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Définir les races d'abeilles

Les différentes races d'abeilles sont déterminées grâce à leur biométrie (couleurs, index...) mais aussi grâce à des marqueurs moléculaires (mitochondrial et nucléaire). Définir des races nous permet de comprendre la biogéographie de l'abeille.

Il existe un centre de dispersion situé au nord du Golf Persique à partir duquel les abeilles ont colonisé l'Europe. La glaciation Pléistocène a conduit à l'isolation de population et à la mise en place de races. Après la fonte des glaces, les différentes races se sont alors métissées : la conservation et l'élevage de races pures agit à l'encontre de la nature actuellement.

Cependant, la conservation de races pures permet de bénéficier de l'effet d'hétérosis (individu hétérozygote) par simple croisement. L'élevage en race n'entraine pas forcement une meilleure conservation de la biodiversité génétique par rapport aux croisements qui sont des réarrangements de gènes préexistants.

L'élevage en race pure favorise la biodiversité s'il permet la conservation des certains allèles dans un contexte donné (exemple : caractère d'essaimage, agressivité, tenue au cadre). Il s'agit dans ce cas de créer une « banque d'allèles rares » qui seront peut-être nécessaires dans le futur.

Définir les races d’abeilles – méthodes, génétique et biogéographie

Toutes les abeilles domestiques utilisées en apiculture appartiennent à l’espèce Apis mellifera. À l’intérieur de cette espèce existe une forte diversité, traditionnellement décrite en termes de races ou de sous-espèces. Le document souligne que la notion de « race » n’est pas strictement définie sur le plan biologique et est utilisée ici pour désigner des groupes partageant des caractères communs et une histoire évolutive proche. Il convient de distinguer les races des écotypes, qui correspondent à des adaptations locales, et des populations définies uniquement par leur localisation géographique.

La différenciation des races repose sur trois approches complémentaires. La première est la biométrie, qui consiste à mesurer des caractères morphologiques tels que la coloration abdominale, la longueur des poils, la largeur du tomentum, la longueur de la langue, l’indice cubital ou la transgression discoïdale des ailes. Des analyses statistiques permettent de discriminer plusieurs races, bien que la présence d’hybrides complique parfois l’interprétation.

La deuxième approche est l’éthologie. Des différences comportementales entre races ont été décrites, notamment en termes de douceur, de tendance à l’essaimage, d’orientation, d’utilisation de la propolis ou de construction des rayons. Ces traits sont importants pour la pratique apicole mais restent fortement influencés par la sélection et l’environnement.

La troisième approche est l’étude moléculaire. L’analyse de l’ADN mitochondrial, transmis uniquement par la reine, permet d’identifier des lignées évolutives grâce aux régions intergéniques COI–COII. L’étude du génome nucléaire, basée sur des marqueurs microsatellites, apporte une information plus complète en intégrant les contributions mâles et en détectant l’introgression et le métissage.

La synthèse de ces données conduit à la reconnaissance de quatre grandes lignées évolutives d’Apis mellifera : la lignée M (Europe occidentale), la lignée C (Europe centrale et sud-orientale), la lignée A (Afrique) et la lignée O (Caucase et Proche-Orient). L’origine de ces lignées est située au Moyen-Orient, avec une diversification liée aux glaciations du Pléistocène et une recombinaison accrue après la fonte des glaces et sous l’influence humaine.

Le document rappelle que toutes les races sont interfertiles et que les populations actuelles sont souvent fortement métissées, notamment à la suite d’importations de reines. La conservation de races dites « pures » n’est donc pas naturelle au sens strict, mais peut constituer une stratégie de préservation d’allèles rares et un outil de sélection grâce aux effets d’hétérosis.

Conclusion : définir les races d’abeilles nécessite une approche intégrée combinant biométrie, comportement et génétique. Les races sont des entités évolutives dynamiques, dont la gestion doit concilier adaptation locale, diversité génétique et objectifs apicoles.
 

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