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Production de la cire par les abeilles

Les jeunes abeilles âgées de 12-19 jours (cirières)* produisent de petites écailles de cire à partir de leurs glandes cirières logées dans les 4 derniers segments abdominaux. Le processus de fabrication de la cire est complexe.

La première étape correspond à l’absorption du glucose (à 6 atomes de carbone) composant du miel, dans l’intestin de la jeune abeille. Par un métabolisme analogue à celui de l’homme, ce glucose est scindé en fragments plus petits (pyruvate à 3, puis acétyl-CoA à 2 atomes de carbone). Ceux-ci sont ensuite réassemblés en chaîne plus longues dans les glandes cirières pour former des acides gras (chaîne carbonée avec une extrémité hydrophobe) et des hydrocarbures (chaîne ne comprenant que des atomes de carbone et d’hydrogène). D’autres chaînes plus longues (esters et alcools) sont également synthétisées et entrent dans la composition de la cire native. Celles-ci se présente sous forme de petites écailles arrondies de 2-3 mm de largeur et de 0.1 mm d’épaisseur, pesant <0.8 mg. Initialement la cire est translucide puis devient opaque après la mastication et l’incorporation de pollen par les ouvrières (bâtisseuses).

  Au plan énergétique, la production d’un kg de cire nécessite la consommation d’environ 7-10 kg de miel. Les bâtisseuses malaxent les écailles de cire pour façonner les alvéoles toujours tête-bêche en apposant petit à petit les écailles comme les briques d’un mur. La forme hexagonale définitive est en partie due à la température de la cire nécessaire pour le façonnage (40°) et en partie au rabotage mandibulaire des parois des alvéoles pour râcler le surplus de matière afin d’optimiser le rapport solidité/légèreté.

On comprend donc que lorsque la nourriture n’est pas abondante, les cirières ne produisent pas de cire et lorsque la température à l’intérieur de la ruche est trop basse, les bâtisseuses ne peuvent façonner les rayons car le coût énergétique est trop important. On se souviendra qu’un essaim récupéré doit être nourri pour pouvoir bâtir les cires gaufrées introduites dans la ruchette.

Une ruche produit en moyenne 250-500 g de cire par an. Une alvéole d’ouvrière mesure environ 12 mm de profond et 5.5-6 mm de Ø ; elle a donc un volume de 0.3 cm³ qui peut contenir 0.5 g de miel ou 0.4 g de pollen (20 paires de pelotes). Un rayon de 1 dm² comporte un total de 850 alvéoles sur ses 2 faces et pèse 12 g. La cire fond à 63°et a un poids spécifique de 0.96. Elle est insoluble dans l’eau, mais soluble dans le pétrole, la benzine, car elle est composée en partie d’hydrocarbures.

*Les abeilles plus âgées peuvent se dédifférentier et reconditionner leurs glandes pour produire à nouveau de la cire, par exemple pour operculer le nouveau couvain de février, après la reprise de la ponte.

 

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Bibiographie

Author:Claude Pfefferlé
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