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Comprendre l'essaimage

Les abeilles assurent depuis des millions d’années la pérennité de l’espèce par l’essaimage. L’essaimage est un processus de division de colonie en deux populations. La reine en place quitte la ruche, accompagnée par une grande partie des ouvrières de tous âges, pour former un essaim qui se met rapidement en grappe. L’essaim laisse dans la ruche initiale le nid avec du couvain naissant, environ un tiers des ouvrières et des cellules royales prêtes à éclore. Une jeune reine remplacera l’ancienne, et la colonie reformée commencera son développement...

Comprendre et éviter l’essaimage – causes, signes et leviers d’action

L’essaimage est le mode naturel de reproduction des colonies d’abeilles. La reine en place quitte la ruche avec une grande partie des ouvrières pour former un essaim, tandis que la colonie d’origine conserve le couvain, des ouvrières et des cellules royales. Ce processus permet à la fois la multiplication des colonies et le brassage génétique.

La période principale d’essaimage se situe au printemps, juste avant ou au début de la miellée, lorsque la population et l’élevage du couvain atteignent leur maximum. Certaines races et lignées présentent une propension accrue à essaimer. Les facteurs déclencheurs majeurs sont la congestion de la chambre à couvain, le vieillissement de la reine (baisse de production de phéromones) et le manque d’espace lors de fortes miellées.

L’essaimage n’est pas soudain : il se prépare sur une période de 7 à 12 jours. Les signes précurseurs comprennent la construction de nombreuses cellules royales en bas des cadres, la diminution de la ponte, l’allègement de la reine pour le vol, la baisse de l’activité de butinage et l’apparition d’abeilles éclaireuses. Le stade de développement des cellules royales permet d’estimer le délai avant le départ de l’essaim.

La prévention repose sur la réduction des facteurs déclenchants. Les mesures efficaces incluent l’apport régulier d’espace dans la chambre à couvain, l’utilisation de reines jeunes (moins d’un an), la rotation ou l’ajout de hausses à couvain, et une gestion anticipée de l’espace avant la miellée. Les colonies très fortes peuvent temporairement bénéficier d’une hausse de couvain supplémentaire.

Lorsque la colonie est déjà en préparation d’essaimage, plusieurs interventions sont possibles. La destruction répétée des cellules royales ou la coupe des ailes de la reine offrent une efficacité limitée. Les méthodes les plus fiables sont le procédé Demaree ou la création de nucléis, qui correspondent à une forme d’essaimage artificiel maîtrisé.

Les essaims capturés sont d’excellents producteurs de cire et peuvent être utilisés pour bâtir rapidement des cadres. Leur statut sanitaire étant inconnu, un traitement précoce contre le varroa est indispensable. Pour un hivernage, un remérage en fin d’été est recommandé.

Conclusion : l’essaimage est un phénomène naturel qui ne peut être supprimé, mais une bonne compréhension de ses mécanismes permet à l’apiculteur de l’anticiper, de le limiter et parfois de le transformer en avantage.
 

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Auteur
Dr Hugo Tremblay
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