Réussir l’hivernage
L’hiver est sans nul doute la période la plus éprouvante pour les abeilles. Cependant, comme la nature a bien fait les choses, elle a donné aux abeilles dites « d’hiver » des atouts pour endurer les rigueurs de la mauvaise saison. Ainsi, les abeilles d’hiver ont des réserves adipeuses plus importantes que les abeilles d’été, elles ont une pilosité plus développée qui leur confère une isolation naturelle et la contraction musculaire des muscles du thorax génère un dégagement de chaleur bien plus important que chez les abeilles d’été. Leur constitution, ainsi que leur comportement leur permet de vivre plus longtemps et de faire face aux rudesses de l’hiver.
En savoir plus:
► Aide-mémoire : 4.3 Hivernage
► La grappe hivernale
Réussir l’hivernage des colonies d’abeilles – principes essentiels et bonnes pratiques
L’hiver représente la période la plus critique pour une colonie d’abeilles. Les abeilles d’hiver disposent d’adaptations spécifiques (réserves graisseuses importantes, pilosité dense, forte production de chaleur), mais leur survie dépend largement de la préparation réalisée par l’apiculteur.
La grappe hivernale est au cœur du dispositif. Plus la colonie est populeuse, plus le maintien de la température est efficace et moins la consommation individuelle de miel est élevée. Le miel joue un double rôle : alimentation et source d’énergie pour la thermorégulation. Il doit être de bonne qualité et en quantité suffisante, car certains miels (miellat, bruyère) sont indigests et peuvent provoquer des dysenteries.
Les conditions clés d’un bon hivernage sont : une forte population d’abeilles d’hiver, des réserves suffisantes et bien réparties, une reine vigoureuse, une colonie saine avec une faible pression de varroa, un volume de ruche adapté, une isolation correcte du couvre-cadres et un environnement calme et sec.
Après la dernière récolte (fin juillet–début août), il est indispensable d’évaluer les réserves, de réorganiser le nid à couvain et de compléter l’alimentation si nécessaire, suffisamment tôt pour que les abeilles d’été assurent le stockage. Le traitement contre le varroa est prioritaire et doit être réalisé précocement pour préserver la qualité des abeilles d’hiver.
Les colonies faibles doivent être réunies ou hivernées dans un volume réduit avec des partitions isolantes. Les colonies bourdonneuses ne doivent pas être hivernées.
L’emplacement du rucher est déterminant : protection contre l’humidité, bonne ventilation sans courants d’air, entrée réduite, exposition ensoleillée et abritée du vent. Une surveillance régulière durant l’hiver est recommandée.
Conclusion : la réussite de l’hivernage repose sur l’anticipation, la rigueur sanitaire et l’adaptation du matériel et de l’environnement. L’hivernage se prépare dès la fin de l’été.
Voir aussi (ApiSavoir)
- La grappe hivernale : fonctionnement et rôle dans la survie
- La survie hivernale des colonies d’abeilles
- Quel sirop choisir pour le nourrissement d’hiver ?


