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L’abeille sait faire des additions et des soustractions

par SEAN BAILLY

Aurore Avarguès-Weber, de l’université de Toulouse, et des collègues de Melbourne, en Australie, sous la direction d’Adrian Dyer, ont continué à explorer les capacités en mathématiques des abeilles. Ils viennent de montrer qu’elles sont capables d’additionner
et de soustraire.

L’abeille sait additionner et soustraire : cognition numérique malgré un cerveau minuscule

L’abeille est reconnue pour ses capacités cognitives remarquables. Elle vit en société, communique par la danse et maîtrise divers concepts abstraits comme plus grand/plus petit ou gauche/droite. On savait déjà qu’elle pouvait compter de petites quantités. Des travaux récents montrent qu’elle est également capable d’effectuer des opérations arithmétiques simples, telles que l’addition et la soustraction.

Réaliser de telles opérations implique la combinaison de la mémoire à long terme, nécessaire pour mémoriser des règles, et de la mémoire de travail, indispensable pour manipuler temporairement l’information. Bien que ces capacités aient été observées chez certains primates, oiseaux ou araignées, l’abeille ne possède qu’environ un million de neurones. Malgré cette architecture cérébrale très réduite, elle semble capable de traiter des informations numériques complexes.

Une première série d’expériences a montré que l’abeille peut interpréter le zéro comme une valeur numérique inférieure aux autres nombres. Après apprentissage avec un système de récompense, les insectes ont correctement classé des panneaux comportant différentes quantités de points, y compris des configurations avec zéro élément, qu’elles ont traitées comme une quantité plus petite que un.

Dans une seconde expérience, les abeilles ont été confrontées à un labyrinthe en Y. À l’entrée, un panneau présentait un certain nombre d’éléments de couleur bleue ou jaune. Le bleu indiquait qu’il fallait ajouter un élément, le jaune qu’il fallait en retrancher un. Les deux couloirs proposaient chacun un nombre différent d’éléments, et seule la bonne réponse donnait accès à une récompense sucrée. Après environ une centaine d’essais, les abeilles ont atteint un taux de réussite proche de 80 %, nettement supérieur au hasard, malgré la variation constante des configurations.

Ces résultats suggèrent que les compétences arithmétiques élémentaires sont plus répandues dans le monde animal qu’on ne le pensait. Ils montrent également que la taille du cerveau n’est pas un facteur limitant pour l’émergence de fonctions cognitives élaborées. L’abeille constitue ainsi un modèle pertinent pour l’étude des mécanismes neuronaux efficaces et pour l’inspiration de systèmes d’intelligence artificielle compacts.

En conclusion, l’abeille démontre que des réseaux neuronaux restreints peuvent néanmoins soutenir des performances cognitives sophistiquées, élargissant notre compréhension des capacités intellectuelles du monde animal.
 

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Auteur
SEAN BAILLY
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