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L’intelligence des abeilles

par AURORE AVARGUÈS-WEBER

Malgré un cerveau minuscule comptant 100000 fois moins de neurones que le nôtre, les abeilles possèdent des facultés cognitives étonnantes. Ces hyménoptères comptent, maîtrisent des concepts, raisonnent par catégories... et sont même plus rapides que les grands singes dans certaines tâches !

L’intelligence des abeilles – des capacités cognitives remarquables malgré un cerveau miniature

Les abeilles mellifères possèdent des capacités cognitives étonnantes, alors même que leur cerveau ne contient qu’environ un million de neurones. L’article démontre que l’intelligence des abeilles ne repose pas uniquement sur l’organisation collective de la colonie, mais aussi sur des compétences individuelles sophistiquées.

Les abeilles disposent d’une mémoire performante leur permettant de retenir l’emplacement, la qualité et la disponibilité temporelle des ressources alimentaires. Elles s’orientent sur plusieurs kilomètres grâce à une combinaison de repères visuels, de la position du Soleil et d’une horloge interne. Cette précision est essentielle à l’efficacité du butinage.

Les expériences montrent qu’elles perçoivent les couleurs (y compris l’ultraviolet), les formes et la symétrie, caractéristiques importantes des fleurs. À l’aide de dispositifs expérimentaux comme le labyrinthe en Y, il a été démontré qu’elles apprennent à associer des stimuli visuels à des récompenses et à généraliser ces apprentissages.

Les abeilles sont également capables de catégorisation. Elles maîtrisent des concepts relationnels abstraits tels que « identique », « même nombre », « au-dessus » ou « différent », indépendamment de la nature des objets présentés. Ces concepts peuvent être transférés d’un domaine sensoriel à un autre (par exemple des couleurs vers des formes ou des odeurs). Dans certains cas, elles acquièrent ces concepts plus rapidement que les primates.

Elles peuvent compter jusqu’à quatre éléments et analyser des configurations spatiales complexes. Leur perception privilégie la structure globale des images plutôt que les détails individuels. Des expériences montrent même leur capacité à reconnaître des configurations de type visage.

Sur le plan neurobiologique, ces performances reposent vraisemblablement sur les corps pédonculés, structures cérébrales impliquées dans l’intégration sensorielle et la mémoire. Bien qu’elles ne soient pas homologues au cortex des vertébrés, elles remplissent des fonctions cognitives comparables.

La communication par la danse illustre également la plasticité cérébrale des abeilles. Elles peuvent apprendre et adapter un « dialecte » de danse étranger, démontrant une grande capacité d’apprentissage social.

Conclusion : l’abeille est un modèle majeur pour l’étude de la cognition. Elle montre que des capacités avancées de raisonnement et d’abstraction peuvent émerger d’un cerveau très compact, remettant en question les liens traditionnels entre taille du cerveau et intelligence.
 

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AURORE AVARGUÈS-WEBER
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