. Il provient d’un œuf non fécondé pondu dans une cellule de mâle. C’est le plus gros insecte de la colonie, reconnaissable à son corps trapu, à son thorax velu, à ses très grands yeux et à son vol bruyant. Son rôle principal est de transmettre le patrimoine génétique de sa mère lors de la fécondation.
1. Cycle biologique
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Stade d’œuf : du 1er au 3e jour, l’œuf se développe dans la cellule. À la ponte, il pèse environ 0,16 mg. Il contient une prélarve qui finit par rompre la membrane de l’œuf. Stade larvaire : à partir du 4e jour, l’œuf éclot. La larve reçoit d’abord de la gelée royale durant trois jours, puis de la bouillie larvaire jusqu’à l’operculation, qui a lieu au 10e jour et forme un opercule bombé. La larve poursuit son développement jusqu’au 13e jour, tisse son cocon grâce à ses glandes séricigènes et peut atteindre jusqu’à 350 mg, soit environ 2200 fois son poids initial. |
Stade nymphal : dès le 14e jour, la larve devient nymphe et poursuit son développement jusqu’au 24e jour. La couleur des yeux évolue progressivement du rose très clair au violet foncé, les ailes apparaissent dès le 16e jour, prennent leur forme définitive vers le 23e jour, et la pilosité devient visible à ce stade.
Naissance : le faux-bourdon émerge au 24e jour en ouvrant l’opercule. Il pèse alors entre 200 et 230 mg. Ce développement peut être prolongé de 1 à 4 jours si la nourriture est de mauvaise qualité ou si la température est trop basse. La couleur des yeux à l’état nymphal permet d’estimer précisément l’âge du couvain.
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Nourriture : les premiers jours après sa naissance, le faux-bourdon est nourri par les ouvrières avec un mélange de bouillie larvaire et de miel. Ensuite, il commence à se nourrir seul dans les réserves de miel. Premiers vols : ils ont lieu entre le 5e et le 8e jour. Les mâles peuvent être acceptés dans n’importe quelle ruche, ce qui favorise la diversité génétique et limite la consanguinité. À partir du 12e au 15e jour, ils commencent à fréquenter les aires de congrégation. |
Développement sexuel : il débute très tôt, dès le 5e jour après la ponte. Les testicules se développent jusqu’au 21e jour, puis le sperme migre vers les vésicules séminales à partir du 23e jour. Les organes sexuels sont considérés comme entièrement développés quelques jours après la naissance, et la maturité sexuelle survient entre le 12e et le 15e jour après l’émergence, soit environ 40 jours après la ponte. Le mâle reste fécond jusqu’à sa mort.
Aire de congrégation : les reines vierges se rendent dans des aires de congrégation des mâles (DCA), zones aériennes de 30 à 200 m de diamètre situées entre 10 et 40 m de hauteur. Ces espaces se maintiennent d’année en année et peuvent rassembler des milliers de mâles, même sans présence de reine. Lorsque la reine entre dans la zone, les mâles la poursuivent en essaim pour tenter de la féconder. Les accouplements ont lieu surtout l’après-midi, par beau temps, avec peu de vent et une température supérieure à 18 °C. Les mâles peuvent parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre ces aires et restent en général fidèles à la même zone.
Élimination des mâles : en fin de saison, lorsque les ressources diminuent et que la période de fécondation est terminée, les ouvrières expulsent les faux-bourdons de la ruche et peuvent les tuer. Très sensibles au froid, ils meurent rapidement. Les colonies orphelines en conservent parfois plus longtemps.
2. Morphologie
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Le faux-bourdon est plus lourd qu’une ouvrière et légèrement plus léger qu’une reine. Sa grande taille, son thorax puissant et ses yeux très développés lui donnent de bonnes aptitudes au vol et à l’orientation. Ses antennes comportent un segment de plus que celles des abeilles femelles, ce qui accroît ses capacités sensorielles.
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Il est dépourvu de dard, de glandes cirières et d’organes de récolte du pollen. Sa langue et ses pièces buccales sont moins développées que celles de l’ouvrière. Une grande partie de son abdomen est occupée par les organes reproducteurs : testicules, vésicules séminales, canal éjaculateur, bulbe et endophallus. Lors de l’accouplement, l’endophallus se détache, ce qui provoque la mort du faux-bourdon quelques minutes plus tard.
3. Sélection génétique
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Le chapitre présente les bases de la sélection génétique appliquée à l’apiculture. Elle vise notamment à préserver la pureté d’une race, améliorer la productivité, réduire l’essaimage et l’agressivité, renforcer la résistance aux maladies ou au varroa, accroître la précocité ou encore améliorer l’aptitude à visiter certaines fleurs. Haploïde – diploïde : les ouvrières et les reines proviennent d’œufs fécondés et sont diploïdes, avec deux jeux de chromosomes. Les faux-bourdons proviennent d’œufs non fécondés et sont haploïdes, avec un seul jeu de seize chromosomes issus de la reine. |
Gènes et allèles : un même caractère est déterminé par des gènes présents sur une paire de chromosomes. Les différentes versions possibles d’un gène sont appelées allèles.
Dominance et récessivité : lorsque deux allèles sont identiques, le caractère est homozygote. Lorsqu’ils sont différents, ils peuvent être co-dominants ou se comporter selon un rapport dominant/récessif, l’allèle dominant masquant l’expression du récessif.
Homozygotie et hétérozygotie : l’homozygotie facilite l’expression stable d’un caractère, mais elle est rare à l’état naturel. Elle est souvent recherchée par insémination artificielle pour fixer un gène, au risque d’appauvrir la diversité génétique.
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Fixation d’un gène : l’insémination artificielle et parfois la consanguinité sur plusieurs générations permettent d’obtenir les allèles souhaités, mais ces méthodes exigent prudence et patience.
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Programme de sélection : l’auteur recommande de disposer idéalement d’au moins vingt colonies, voire cinquante. Le plan de sélection comprend cinq étapes : définir les caractères recherchés, choisir les colonies répondant le mieux aux critères, évaluer ces colonies sur une période donnée, élever reines et mâles à partir des meilleures lignées, puis remplacer les reines non sélectionnées par les filles issues des lignées retenues, tout en réintroduisant régulièrement du sang neuf.
4. Conduite d’une ruche à mâles
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La conduite d’une ruche à mâles dépend de l’usage prévu : peupler un rucher de fécondation, alimenter une station de fécondation ou produire des mâles destinés à l’insémination artificielle. Dans tous les cas, l’élevage doit être planifié, la quantité de mâles estimée et les colonies choisies avec soin. |
Quantité de mâles nécessaires : il faut toujours prévoir bien plus de mâles que le minimum théorique. Un cadre à mâles Dadant fournit environ 2000 mâles, soit de quoi féconder théoriquement une centaine de reines, mais une partie d’entre eux n’atteindra pas la maturité sexuelle, s’éloignera trop ou sera prédatée.
Conditions d’élevage : il faut utiliser des colonies fortes, saines et bien approvisionnées en miel et en pollen, renforcées avec du couvain naissant afin de disposer de nombreuses nourrices. Les colonies doivent présenter une faible pression de varroa, d’où l’importance de traitements adaptés, qu’ils soient mécaniques ou chimiques.
Le cadre à mâles : il peut être fabriqué en coupant une cire gaufrée aux deux tiers, puis en la fixant sur un cadre placé en bordure de couvain. Les abeilles bâtissent alors des cellules d’ouvrières sur les deux tiers supérieurs et des cellules de faux-bourdons sur le tiers inférieur. Des cires à mâles du commerce existent également.
Méthode pour un rucher de fécondation : l’objectif est de saturer localement la zone en faux-bourdons issus de colonies sélectionnées. Les cadres à mâles sont introduits dans les colonies choisies, idéalement l’année précédente ou au printemps avant les premières rentrées de nectar. Il faut ensuite suivre la ponte, déplacer les cadres fraîchement pondus ou larvaires au centre du couvain, ajouter d’autres cadres à mâles, renforcer la colonie par du couvain naissant et assurer une alimentation riche en miel, pollen et pâte protéinée. Dans ce cas, la descendance obtenue reste hybride et correspond à des reines F1.
Méthode pour une station de fécondation : les stations isolées permettent d’obtenir des fécondations contrôlées par des mâles issus de souches sélectionnées, à condition d’utiliser exclusivement des colonies sœurs. Environ cinquante jours avant l’utilisation des mâles, les cadres à mâles sont introduits dans les colonies d’origine. Une fois operculés, ils servent à constituer des colonies à mâles orphelines, transportées sur la station avec des cadres de nourriture, de couvain naissant, de couvain ouvert et des cadres à mâles. Les cadres sont renouvelés par étapes tous les huit jours, les cellules royales supprimées et l’alimentation protéinée maintenue. Une fois la production terminée, la colonie peut être remérée.
Méthode pour l’insémination artificielle : comme les mâles dérivent facilement d’une ruche à l’autre, ils doivent être élevés en claustration pour garantir leur origine. Le principe est proche de la méthode précédente, mais la colonie à mâles est éloignée des autres ruches et équipée d’un plancher rehaussé avec grille à reine. Les mâles sont laissés sortir à horaires contrôlés, au moins deux fois par semaine, et les morts sont retirés de la grille. L’alimentation est maintenue en continu jusqu’au prélèvement.
Prélèvement des mâles : quinze jours après leur naissance, les mâles sont prêts pour le prélèvement de sperme. Ils peuvent être capturés à l’aide d’une volière posée sur la ruche ou prélevés tôt le matin, lorsqu’ils sont plus calmes. Ils doivent être maintenus au chaud, transportés rapidement et placés au laboratoire dans une cage d’envol chauffée à environ 30 °C. Un refroidissement en dessous de 25 °C ou un stress excessif nuit durablement à la qualité du sperme et à la capacité d’éversion.
Prélèvement du sperme : plusieurs techniques existent. L’éversion complète est obtenue par traction sur la tête, puis par une légère pression et rotation de l’abdomen. Il faut prélever uniquement le sperme de couleur crème, sans le mucus blanc, au moyen d’un capillaire monté sur seringue, dans des conditions stériles. Un faux-bourdon produit jusqu’à 1,25 microlitre de sperme, mais environ 1 microlitre est généralement récoltable. Le capillaire doit être fermé à la vaseline et le sperme peut être conservé jusqu’à trois semaines autour de 18 °C.
Avoir des mâles très tôt en saison : l’auteur recommande d’utiliser des cadres à mâles bâtis et conservés durant l’hiver, placés au printemps au centre du couvain, accompagnés d’un cadre de pollen de l’année précédente et de pâte protéinée, avec un nourrissement continu. Une autre solution consiste à utiliser une colonie bourdonneuse issue d’une reine non fécondée tardive, maintenue en claustration, afin qu’elle ne ponde que des mâles.
Maintenir des mâles très tard en saison : deux stratégies sont proposées : simuler une miellée par un nourrissement quotidien au sirop 50/50, ou orpheliner la colonie, les colonies orphelines gardant leurs mâles plus longtemps. Dans ce second cas, il faut introduire régulièrement du couvain ouvert et détruire ensuite tout élevage royal pour éviter l’apparition d’ouvrières pondeuses.
5. Influence du varroa sur les faux-bourdons
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Le document rapporte des études comparant des faux-bourdons non parasités, parasités par une femelle varroa et parasités par deux femelles varroa dès le stade larvaire.
Le varroa réduit donc fortement la production de spermatozoïdes des faux-bourdons. L’impact sur le vol est surtout marqué lorsque deux femelles varroa ont parasité le même individu, avec une baisse moyenne d’environ 67 % des performances de vol. |
6. Le bourdon (Bombus)
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Description : le bourdon est un gros insecte butineur trapu, très velu, pouvant atteindre 32 mm. Son corps se compose d’une petite tête munie d’antennes, d’un thorax très développé et d’un abdomen court dont le premier segment est fusionné au thorax. Son vol est bruyant et il existe chez lui trois castes : la reine, les ouvrières et les mâles. |
Cycle biologique : contrairement à l’abeille domestique, la société des bourdons est annuelle et moins organisée. Seules les jeunes reines fécondées hivernent. Au printemps, elles fondent un nid, souvent dans une ancienne cavité souterraine de rongeur, qu’elles tapissent de mousse, feuilles, herbes ou poils. La reine construit deux cellules de cire, l’une pour les premiers œufs et l’autre pour stocker du nectar. Les œufs éclosent après environ quatre jours, les larves se développent ensemble pendant une semaine, puis tissent chacune leur cocon avant de devenir nymphes. Après environ treize jours de couvaison supplémentaire, naissent les premières ouvrières, qui prennent progressivement en charge les tâches de la colonie. Une colonie atteint au maximum près de 500 individus, mais en compte souvent moins de 200.
En fin de saison chaude, la reine pond des œufs non fécondés donnant des mâles, puis d’autres destinés à produire de futures reines. Après l’accouplement, ces jeunes reines accumulent des réserves et cherchent un abri sec pour hiverner, tandis que l’ancienne colonie disparaît avec la mort de la reine fondatrice et de ses ouvrières.
Son mode de défense : le bourdon n’est pas agressif. Il ne pique que pour se défendre ou défendre son nid. Seules les femelles possèdent un dard. Comme ce dard n’est pas barbelé, elles peuvent piquer plusieurs fois sans mourir. La plupart des piqûres provoquent une réaction locale, mais des réactions allergiques sont possibles.
Comportement nuptial : il varie selon les espèces. Chez certaines, les mâles attendent près du nid la sortie d’une reine vierge. Chez d’autres, ils établissent un parcours marqué par des phéromones et y patrouillent en attendant une jeune reine. La fécondation a lieu, pour la plupart des espèces, au sol.
Importance écologique : grâce à sa pilosité et à sa résistance aux conditions climatiques difficiles, le bourdon est un excellent pollinisateur. Il peut butiner dès 8 °C, sous une faible luminosité, malgré le vent ou la pluie. En revanche, une température supérieure à 35 °C interrompt complètement le butinage. Son rôle est essentiel pour la conservation des milieux naturels.
Alimentation : le bourdon consomme principalement du nectar et du pollen. Il peut produire de petites quantités de miel, au goût plus prononcé que celui des abeilles domestiques. Les larves sont nourries avec une alimentation riche en pollen, en protéines, en minéraux et en vitamines.
Les espèces les plus communes : le texte cite notamment le bourdon des prés (Bombus pratorum), le bourdon des jardins (Bombus hortorum), le bourdon des champs (Bombus agrorum), le bourdon des pierres (Bombus lapidarius) et le bourdon terrestre (Bombus terrestris).
Rôle économique : le bourdon terrestre est largement utilisé pour la pollinisation sous serre, en particulier pour la tomate, plante dont le pollen doit être libéré par vibration. Introduit en serre à partir de 1988, il est aujourd’hui employé aussi pour les fraises, myrtilles, framboises, melons, courgettes, poivrons, aubergines, poires, pommes et la production de semences. Son utilisation améliore la qualité des fruits et le rendement commercial.
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Voir aussi :
- Elevage de mâles
- L'élevage de Faux-bourdons
- Introduction à la génétique des abeilles
- Cryoconservation de sperme de faux-bourdons
- Cadre à mâles

