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L’abeille, sentinelle de la santé et de l’environnement

La conduite d’un projet d’abeille sentinelle, par sa facette épidémiologique, constitue la seule approche qui soit à même de jeter la lumière sur les causes des pertes importantes qui touchent le cheptel apicole depuis près de vingt ans déjà. En outre, un tel projet permet d’appréhender l’état de l’environnement où vivent les colonies, un environnement qui est aussi le nôtre, et pour lequel l’abeille, par sa sensibilité aux contaminants toxiques, joue un rôle d’alarme précoce.

L’abeille sentinelle – un outil de surveillance de l’environnement

Cette étude analyse l’intérêt des colonies d’abeilles comme bioindicateurs de la qualité de l’environnement. Grâce à leur large rayon de butinage, leur contact étroit avec les compartiments environnementaux (air, sol, eau, végétation) et la capacité d’accumulation des substances dans les produits de la ruche, les abeilles peuvent refléter différents types de pollution.

Plusieurs matrices ont été étudiées : abeilles adultes, couvain, miel, pollen/pain d’abeilles, cire et chutes naturelles. Chacune apporte une information complémentaire. Les pesticides sont principalement détectés dans les abeilles et le pollen, tandis que les substances lipophiles s’accumulent préférentiellement dans la cire. Les métaux lourds peuvent être retrouvés dans plusieurs matrices, avec une forte variabilité spatiale et temporelle.

Les résultats montrent que les colonies intègrent les expositions environnementales sur de grandes surfaces et sur la durée. Les abeilles sont donc bien adaptées à la détection de contaminations diffuses issues de l’agriculture, du trafic ou d’activités industrielles. En revanche, l’interprétation des données est délicate, car les concentrations mesurées dépendent de nombreux facteurs : ressources florales, saison, conditions météorologiques, force des colonies et pratiques apicoles.

L’étude insiste sur la nécessité de protocoles standardisés. Le choix des sites, le moment de l’échantillonnage, le type de matrice analysée et les méthodes analytiques doivent être harmonisés pour garantir la comparabilité des résultats.

Enfin, les auteurs soulignent qu’il convient de distinguer la surveillance environnementale de l’évaluation de la santé des colonies. La présence de résidus ne signifie pas nécessairement un impact biologique direct, et des effets sublétaux peuvent passer inaperçus. L’abeille sentinelle renseigne avant tout sur l’environnement, pas automatiquement sur les causes des pertes de colonies.

Conclusion : l’abeille mellifère est un excellent bioindicateur de pollutions environnementales, à condition d’être intégrée dans des dispositifs de surveillance rigoureux et interprétée avec prudence.
 

Voir aussi :

Auteur
Service public Santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire et environnement, France
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