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La lutte intégrée contre varroa au fil des saisons

Vous l’aurez compris, une lutte efficace contre Varroa se joue sur l’anticipation, et non sur la réaction uniquement. Le but est de maintenir un niveau d’infestation bas toute la saison afin de préserver la colonie et éviter une forte charge parasitaire et virale. On cherche à tout prix à préserver les hivernantes afin de garantir un redémarrage dans la colonie dans les meilleures conditions possibles. Et surtout, on adapte sa stratégie en fonction de la saison en cours. Chaque année est unique, et les variations climatiques nous contraindront à toujours plus d’adaptation pour maitriser le varroa.  

Dans l’Union européenne, la lutte intégrée, qui concerne à l’origine les productions végétales, est définie par la directive communautaire 91/414/CEE du 15 juillet 1991 : « L’application rationnelle d’une combinaison de mesures biologiques, biotechnologiques, chimiques, physiques, culturales […] pour maintenir la présence des organismes nuisibles en dessous de seuil à partir duquel apparaissent des dommages ou une perte économiquement inacceptables. »

Ce sont les abeilles d’hiver qui vont jouer un rôle crucial pour la nouvelle saison. Elles apparaissent généralement entre le 15 août et le 15 septembre selon les régions. Ces hivernantes, si elles sont en bonne santé, vivront en moyenne 200 jours ou plus (contre 1 à 2 mois pour les abeilles d’été).

La lutte intégrée contre Varroa destructor au fil des saisons – principes essentiels

Varroa destructor est aujourd’hui le principal facteur sanitaire limitant la survie et la productivité des colonies d’abeilles. En prélevant les réserves des abeilles et en transmettant de nombreux virus, notamment le virus des ailes déformées (DWV), il provoque un affaiblissement progressif des colonies. Même des niveaux d’infestation modérés entraînent des pertes de miel et augmentent fortement la mortalité hivernale.

La lutte intégrée vise à maintenir la pression parasitaire en dessous d’un seuil dommageable tout au long de l’année. Elle repose sur une approche préventive et adaptative, combinant observations, biotechnie et traitements médicamenteux, plutôt qu’une réponse tardive et systématique.

Le guide souligne l’importance déterminante des abeilles d’hiver. Leur longévité (environ 160 à 200 jours) conditionne la survie de la colonie et sa capacité à redémarrer au printemps. Une infestation élevée en fin d’été ou en automne compromet durablement ces abeilles, même si des traitements sont appliqués ultérieurement.

Les comptages réguliers constituent le premier pilier de la stratégie. Au minimum quatre périodes de suivi par an sont recommandées. Ils permettent d’adapter les interventions au niveau réel d’infestation et d’éviter les traitements trop tardifs ou insuffisants. Une infestation résiduelle élevée après traitement n’est pas nécessairement synonyme de résistance, mais reflète souvent une gestion tardive ou une infestation initiale excessive.

La lutte intégrée repose sur la combinaison raisonnée de méthodes : piégeage du couvain mâle, ruptures de ponte, encagement de la reine, création d’essaims, associés à des traitements autorisés (acides organiques, thymol, molécules de synthèse en rotation). L’objectif n’est pas l’éradication du parasite, mais le maintien durable de colonies fonctionnelles et productives.

Conclusion : la gestion efficace de Varroa repose sur l’anticipation, la flexibilité et l’adaptation continue aux conditions locales, climatiques et saisonnières. Une stratégie intégrée est indispensable pour préserver la santé des colonies à long terme.

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Voir aussi:

Aide-mémoire 1.1 : Concept varroa

Aide-mémoire 1.5.1 : Mesure de la chute naturelle du varroa

La Résistance à Varroa

La rupture de couvain – un outil efficace contre le varroa

Auteur
Veto-Pharma en collaboration avec le Dr Gérald Therville
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