Guide de la santé de l'abeille
Reconnaître les maladies des abeilles et connaître les méthodes de lutte et de prévention effi caces sont des conditions sine qua non pour garantir la santé des abeilles et pour une bonne pratique apicole. Les maladies se propagent non seulement très rapidement à l’intérieur des ruches en raison des contacts physiques entre ouvrières et de la trophallaxie (échange de nourriture entre abeilles), mais aussi entre les ruches. Les abeilles pouvant voler sur de grandes distances, piller les colonies voisines ou y dériver, le risque qu’un grand nombre de colonies et de ruchers soit touché par une maladie ou une épizootie est important. Si l’on ajoute à cela le déplacement des ruches par l’apiculteur et la haute densité de ruchers en Suisse, la prévention des épizooties et des maladies est encore plus importante chez l’abeille que chez les autres animaux de rente qui peuvent être mis en quarantaine plus facilement.
Ce guide complète les lois et directives techniques relatives aux maladies des abeilles. La table des matières est organisée de façon alphabétique. Le guide est subdivisé suivant les catégories suivantes : «Epizooties à combattre : Loque américaine et loque européenne», «Epizooties à surveiller: Acarioses et petit coléoptère des ruches et «Autres maladies des abeilles».
Exposition multiple aux pesticides : effets combinés et implications pour la santé des abeilles
Dans les paysages agricoles, les abeilles ne sont généralement pas exposées à un seul pesticide, mais à des combinaisons de substances, incluant insecticides, fongicides et herbicides. Les évaluations toxicologiques traditionnelles portent surtout sur des molécules isolées. Or, le document souligne que des effets synergiques peuvent apparaître lorsque plusieurs produits sont présents simultanément, la toxicité combinée dépassant alors la somme des effets individuels.
Un mécanisme clé concerne les systèmes de détoxification des abeilles. Certains fongicides inhibent les enzymes du groupe des cytochromes P450, impliquées dans le métabolisme des insecticides. Lorsque ces substances sont associées, même des doses sublétales d’insecticides peuvent devenir significativement plus toxiques. Ce phénomène est particulièrement pertinent durant les périodes de floraison, lorsque plusieurs traitements phytosanitaires peuvent se succéder ou se superposer.
Outre la mortalité aiguë, des effets sublétaux sont rapportés : altération de l’orientation, diminution des capacités d’apprentissage, perturbation du développement du couvain et affaiblissement de l’immunité. À l’échelle de la colonie, ces impacts peuvent compromettre la dynamique de population et la productivité. Les interactions avec d’autres stress biologiques, tels que Varroa destructor ou des infections virales, peuvent accentuer la vulnérabilité des colonies.
Le texte met en évidence les limites des essais en conditions contrôlées, qui ne reflètent pas toujours la complexité des expositions réelles. Dans l’environnement, les abeilles subissent des expositions répétées à faibles doses, avec accumulation possible de résidus dans la cire et le pollen. Cette pression chronique sollicite fortement les capacités de détoxification.
Pour les apiculteurs, la coordination avec les agriculteurs sur les périodes de traitement et le choix des emplacements de ruchers constituent des leviers importants. Le maintien de colonies robustes, grâce à une lutte efficace contre le varroa et à une alimentation équilibrée, permet également de mieux résister aux stress chimiques.
En conclusion, le risque pesticide ne peut être évalué uniquement sur la base d’un produit isolé. Les effets combinés, l’exposition chronique et les interactions avec d’autres facteurs de stress doivent être intégrés dans l’évaluation et la gestion du risque pour les abeilles.
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